Poussées par leur professeure principale, quatre élèves de seconde intègrent la troupe de théâtre du lycée pour jouer dans une nouvelle production de Roméo et Juliette. Choisie pour interpréter l’héroïne, Ting Ting tombe folle amoureuse de Jackson, son partenaire de jeu, également metteur en scène de la pièce. La tragédie de William Shakespeare va éveiller les sentiments et les désirs de ses jeunes comédiens, provoquant des remous dans leur entourage… À l’aube des années 1980, le cinéma de Hong Kong est en pleine transition...
Acteur, Chanteur et surtout Icône du cinéma Hong-Kongais des années 90, Star au destin tragique, Leslie Cheung est un artiste aux talents multiples qui marqua jusqu’en Occident par un certain mutisme, un jeu très intériorisé qui le fit incarner des personnages troubles et hypnotisant dans des films comme « Adieu ma Concubine » (1993) de Chen Kaige et « Happy Together » (1997) de Wong Kar Wai. Une star incontestée en Asie où il alterna sa carrière d’acteur et celle de Chanteur avec plus de 40 albums à son actif et un troisième range au classement CNN des Musiciens les plus iconiques derrières Michael Jackson et Les Beatles. Mais la dépression et une forme de pression des relations tendues avec la presse à Hong-Kong auront raison de la star qui se suicidera en 2003. Laissant derrière lui des chansons, des concerts et surtout des films remarquables où l’acteur su jouer de toutes les nuances.
En 1982, pour son cinquième film, l’acteur retrouve le réalisateur Clifford Choi avec qui il avait déjà collaboré dans « Encore » deux ans auparavant. Il va incarner Jackson, un bourreau des cœurs qui va éveiller l’attirance de sa partenaire dans un club de théâtre. La star n’est qu’au tout début de sa carrière et le style Leslie Cheung est déjà présent, avec une présence magnétique dès la première apparition, même si son personnage est, ici, très inspiré des compositions américaines, de la même manière que le scénario et la mise en scène dont on sent l’influence d’Hollywood, à chaque coin de la pellicule.
Le scénario signé par Clifton Ko Chi-Sum, grand collaborateur de Clifton Choi, s’inspire de ces comédies des années 80, où l’apprentissage de l’amour et des premiers émois est au cœur d’une intrigue à la mise en scène souvent légèrement hystérique où les sourires illuminent les visages et où chacun semble prêt à danser à la moindre note de musique. Cela donne une comédie assez fraiche mais qui ne brille jamais pas par son originalité et encore moins par sa qualité de mise en scène. Car si Clifford Choi fut formé, en partie, à Hong Kong et aux Etats-Unis et qu’il insuffle sa multiple culturalité dans une « RomCom » assez classique, il ne parvient pas, tout de même, à rendre l’ensemble renversant. Mais il serait injuste de ne pas dire, que « Jeunes Rêveurs » permet au cinéma Hong-Kongais de sortir de son éternel production film de Kung-Fu.
Alors pour cela et bien sûr pour la présence de Leslie Cheung, dans l’un de ses tout premiers rôles, « Jeunes Rêveurs », nous offre une autre vision du cinéma emblématique de John Woo et Wong Kar Wai, avec un style très américains, mais une vision plus heureuse de la génération Hong-Kongaise des années 80, qui s’ouvre aux cultures occidentales, notamment en adaptant Shakespeare et en se laissant aller au badinage.