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Bunohan - Combat à Mort

Catégorie Cinéma
Titre Original Bunohan
Genre Drame
Pays Malaisie
Date de sortie 09/06/2012
Réalisateur Dain Said
Avec Faizal Hussein , Zahiril Adzim, Pekin Ibrahim , Bront Palarae , Namron , Wan Hanafi su, Hushairi Husain, Amerul Affendi, Soffi Jikan, Jimmy Lor, Tengku Azura Tengku Awang, MD. Eyzendy MD. Aziz , Sufian Muhamed, Carliff Carleel, Mat Seman , Hariry Abdul Jalil , Sharidan Abdul Razak
Producteurs Nandita Solomon
Scénaristes Dain Said
Compositeur Yan Wei Tan

Critique de Simon Bitanga
Editeur Universal
Edition Standard
Label  
Zone / Région 2
Durée Film 98 min
Support
   
   

La fuite au cours d’un officieux combat à mort d’Adil, surnommé Bunga Lalang, a causé beaucoup de torts à ses organisateurs … Ilham, tueur officiant au contrat, a alors pour mission de le retrouver et de l’assassiner.
Parallèlement à cela, Bakar, un membre du corps enseignant, revient à la ville de Bunohan pour s’occuper de son père.  

Leurs professions, conditions de vies et façons de penser sont diamétralement opposées. Ils sont liés mais - sinon ce ne serait pas drôle - l’ignorent. On ne va pas trop tarder à assister à de bien funestes retrouvailles.  

LES 3 FRERES … DE SANG  

Après (voire pendant) son visionnage, vous pourrez faire parti de ceux qui iront se coucher fâchés en en voulant à la terre entière de vous être fait rouler comme pas permis de ne pas avoir vu ce que visuels et bande-annonce semblaient promettre ! C’est un fait : Bunohan - Combat à Mort (il se peut que vous en entendiez parler sous le titre Return of Murder) n’est pas un très bon programme de phalanges dans les narines car il se trouve que c’en n’est pas vraiment un.  

Il développe (d’)autre(s) chose(s) … et rentrer dedans, c’est comme enchaîner plusieurs sas de décompression : le début est étrange, peut-être même un peu confus (les personnages débarquent, leurs situations sous le bras) …
Entre violences, pauvreté et corruption, on est enveloppé dans une curieuse atmosphère, qui doit beaucoup à son rythme nécessairement longuet (mais idéal) et surtout sa plastique formidable (les plans, les cadrages, la lumière sont extrêmement soignés).
Bunohan est un film calme qui requiert de l’attention et un peu d’attente : il est alors conseillé de tout simplement se laisser porter, comme sur un fleuve paisible, et d’attendre pas moins d’une bonne grosse ½ heure pour que les affres, relations et bonhommes s’imbriquent le plus simplement du monde.  

Un fois les enjeux clarifiés, on bascule dans mélo dramatique.  

Les personnages ici sont une clef essentielle et sonnent comme des archétypes :  

Adil (Zahiril Adzim) est parti de la maison dès son plus jeune age pour raisons … familiales. Gagnant sa vie en pratiquant le Muay Thai dans un club embrassant de drôles de principes (accepte de faire disputer à ses adhérents de bien plus rémunérateurs combats en mode there can be only one (man standing)), il fait de la route avec son ami Muski (Amerul Affendi), l’ayant tiré d’un round prenant une moche tournure.
Pour une efficace remise sur pied, ils vont retrouver un certain Pok Wah (Namron), un ancien mage qui a toujours le mot qui tue.  

C’est le frère cadet. Malgré son activité brutale et sa détermination, c’est le plus fragile et le plus vulnérable de tous.  

