Inspectrice de police, Mireille Molyneux traque sans relâche les proxénètes en se faisant passer pour une prostituée. Elle finit par arrêter Charlie, un souteneur violent. Mais elle ignore qu’elle a été accusée de corruption : depuis, deux inspecteurs de la police des polices sont chargés de la surveiller jour et nuit.
Après avoir réalisé dans la douleur son premier film « Sac de Nœuds » en 1984, Josiane Balasko se voitr confier la réalisation d’une comédie policière qui casse les codes de narrations habituels de l’époque avec comme personnage principal une Femme Flic au style imparable qui se retrouve flanqué d’un inspecteur venu de la Police des Polices qui enquête sur elle. Le scénario signé Jean-Bernard Pouy (Sans Peur et Sans Reproche) et Christian Biegalski (Pinot Simple Flic), décide donc de bousculer les codes en faisant des personnages principaux, un couple où les genres sont inversés, mais également en mettant en rôle principal un acteur Noir. Cela parait peu surprenant maintenant, mais en 1987, les acteurs noirs avec un rôle principal se comptaient sur les doigts d’une main dans le cinéma français.
Alors, bien sûr, ce serait réducteur de limiter les qualités du scénario et du film en général à cela, d’autant que le duo fonctionne à merveille et que Josaine Balasko (Gazon Maudit) et Isaach de Bankolé (Chocolat), prouve, ici qu’il est parfaitement capable de jouer un premier rôle plus consistant, lui, qui n’a, à cette époque, que quatre longs métrages à son actif et un seul qui lui a permit de se faire connaître : « Black Mic Mac » de Thomas Gillou. De manière assez surprenante, assumée ou non, le film peut paraître une réflexion sur les femmes dans la police et dans la société en général avec cette Inspectrice qui évolue dans un univers avec uniquement des hommes qui portent sur son travail, un regard souvent en décalage complet et sans réel valeur envers ses résultats.
Après, le film malheureusement est très loin d’être réussi, notamment par un manque de rythme assez évident qui fait que certaines scènes tirent en longueur et que l’on a bien du mal à passer la première partie du film, la moins réussie, pour enfin se laisser aller à une deuxième partie plus énergique et peut-être plus drôle. Le problème vient également de la distribution qui n’est pas toujours au meilleur de sa forme. A commencer par Jean-Pierre Léaud (Les 400 Coups), un acteur difficile sur un tournage, mais dont Josiane Balasko a su comprendre le fonctionnement. Seulement l’acteur s’il s’empare du cadre, surjoue et fait trop souvent dans la fausseté ou dans l’accentuation de phrase qui rendent les scènes, où il apparaît, parfois gênantes, comme celle où il passe un savon à sa collaboratrice.
Il reste tout de même la nostalgie des années 80. « Les Keufs » est une sorte de vitrine des codes vestimentaires et sociétaux de cette époque où tout semblait possible et en même temps totalement désabusé. Si le film de Josiane Balasko, peine réellement à convaincre, il arrive à se rattraper par le charme des deux acteurs principaux qui s’investissent et offrent de bien belles prestations. Pour le reste on arrivera à se satisfaire du scénario et de quelques bonnes idées, comme l’intrigue fil rouge autour d’un réseau de proxénètes.