Rio bravo (Ultra HD / 4K)

Catégorie
Cinéma
Genre
Pays
USA
Date de sortie
06/12/2023
Réalisateur
Format
Blu-ray Ultra HD
Boitier
Boîtier Blu-ray avec fourreau
Producteurs
Howard Hawks
Scénaristes
Leigh Brackett, Jules Furthman et Barbara H. McCampbell
Compositeur
Dimitri Tiomkin
Editeur
Edition
Standard
DureeFilm
141
Support
Critique de Emmanuel Galais

Wheeler, l'ami du shérif John Chance, est assassiné par le frère du puissant Nathan. Chance arrête le meurtrier et l'enferme en prison en attendant la venue du marshal fédéral. Il ne peut compter que sur le soutien de Dude, son adjoint devenu alcoolique à la suite d'un chagrin d'amour, de Colorado, un jeune tireur d'élite, et de Stumpy, un vieillard infirme. Bientôt, les quatre hommes se retrouvent encerclés par la bande de Nathan.


« Rio Bravo », c’est la réunion de deux légendes, de stars de la chanson, et d’une femme de caractère qui rejoindra une collection impressionnante dans la carrière du réalisateur. Il y a donc Howard Hawks, un réalisateur qui a participé à la création et la grandeur du cinéma Hollywoodien, dés 1926, et qui signa des chefs d’œuvres tels que « Scarface » en 1932 (Son remake signé De Palma sera plus maquant que l’original), « L’impossible Mr Bébé » en 1938 avec Cary Grant (La Mort aux Trousses), « Le Port de l’Angoisse » en 1945 avec Humphrey Bogart (Le Faucon Maltais) et Lauren Bacall (Le Grand Sommeil), et puis « La Rivière Rouge » en 1948, avec Montgomery Clift (Soudain l’été dernier) et puis surtout John Wayne (La Prisonnière du désert). L’acteur est à tournant de sa carrière, commencée en 1928, où il a interprété une vision des héros de l’Amérique (Avec tout ce que cela a de négatif, l’histoire nous le rappellera et nous le dévoilera, plus tard). Nous sommes en 1959, l’acteur a plus de 50 ans et commence à voir son physique changer et dois l’accepter. Face à ces deux monstres il y a Dean Martin (Rio Verde), le crooner a plus de 10 ans de carrière au cinéma, dans des films pas toujours mémorables, mais trouve, ici, l’occasion de montrer une autre facette de son talent, et puis il y a Ricky Nelson (The Wreking Crew), autre star de la chanson et de la télévision surtout sorte de jumeaux d’Elvis Presley, qui vient amener une touche de jeunesse et de fraicheur dans cette distribution vieillissante. Et pour finir, Angie Dickinson (Un Monde Meilleur) qui vient rejoindre le club des Femmes de caractère, dans la filmographie d’Howard Hawks. Un club qui compte parmi ses membres : Lauren Bacall, Katharine Hepburn (L’Impossible Mr Bébé) ou encore Ginger Rogers (Chéri, je me sens rajeunir).


Après trois années sans avoir tourné le moindre film, le réalisateur retrouve le chemin des studios et sur une idée de sa fille, il commence à écrire un film sur une petite ville du far-West où un sheriff trouverait de l’aide auprès de coéquipiers aux parcours bien différents. C’est surtout en réponse au « Train Siffler Trois Fois » de Fred Zinnemann sorti en 1952, qu’Howard Hawks réalisera « Rio Bravo », expliquant : « Je ne pensais pas qu'un bon shérif se comporterait comme une poule décapitée tournant autour d'un village en criant à l'aide pour qu'au final ce soit sa femme Quaker qui le sauve ». Ce qui surprend avant tout avec « Rio Bravo » c’est la simplicité des décors, autant que de l’environnement. Aucune mise en scène autour de la vie quotidienne des habitants de la ville, aucune autre interaction que celle des protagonistes et une ville quasiment isolée dans le désert, où les personnages arrivent de nulle part et reparte vers ailleurs. 


