Une jeune et ambitieuse « matchmakeuse » new-yorkaise se retrouve dans un triangle amoureux complexe, tiraillée entre le « match » parfait et son ex tout sauf idéal.
Alors pour parler de « Materialists » de Céline Song, il faut, avant tout, parler de ce nouveau terme qui désigne un métier que l’on appelait avant « Coach » ou encore « Entremetteur », mais qui pour aller dans le sens des anglicismes redondant on appelle maintenant « Matchmakeur » ou « Matchmakeuse », un métier qui consiste à proposer à des personnes demandeuses un ou une candidate susceptible d’être celle qui correspond à nos envies à nos besoins et avec qui on peut envisager une relation sérieuse. Un métier que la réalisatrice a pratiqué pendant un certain nombre d’années et qui a nourri son scénario.
A travers le parcours de son personnage, principale, Céline Song, nous plonge dans l’univers de agences matrimoniales, un espace que l’on pensait désuet mais qui continue de surnager dans une société où ceux qui peuvent se le permettre vont payer une personne pour lui trouver le ou la compagne idéale. Le point commun : Un physique parfait et un excellent salaire. Comme elle le dit si bien, les gens parlaient chiffre avant de parler sentiments ou partages de points d’intérêts. Et le scénario tourne autour de cela, mais la réalisatrice semble manquer parfois de matière pour créer une histoire qui nous embarque réellement. D’autant que cet aspect vénal est assez pesant à la longue. Et même si le scénario parvient à créer une sorte de tension autour du personnage de Mark P. il n’arrive jamais à totalement nous captiver, la faute aux longueurs et à ce triangle amoureux qui n’en n’est finalement pas un et qui manque cruellement de matière.
La mise en scène de Céline Song peut, parfois, également, manquer de dynamisme et d’inventivité. Celle qui nous avait touché avec « Past Lives Nos vies d’avant » en 2023 et avait été couronnées de multiples nominations et récompenses, semble avoir perdu de sa maitrise dans une histoire qui se perd dans plusieurs directions. Le spectateur ne parvient qu’après un très long moment à comprendre où la réalisatrice veut aller. Et la faute à de nombreuses longueurs, et à une mise en scène qui ne décolle jamais réellement, elle finit par nous laisser sur le bas-côté. Pourtant, il y a de bonnes choses dans « Materialists » comme cette peinture d’une partie de la société, à la fois en souffrance et se raccrochant à des valeurs matérialistes (D’où le titre) en délaissant le sentimental. Les personnages évoluent dans un univers où l’argent est, avant tout, le moteur de chacun que ce soit celui sans le sou ou l’autre aisé financièrement. La manière dont elle dépeint cette façon où celui qui n’a pas grand-chose pense ne jamais être à la hauteur de ceux qui ont tout, est intéressante, mais toutes ces peintures ne parviennent jamais à totalement trouver le bon angle pour donner une histoire homogène et lisible.
Pourtant la distribution ne manque pas de talent et de subtilité à commencer par le trio : Dakota Johnson (50 Nuances de Grey), Chris Evans (Captain America) et Pedro Pascal (Les 4 Fantastiques : Premiers Pas). Chacun trouve la composition idéale pour incarner des personnages qui gagnent ainsi en profondeur, même si le scénario les laisse un peu trop en surface. Chacun parvient à trouver un équilibre de jeu avec ses partenaires qui ne laisse pas indifférent. Dommage que « Matérialists » rate sa cible, car le sujet était intéressant.