Shoah

Catégorie
Cinéma
Genre
Pays
FR
Date de sortie
18/11/2025
Réalisateur
Format
Blu-Ray
Boitier
Coffret
Producteurs
Les Films Aleph
Scénaristes
Claude Lanzman
Compositeur
Divers
Editeur
Edition
Coffret
DureeFilm
567
Support
Critique de Emmanuel Galais

Expérience de vie unique pour le spectateur de cinéma, Shoah (régulièrement classé parmi les 100 meilleurs films de l’histoire du septième art) raconte l’extermination de six millions de juifs pendant la Seconde Guerre mondiale et a donné son nom à l’événement lui-même : la Shoah. Inscrit au Registre international Mémoire du monde de l’UNESCO, cette œuvre titanesque, d’une durée de près de neuf heures et trente minutes, est le fruit d’une douzaine d’années de recherches. Plutôt que de recourir à des images d’archives, le réalisateur Claude Lanzmann choisit de donner la parole aux témoins des centres de mise à mort – survivants, assassins, voisins – pour parvenir à raconter l’indicible génocide des Juifs d’Europe par les nazis durant la Seconde Guerre mondiale. Un indispensable travail historique et mémoriel.


Nous n’allons pas nous mentir, il faut être préparé psychologiquement pour plonger dans « Shoah », un documentaire somme de Claude Lanzmann qu’il réalisa en 1985, soit 40 années après la fin de la seconde guerre Mondiale. Il lui aura fallu douze années de travail, pour nous livrer cette œuvre dont la matière brute représentait 220 heurs de Rushes, dans lesquelles le réalisateur a parcouru les quatre cois du monde, rencontrés des témoins, des survivants et tout ce qui pouvait témoigner de l’horreur de ces camps et surtout de cette mécanique qui se joua pendant ces années de conflits où les Nazis persécutèrent les Juifs à travers l’Europe. Le résultat est une œuvre titanesque de plus de 9 heures et demie où l’on découvre, non pas avec des images d’archives, mais des témoignages puissant, dérangeant mais qui éclaire d’un œil méticuleux toutes les conditions de ces déportations et de ce génocide. 


Toutes les qualités de ce documentaire somme réside dans ce choix narratif de ne quasiment pas utiliser d’images d’archives pour laisser place à la parole, même lorsque celle-ci dérange. Le réalisateur interroge, filme les lieux sans chercher à les rendre ciné génique. Parfois autour d’un plan, les sourires et l’insouciance des témoins ou de ceux qui les entoure vient cruellement en opposition avec l’horreur qu’ils décrivent, comme ces paysans qui racontent que lorsque les trains s’arrêtaient, ils voyaient les gens entassés dans le train et si certains bravaient l’interdiction de leur donner de l’eau, la majorité avait interdiction même de regarder et faisait juste un geste qui indiquait aux pauvres victimes, qu’elles allaient à la mort. Et puis un autre témoignage, celui d’un des survivants montre comment était perçu ce geste au cœur de l’enfer.


Si le documentaire de Claude Lanzman a donné son nom à l’évènement lui-même. Jusque là tout le monde parlait de la solution finale, de l’extermination d’un peuple pour le seul fait de sa religion, « Shoah » devint le nom de l’horreur, de l’indescriptible, de l’incompréhensible. Ce mot qui, en hébreux, signifie « Catastrophe », résume à lui seul l’impensable génocide qui eut lieu de 1940 à 1945. Mais pourrait (Devrait ?) être utilisé maintenant pour ceux qui ont suivi, au Rwanda, en Amérique du Nord ou encore plus proche de nous à Gaza. Ce que décrit le film de Claude Lanzman, c’est la haine incontrôlable et incontrôlé d’un peuple ou tout du moins de ses dirigeants pour un autre peuple. Quel que soit le lieu et l’époque, il y a des gens qui décident aveuglément sans aucune nuance et qui tuent des populations entières qu’ils ne considèrent même plus comme des humains, mais comme des dangers pour leurs avenirs.


