Tir à Vue

Catégorie
Cinéma
Genre
Pays
FR
Date de sortie
18/03/2026
Réalisateur
Format
Blu-Ray
Boitier
Amaray
Producteurs
Raymond Danon
Scénaristes
Yves Mourot
Compositeur
Gabriel Yared
Editeur
Edition
Standard
DureeFilm
88
Support
Critique de Emmanuel Galais

Depuis que son frère a été tué à La Courneuve sans que la police ne daigne intervenir, Richard a décidé de se venger et de cracher sa haine à la face de la société. Il dévalise une armurerie et se constitue ainsi tout un arsenal. Il vole ensuite une moto et agresse un pompiste. Alors que Richard s’apprête à agresser un touriste dans le métro, il fait la connaissance de Marilyn, post-adolescente qui s’amuse à prendre des photos de charme dans un photomaton. Ensemble, ils vont escalader l’échelle de la violence tandis que les inspecteurs Casti et Galo sont à leurs trousses et persécutent le seul témoin, un vieux maghrébin connu de leur service.


1984, fut une année assez chargée en film noir de tout genre, on a pu y découvrir « Rue Barbare » de Gilles Béhat, « L’Addition » de Denis Amar, « Liste Noire » d’Alain Bonnot ou encore « un été d’enfer » de Mickaël Schock, pour ne citer qu’eux. Plus de 30 films de ce genre sortirent cette année-là ! Autant dire que la concurrence fut rude et qu’il fut difficile d’exister au milieu de tout cela. « Tir à vue » fut l’une de ces victimes. Un premier film pour un assistant réalisateur qui avait travaillé sur des films comme « Le Prix du Danger » d’Yves Boisset. Un Second, rôle important, pour l’actrice principal et un acteur faisant partie des meilleurs espoirs masculin de l’époque. Mais le film souffrant de beaucoup de défauts se fit étriller par les critiques à sa sortie.


Et, il est vrai que le film souffre de nombreux défaut. D’abord des effets de vitesses dans les courses poursuites qui sont assez surprenant, et qui font penser à un vieux film muet. Et puis il y a un manque évident de rythme dans la mise en scène de Marc Angelo, qui fut d’abord assistant Réalisateur pour des nombreux réalisateur comme Yves Boisset, et qui signait là sn premier film, au poste suprême. Et l’on sent une véritable envie de bien faire, de soigner certains plans, de chercher à styliser son propos. Mais à trouver vouloir bien faire, le film perd en rythme, car certaines scènes n’apportent pas grand-chose au propos et d’autres sont assez mal amenées comme les scènes intimes qui arrivent subitement, par le biais d’un montage un peu à la serpette. Nous sommes au début des années 80, et l’on sent que certains clichés sont bien présents, comme le rapport à l’immigré ou aux Homosexuels. Encore que de ce côté-là le marquage soit plus présent avec un personnage dont on ne comprend absolument pas l’intérêt dans l’intrigue.


Car le scénario, d’une conception assez classique, sorte de « Bonnie and Clyde » moderne, suit les pas d’un jeune homme qui décide de braquer une armurerie et va faire la connaissance d’une jeune femme avec qui ils vont braquer selon leurs envies. Si le scénario est assez bien tenu dans la trame de fond, les personnages, et particulièrement celui des policiers manquent complètement de profondeurs. Jouant beaucoup sur les silences, on comprend au détour d’une ou deux scènes qu’un drame les a marqués, mais il n’y en aura pas plus, on reste sur le superficiel. Même chose, l’histoire du couple de braqueur est survolée, mais jamais réellement traitée. Quand au personnage de témoin magrébin, il traverse le film, semble être un pivot, mais pour vite disparaitre dans véritable ménagement.


C’était aussi l’occasion pour Sandrine Bonnaire qui, après des petits rôles dans « La Boum » (1982) de Claude Pinoteau et « Les sous-Doués en vacances » (1982) de Claude Zidi, vient de voir sa carrière prendre de l’élan avec le rôle principal du film « A Nos Amours » de Maurice Pialat, et donc de capitaliser sur cette lancée avec un rôle en total contre-emploi. Mais si sa prestation est honorable et parvient à sou séduire tout en nous agaçant, le montage et le manque de rythme nous empêche de profiter pleinement de sa prestation. Le cas de Laurent Malet est bien différent. L’acteur a déjà une carrière bien remplie, on l’a vu chez Lelouch dans « Viva la Vie » (1983) ou encore chez Fassbinder dans « Querelle » (1982), mais bon nombre de ses collègues jeunes premiers de l’époque, sa carrière marquera sèrieusement le pas et « Tir à vue » sera d’ailleurs le premier échec de cette lente descente vers l’oubli. Pourtant sa prestation, même décalée parfois, parvient à souligner d’une palette de nuances totalement maitrisée, les paradoxes de son personnage. Enfin c’est l’occasion de revoir Jean Carmet (La Soupe Aux Choux), l’un des acteurs les prolifiques des années 70 et 80, dans un rôle sombre et taiseux.


Définition
Couleurs
Compression
Format Vidéo
HD 1080p
Format Cinéma
1.66:1
Le travail de restauration n’est pas à proprement parlé subjuguant. Le film n’est pas vraiment débarrassé de ses défauts et dès le générique de début on commence à se demander si le master d’origine ou la dernière édition VHS n’aurait pas été transférée telle quelle sur le support BR. Le support manque cruellement de précision et ne parvient pas à donner au film une nouvelle jeunesse.
Sous Titres
Notes
Langues
Film
Bonus
Com
Spatial
Dyn
Surr
Français
Oui
Oui
Non
Bonne
Bonne
Bonne
La piste DTS-HD Master Mono ne masque pas le passage du temps, mais se révèle d’une belle précision et met bien en valeur les dialogues et les effets sonores. Jamais dans l’excès, la piste Audio offre une belle harmonisation pour que les dialogues ne soient pas effacés par la musique qui parvient à se faire suffisamment discrète pour être oubliée.
Supléments
Menus
Sérigraphie
Packaging
Durée Bonus : 30 min
Livret
Bande annonce
Biographies
Making of
Documentaire
Interviews
Com. audio
Scènes sup
Fin alternative
Galerie de photos
Story board
Multi-angle
Liens internet
Interface Rom
Jeux intéractifs
Filmographies
Clips vidéo
Bêtisier
Bonus Cachés
Court Metrage

Côté Bonus deux analyses par Jérome Wybon.

 
« Le Cinéma Français en Garde à Vue : Le Polar des Années 80 », Le réalisateur de documentaires autour du cinéma, revient sur le style du polar dans les années 80 et cette émergence d’un cinéma très documenté.


« Un Bonnie and Clyde Moderne » : Le réalisateur revient, cette fois-ci, plus sur ce film qui venait compléter une série de polar sombre, mais qui avait la particularité d’être une première œuvre noyée dans un flot important de polars cette année-là.