Tous les fils ont un pendant (connaissance, (groupe d’)ami(s), compagnon de business, …) vers qui se tourner ou un interlocuteur qui permet de mieux comprendre leur(s) état(s) d’esprit(s). Pour Ilham (Faizal Hussein), le frère aîné aux efficaces manières de tuer, ce sera des chinois vivants sur un bateau amarré … sur la terre ferme.
On croira à un personnage fermé et détaché mais on aura affaire à un être humain chaleureux, respectueux (même envers ses cibles), habité par un très aigu sens de l’honneur.  

Outre l’amitié, lui et Adil ont pour similitude le fait d’être un peu perdus … ce qui est complètement à l’opposé du fratello du milieu Bakar (Pekin Ibrahim) !
Méfiez-vous du soin qu’il apporte à son élocution, sa tenue vestimentaire et son job de couverture : il s’avère être un homme d’affaires autant rusé que manipulateur, sachant vraiment ce qu’il veut et n’hésitant pas à embrouiller son monde ou commettre les plus immorales actions pour y parvenir !
Il traite avec Jolok (Hushairi Husain), un gangster qui n’a de cesse de forger son obscure légende basée sur une histoire de chasse au crocodile …  

Les préoccupations immobilières de Bakar doivent passer par le patriarche Pok Eng (Wan Hanafi Su), désormais vieil homme souffreteux qui passe ses journées à concevoir, peindre et faire des petites mises en scènes de marionnettes.  

Ce qui fait se souvenir de Bunohan - Combat à Mort est tout d’abord cette interprétation de tout premier ordre : amis de la nuance, de la justesse et de la conviction, voici un chapitre sur lequel même les petit rôles font très forte impression !
Il véhicule des rapports entre les gens plus complexes qu’il pourrait sembler à prime abord et ces grands questionnements sur l’amour, la haine, l’avidité, la souffrance dans l’abandon ou les regrets, la loyauté ou bien la trahison … seront ce qui transparaîtra d’un estimable jeu de façades (le moins pourri du lot n’est pas forcement celui qui renvoie la meilleure image).
Il n’y a pas d’ouverte dénonciation, juste la présentation d’une situation, de comment deviennent, s’adaptent ou tirent parti des gens dans un environnement souvent injuste, parfois agité, qu’ils ne respectent pas toujours à juste titre.  

Bunohan - Combat à Mort est un film de mecs qui souffrent en silence et c’est pas très féminin par ici : la représentation de cette gent sera des souvenirs, des songes, de la magie, des apparitions, … C’est un aspect d’autant plus important que l’auteur insiste sur les traditions, croyances et folklores de villages locaux (entre autres les méthodes ancestrales de guérison) qui se heurtent à la modernité (médecine, spéculations, …), le pragmatisme … ainsi que tout ce que cela peut engendrer (de néfaste). Il sera également question de Nature. Omniprésente et contrariée, c’est presque ici un personnage à part entière !  

CONCLUSION :  

Ville d’où tout part, où tout se passe et finalement où tout s’achève : Bunohan - Combat à Mort n’est pas la réponse malaisienne de ce que son frontalier voisin du nord ouest et autres pays asiatiques exportent pour suffire aux supporters de coups de genoux dans les rognons mais simplement un écrit réaliste qui sonde TOUTES ces âmes torturées sans jamais omettre de raconter quelquechose.      

Robuste, réfléchi, super accessible, très bien joué, plus percutant en propos qu’en action et sachant de se montrer généreux niveau artillerie esthétique (certaines images restent longtemps en tête) : en somme un film beau et tragique avec son petit truc en plus à lui. Si le genre drames de familles vous parle ou vous questionne, ne le laissez pas filer sans agir !

Définition
Couleurs
Compression
   
Format Vidéo HD 1080p
Format Cinéma 1.85:1
   
   

Un peu contemplatif mais ne tombant jamais dans le m’as-tu-vu : la féerie picturale est magnifiée par un encodage qui peut se vanter d’avoir fait du bon boulot ! Les couleurs ont le feu, la profondeur de champ est impressionnante, c’est détaillé et lumineux. Le seul bémol concerne certains passages (notamment l’aveuglante lumière des phares) ou ça postérise un peu …

Bref des images arrachent et la qualité aussi. Un réel plaisir.

