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Disparition de Guy Bedos


Acteur et Humoriste, au ton aussi incisif que reconnaissable, Guy Bedos a marqué la scène théâtrale et le cinéma français. Dans une sorte de funeste hasard, comme un pied de nez un peu sordide, Guy Bedos est mort quelques jours après son ami de toujours : Jean-Loup Dabadie, scénariste de deux films qui ont ouvert les portes du succès au cinéma de l’humoriste : « Un éléphant ça trompe énormément » et « Nous irons tous au paradis ».


Né en 1934 à Alger, Guy Bedos a grandi dans une famille dysfonctionnelle avec un beau-père violent envers sa mère et cette dernière envers son propre fils. Après des études à Paris, le jeune Guy étudie à l’école de théâtre de la rue Blanche, et obtient son premier rôle dans « Futures Vedettes » de Marc Allegret. Mais c’est en 1963 que l’humoriste va commencer à faire ses premiers sketchs avec Sophie Daumier, qu’il épousera ensuite. Le duo sera révélé au grand public par « La Drague », qui lui ouvrira les portes du music-hall. En 1968, l’humoriste monte seul sur la scène de Bobino pour un spectacle triomphal. C’est à cette époque qu’il rencontrera Jean Loup Dabadie qui lui a écrit son sketch « Bonne fête Paulette ».


L’humoriste qui révèle être angoissé et torturé par son passé douloureux, va se retrouver très demandé par le cinéma et va, dans le même temps, affûter son style sur scène avec ses célèbres revues de presse dans lesquelles il égratignera les politiques de droites, avec une récurrence pour la famille Le Pen. Homme de gauche et de valeurs, l’artiste milite et s’investit pour les sans-papiers, les migrants et bien d’autres causes. Au cinéma on le retrouvera chez Marcel Carné (Les Tricheurs (1958)), Jean Renoir (Le Caporal Epinglé (1962)), Claude Berri (Le Pistonné (1970)) ou encore et surtout Yves Robert avec qui il tournera plusieurs films dont les célèbres « Un éléphant ça trompe énormément » (1976), « Nous irons tous au paradis » (1977) et « Le Bal des Casse-Pieds » (1992).


En tant qu’humoriste, il aimait partager, notamment avec ses amis : Pierre Desproges, Muriel Robin avec qui il va partager la scène en 1993, dans un spectacle triomphal. Premier à se produire dans des Zénith, il impose un style avec une verve mordante et un goût prononcé pour l’humour noir. Son style c’est son exutoire, il y laissera exploser toute sa douleur intérieure pour mieux défendre ses valeurs.


Guy Bedos est décédé ce jeudi à l’âge de 85 ans. Il vient de rejoindre l’astérisme de l’humour dans lequel on retrouve évidemment : Desproges et Coluche.