Dans un futur proche, The Running Man est l’émission numéro un à la télévision : un jeu de survie impitoyable où des candidats, appelés les Runners, doivent échapper pendant 30 jours à des tueurs professionnels, sous l'œil avide d’un public captivé. Chaque jour passé augmente la récompense à la clé — et procure une dose d’adrénaline toujours plus intense. Ben Richards, ouvrier désespéré prêt à tout pour sauver sa fille gravement malade, accepte l’impensable : participer à ce show mortel, poussé par Dan Killian, son producteur aussi charismatique que cruel. Mais personne n’avait prévu que Ben, par sa rage de vivre, son instinct et sa détermination, devienne un véritable héros du peuple… et une menace pour tout le système. Alors que les audiences explosent, le danger monte d’un cran. Ben devra affronter bien plus que les Hunters : il devra faire face à un pays entier accro à le voir tomber.
On ne refera pas la genèse de cet œuvre de Stephen King, largement pompée sur le roman de Robert Sheckley « Le Prix du danger » qui fut adapté en 1983 par Yves Boisset. La première adaptation du roman du roi de l’horreur fut réalisée en 1987 par Paul Michael Glaser (Le Starsky de « Starsky et Hutch ») avec Arnold Schwarzenegger dans le rôle de l’homme qui court. Après un succès honorable, le film devint l’un des plus culte de la carrière de l’acteur, au point que des rumeurs persistantes parlaient d’un éventuel remake. Et c’est le réalisateur de « Baby Driver », Edgar Wright qui eut l’accord des différentes parties décisionnaires pour réaliser ce fameux remake. Mais la question de savoir qui allait prendre la place de Schwarzie se posait donc ! Le réalisateur avait en tête Glen Powell, un comédien que l’on avait pu voir dans « Hitman » de Richard Linklater en 2024 ou encore dans « Top Gun Maverick » de Joseph Kosinski en 2022.
Le réalisateur et le scénaristes Michael Bacall (Scott Pilgrim) se sont donc lancé dans l’écriture d’un scénario qui se voudrait une adaptation assez fidèle du roman mais dans lequel ils pourraient y mettre leur propre vision. Et l’on se retrouve alors avec un film qui commence par mettre en lumière le système de santé américain qui pousse bien souvent les plus pauvres au bord de l’abime par des soins ou des médicament trop chers. On y voit également une société qui se laisse hypnotiser par des shows chaque fois plus violent prônant l’humiliation plus que le respect de l’espèce humaine. Si dans la version de 1987, cette dérive médiatique était déjà présente, elle restait faire partie du futur. Dans notre société actuelle, ce n’est plus le cas depuis que les réseaux sociaux sont devenus les nouvelles rampes de lancement d’infos ou d’intox en tout genre et où l’on rit de l’humiliation et de la douleur de certains. Où lorsque l’on est témoin d’un drame, nous sortons, avant tout notre téléphone avant de porter secours.
Le réalisateur l’a bien compris et dans un film ultra dynamique, il sait mettre en valeur la réaction de ces gens nouvelle plèbe d’une société dirigée par des hommes et des médias assoiffés de vidéos chocs et de discours clivants. La mise en scène est beaucoup calée sur le rythme de la bande son mais offre tout de même de grands moments d’actions et Edgar Wright sait jouer avec ses caméras, qui pour la première fois de sa carrière sont remplacée par des Appareils photos numériques, un procédé qu’il avait déjà expérimenté dans quelques scènes de « Baby Driver ». Le résultat est un film qui porte une véritable dynamique visuelle avec des profondeurs de champs qui gagnent en précision pour mieux plonger le spectateur dans un univers futuriste, pas si éloigné de nous.
Quant à Glenn Powell, il porte le film à boute de bras et prouve à ceux qui en doutaient sa capacité à incarner un personnage physique. Lui qui s’était déjà essayé au genre dans « Expendables 3 » en 2014, prouve ici, qu’il sait donner de sa personne pour rendre son personnage crédible dans les scènes d’action et de combat mais également sait utiliser sa palette de sentiments pour le rendre moins fade que celui incarné par Schwarzenegger en 1987.