Un frère et une sœur découvrent un rituel terrifiant dans la maison isolée de leur nouvelle famille d’accueil.
Les frères Michael et Danny Philippou, que nous pourrions croire français avec un tel patronyme, mais qui sont bien Australiens de parents Grecs, après des années à faire des vidéos sur Youtube, ont marqué le monde du cinéma Hollywoodiens avec leur première réalisation : « La Main », produite en Australie pour de 4.5 Millions et qui en rapporta plus de 90, en 2022. Logiquement, les studios une plus grande enveloppe pour le film suivant « Substitution : Bring Her Back » : 15 Millions et un résultat au box-Office de près de 40 Millions de recettes. Autant dire que les frères viennent confirmer leur capacité à créer des concepts nouveaux et à faire venir le public dans les salles. Mais d’ailleurs c’est quoi ce film : « Substitution : Bring Her Back » ? Et c’est quoi le concept ?
Et bien les deux frères apprécient de traiter des problèmes de santé mentale. Notamment à travail le deuil et les traumas de l’enfance. C’était déjà très présent dans « La Main », mais dans « Substitution : Bring Her Back », les deux frères enfoncent le clou un peu plus de scènes chocs et pour un peu plus mettre le spectateur dans un siège inconfortable. Le scénario que Michael et Danny Philippou ont écrit à quatre mains reprend le même schéma, l’enfance privé de ses parents et l’enfer dans lequel ils plongent alors qu’ils pensent pouvoir panser leurs plaies. Sauf qu’ici, les deux enfants héros vont être confrontés à une femme dont on comprend très rapidement qu’elle doit leur apporter un soutien psychologique et émotionnel, mais qu’il n’en sera rien. Et puis il y a un troisième personnage, encore un enfant, qui, présente également des troubles du comportements.
Pour écrire leur scénario les Philippou se sont inspiré de différents faits réels et ont notamment fait des recherches sur les horreurs qui ont pu se passer dans certaines banlieues résidentielles Américaines. Cela donne, une nouvelle façon de montrer l’horreur, avec une transformation qui fait penser, bien sûr, « Qu’est-il arrivé à Baby Jane ? » (1962) de Robert Aldricht, (Les réalisateurs le cite dans leurs principales inspirations) dans laquelle deux sœurs, anciennes stars de cinéma, vivent recluses et se laissent dévorer par leur passé, mais également de « Shining » (1980) de Stanley Kubrick, avec cette façon de filmer la folie qui finit par s’emparer du personnage et de faire monter petit à petit l’horreur avec des scènes parfois difficiles.
Et c’est là où les deux réalisateurs frappent fort, car, ils parviennent à faire monter la pression avec un sens inné de la mise en scène mais également à renouveler le genre en allant là où les prédécesseurs ne sont pas allé, comme la scène où l’un des personnages offre un morceau de fruit à un autre. Je n’en dirais pas plus pour ne pas spoiler la scène, mais elle se révèle très rapidement insoutenable, même si l’on a l’habitude des films d’horreurs. Et c’est bien toute la qualité des frères que de chercher à renouveler les codes, à vouloir surprendre les amateurs de films d’horreur par des idées nouvelles et des histoire solides qui vont bien au-delà du gore et du spectaculaire, mais qui vont chercher, avant tout, à également explorer ce mal dont on parle enfin : La Maladie Mentale, sous toutes ses formes, mais également celle liée à la maltraitance.
« Substitution : Bring Her back », est également porté par une distribution particulièrement impliquée, à commencer par Sally Hawkins (Wonka) dont la transformation à mesure que l’intrigue progresse est juste terrifiante, et ce, sans prothèse. Les deux jeunes acteurs Billy Barratt (Kraken The Hunter) semble avoir trouvé des metteurs en scène capable de mettre en avant son talent d’acteur et particulièrement dans l’émotion, ce qui est toujours le plus difficile à jouer dans la subtilité, et Sora Wong, jeune actrice malvoyante, qui joue là son premier rôle et le tient avec une belle maturité de jeu. Et enfin, la palme pour la fin avec Jonah Wren Phillips, qui pour son premier rôle à su se prêter à toutes les folies des réalisateurs et livre une prestation particulièrement effrayante.