Qu’est-ce que ces millions d’hommes, ces femmes et surtout ces enfants avaient bien pu faire pour mériter d’être privés de leurs biens, de leurs dignités et de leurs humanités, au point d’être entassés comme des bêtes dans des wagons de trains, puis emmenés tel du bétail dans un abattoir où chacun du combattre, la maladie, la faim, la douleur pour ensuite subir le mensonge qui les emmena à la mort. Claude Lanzman tente d‘y répondre, mais nous met face à l’indicible et force à nous poser la question de façon peut être indirecte de ce que nous aurions fait, nous, à la place des paysans, des conducteurs de train, lorsque le choix c’est plier ou mourir. 


Inscrit au Registre International Mémoire du Monde de l’Unesco, considéré comme l’un des 100 meilleurs films de l’histoire du cinéma, « Shoah » c’est un voyage unique mais nécessaire en enfer. A une époque où les idées nauséabondes se répandent à la vitesse des réseaux et des médias, à un monde où notre monde, qui pensait avoir appris de son passé, voit revenir les mécanismes du fascisme envahir nos grandes démocraties, « Shoah » de Claude Lanzman est une leçon d’histoire qui doit nous instruire et réveiller nos consciences.


Définition
Couleurs
Compression
Format Vidéo
HD 1080p
Format Cinéma
1.37:1
Le Documentaire bénéficie d’un beau transfert, avec des couleurs parfaitement bien tenues, qui viennent participer à donner cette texture si particulière à l’œuvre de Claude Lanzman. Les 567 Mn de films sont de qualités différentes et utilisent des filtres différents que le support parvient à rendre avec suffisamment de brillance pour ne pas les desservir.
Sous Titres
Notes
Langues
Film
Bonus
Com
Spatial
Dyn
Surr
Français
Oui
Oui
Non
Bonne
Bonne
Bonne
Anglais
Oui
Oui
Non
 
 
 
La piste DTS-HD MA 1.0 bénéficie d’une belle répartition et offre une belle plongée au cœur des témoignages souvent forts de ce documentaire. Jamais dans l’excès, la piste Audio est parfaitement bien harmonisée pour que les témoignages, si important dans le film, ne soient pas effacés par la musique qui parvient à se faire suffisamment discrète pour être oubliée.
Supléments
Menus
Sérigraphie
Packaging
Durée Bonus : 209 min
Livret
Bande annonce
Biographies
Making of
Documentaire
Interviews
Com. audio
Scènes sup
Fin alternative
Galerie de photos
Story board
Multi-angle
Liens internet
Interface Rom
Jeux intéractifs
Filmographies
Clips vidéo
Bêtisier
Bonus Cachés
Court Metrage

Sur le troisième BR, trois films tout aussi importants que le documentaire lui-même. :


« Je n’avais que le Néant -Shoah par Lanzman » : Un film de Guillaume Ribot (Ukraine 1933, Les Moissons Sanglantes). La réalisation du film Shoah de Claude Lanzmann est une aventure en elle-même. Douze années de travail, des milliers d’heures de préparation, des voyages aux quatre coins du monde, des dizaines de témoins… et autant de doutes, de déboires, d’impasses, mais aussi de moments de grâce. À partir des 220 heures de rushes non utilisés au montage et des Mémoires de Claude Lanzmann, Guillaume Ribot raconte la production d’une œuvre majeure du cinéma, au plus près des obsessions de celui qui entreprit de faire émerger la vérité du néant.


« Un Vivant qui passe » de Claude Lanzman :  Le portrait d’un témoin rare de la Shoah, Maurice Rossel, délégué du Comité international de la Croix-Rouge qui, en juin 1944, visita le ghetto modèle d’Eichmann : Theresienstadt. Ni victime ni bourreau, mais vivant, de passage entre les morts.


« Le Rapport Karski » de Claude Lanzman : Le Rapport Karski est un film consacré au résistant polonais Jan Karski, témoin du ghetto de Varsovie, ancien courrier du gouvernement polonais en exil à Londres, qui alerta les Alliés des atrocités perpétrées sur les Juifs d’Europe.


Ainsi qu’un magnifique livret de 28 pages, que nous n’avons pas pu consulter.