Langues  
Format  
Bonus  
Commentaires  
Spatialisation  
Dynamique  
Effets surround  
   
   
   
   
 
Langues Type Format Sous Titres Film Sous Titres Bonus Sous Tit. Comment. Spatial. Dynamiq. Surround
Anglais DTS HD Master Audio 5.1 Oui Oui Non Bonne Moyenne Bonne
Allemand DTS 5.1 Oui Oui Non Bonne Moyenne Moyenne
Français DTS 5.1 Oui Oui Non Bonne Moyenne Moyenne
Hollandais Sous-Titrage Oui Oui Non      

Super discrets mais avec néanmoins des effets apaisants parfois saisissants (le passage de la visite de Jolok chez Pok Eng est un bon moment d’acoustique), le film ne ment pas sur sa volonté de travailler une ambiance tranquille et décrispée. C’est une piste malaisienne en DTS HD Master Audio globalement compétente, aux éléments généralement pas trop mal répartis où tout se détache sans soucis (dialogues, sons, musiques) …
Les seuls moments où ça se «réveille» un peu c’est lors des derniers combats, dont l’échantillonnage est plus plausible et à un niveau sonore moins parti dans l’outrance du premier affrontement.

Un peu moins de précisions mais autant de joie à écouter les pistes DTS Digital Surround en français et en allemand, aux voix un peu plus mises en avant. A noter une qualité de localisation plutôt bien fichue.

Supléments
Menus
Sérigraphie
Packaging
   
Durée Bonus 55 min
Boitier Amaray
   
   
   
  Livret
  Bande annonce
  Biographies
  Making of
  Documentaire
  Interviews
  Commentaire audio
  Scènes supplémentaires
  Fin alternative
  Galerie de photos
  Story board
  Multi-angle
  Liens internet
  Interface Rom
  Jeux intéractifs
  Filmographies
  Clips vidéo
  Bêtisier
  Bonus Cachés
  Court Metrage
  

Bonus 

Un menu habillé de quelques séquences du film proposera d’accéder au menu d’accueil, le film, les (12) chapitres, les 3 pistes son, les sous-titres et les bonus.

Ce dernier propose :  

* Le Making of en VOST, où pas mal d’extraits du film viendront appuyer  les intentions du réalisateur (le scénario, la violence dans cette région du monde, l’anéantissement de toute coutumes par les hommes, …) ; le caractère particulier des personnages vus par leurs interprètes (avec un aparté sur l’importance historico-personnelle du rôle pour l’actrice / top model Tengku Azura Tengku Awang) ; le travail sur les combats (avec de vrais coups portés et pris !!), le canotage, l’usage du Kerambit (le couteau du tueur) ou la langue malaisienne / kelatanaise (détail qui peut échapper pour qui est étranger à ces nuances) ; …
Ils espèrent que le public appréciera ce projet pas commun et finiront sur quelques impressions au sujet de travailler avec Dain Said.  

* La Bande Annonce en VOST où, comme d’habitude, le film est vendu comme un polar psychologique bourré d’action, de meurtres et de sang sur le ring.  

* La conversation avec le réalisateur Dain Said et Huzir Sulaiman (écrivain / réalisateur) en VOST mettra en lumière ce qui est passé par la tête du metteur en scène pour écrire son film (les vieilles traditions, se transmettant oralement, se meurent ; le rapport entre les femmes / hommes avec le paysage et la terre ; les codes d’honneur ; le travail sur la langue kelatanaise ; ce qu’il pense de ses personnages ; …).
On abordera par la suite un peu de son passé en insistant bien sur l’enfance (« on néglige ce que l’enfant peut retenir entre 2 et 5 ans ») avant de finir sur les rapports maman / papa.