Le film d’Howard Hawks, c’est avant tout des personnages qui existent par leurs fêlures, c’est aussi une peinture des liens, de l’amitié qui va les unir et les rendre solidaires les uns des autres. Hawks transcende le genre en ne se concentrant que sur ses personnages et sur leurs interactions. Aucun d’eux n’est uniforme, ils doivent chacun lutter pour se retrouver, que ce soit l’alcoolisme, l’âge, ou la reconnaissance, chacun avance et se trouve solidaire de l’autre. Un film essentiellement masculin, mais dans lequel les femmes ne sont pas des éléments du décor, et, comme à chaque fois chez le réalisateur, elles ont un caractère fort qui les opposent aux hommes. C’est aussi l’occasion, pour John Wayne, de se montrer moins linéaire qu’auparavant, d’accepter d’être moins vif, de s’opposer à la jeune génération sans que cela soit un conflit. 


Howard Hawks aime faire parler ses personnages, dans les dialogues qu’il réécrit sans cesse, évidemment, mais aussi dans les situations. Si John Ford, aime les grands espaces et faire exister des personnages dans du cinémascope de légende, Howard Hawks préfère réduire à une rue principale, comme si la ville devenait le lieu unique d’un huis-clos à ciel ouvert, pour permettre à ses personnages de mieux exister et à son histoire de se dérouler sobrement mais avec une force incroyable. Porte étendard de l masculinité dans toutes ses nuances, positives ou négatives, « Rio Bravo » est pourtant un film qui ne maltraite pas les femmes, bien au contraire, il va même offrir à John Wayne des scènes de tendresse assez rares chez l’acteur. « Rio Bravo » est un chef d’œuvre de narration par son minimalisme et la qualité de sa mise en scène et de son écriture, qui prouva lors de sa sortie, qu’Howard Hawks, malgré les échecs de ses derniers films précédents n’était pas encore enterré et qu’il avait encore de quoi raconter.


Définition
Couleurs
Compression
Format Vidéo
Ultra HD 2160p
Format Cinéma
1.85:1
Malgré un travail de remasterisation qui permet au film de retrouver une nouvelle jeunesse, certaines distorsions n’ont pu être enlevées. Mais l’ensemble brille tout de même par une grande qualité qui permet au spectateur de découvrir ce western mythique d'Howard Hawks. Old Tucson retrouve un certain éclat et le minimalisme d'Howard Hawks apparait au grand jour avec plus de clarté.
Sous Titres
Notes
Langues
Film
Bonus
Com
Spatial
Dyn
Surr
Anglais
Oui
Oui
Oui
Bonne
Bonne
Bonne
Français
Oui
Oui
Oui
Bonne
Bonne
Bonne
Le film est à découvrir en VO DTS-HD Master Audio 5.1, ce qui donne une réelle perspective au vidéaste d’approcher l’œuvre à l’original. La spatialisation est minutieuse, la musique d’accompagnement ne se fait pas trop envahissante, et malgré des voix un peu trop chuintantes parfois, le film se visionne avec beaucoup de plaisir. Dans les autres versions, il faudra se contenter d’un pitoyable Dolby Digital 1.0 criard et sans beaucoup de relief !!!
Supléments
Menus
Sérigraphie
Packaging
Durée Bonus : 90 min
Livret
Bande annonce
Biographies
Making of
Documentaire
Interviews
Com. audio
Scènes sup
Fin alternative
Galerie de photos
Story board
Multi-angle
Liens internet
Interface Rom
Jeux intéractifs
Filmographies
Clips vidéo
Bêtisier
Bonus Cachés
Court Metrage

Outre les commentaires audios de John Carpenter, le réalisateur de « Assaut » en 1976, remake de « Rio Bravo » et Ricard Schickel, journaliste et spécialiste du cinéma, la section bonus offre également deux documentaires passionnants.


« Commémoration : Rio Bravo et Howard Hawks », un documentaire dans lequel des personnalités comme John Carpenter et Peter Bogdanovich reviennent sur le film et sur le réalisateur, avec également de extraits d’entretiens avec Howard Hawks.


« Old Tucson : Sur les pas des Légendes » un documentaire sur le lieu de tournage, ancien studio laissé à l’abandon, qu’Howard Hawks à réutilisé pour le tournage de « Rio Bravo » et qui retrouva par cela une nouvelle jeunesse. Jusqu’à devenir un parc d’attraction où les touristes marchent sur les pas des légendes qui foulèrent sa terre poussiéreuse.