Durant la Deuxième Guerre mondiale dans le « Stalag 17 », deux prisonniers tentent de s'évader mais sont abattus. De plus, les Allemands découvrent l'existence du tunnel où tous les prisonniers devaient s'évader. Il y a donc un traître parmi les détenus... Sefton, un officier magouilleur et adepte du marché noir, est soupçonné.
Réalisé en 1953 par Billy Wilder (Certains l'aiment Chaud), « Stalag 17 » est un film de guerre hors du commun, du moins pour l'époque, car c'est la première fois qu'un film hollywoodien abordait la seconde guerre mondiale en décrivant le quotidien des prisonniers de guerre et de la manière dont ils furent traités. Mais comme Wilder, qui s'est illustré dans quasiment tous les types cinématographiques possibles, ne sait rien faire comme les autres, il va surtout s'évertuer à mélanger deux genres que tout oppose : La Comédie et le Drame. Et pour cela, il va réécrire une grande partie des textes de la pièce de théâtre dont il est l'adaptation. Une pièce écrite par Donald Bevan et Edmund Trzcinski, qui cartonnais depuis 2 ans et qui fut écrite d'après les souvenirs des deux auteurs, anciens prisonniers de guerre. Qui, déjà, n'hésitaient pas à utiliser l'humour pour faire passer certaines idées.
Ici, Wilder, en compagnie d'Edwin Blum (Les Nouvelles Aventures de Tarzan), va chercher avant tout à jouer sur le contraste pour mieux mettre en lumière l'héroïsme de ces personnages dont la détermination et la fierté n'est plus à démontrer et qui vient, en plus, mettre à mal une idée reçue à cette époque : Que les prisonniers étaient soit tués soit ceux qui survivaient les plus traîtres. Avec une certaine complexité dans l'écriture, le duo va peindre la vie d'un baraquement, le Stalag 17, avec ses codes, son honneur, sa droiture et cette solidarité visant à s'évader absolument et dans tous les cas à continuer de se battre contre la barbarie Nazis. Et pour mieux capter l'attention des spectateurs, ils vont même rajouter une intrigue secondaire qui consiste à découvrir qui est le traître dans le baraquement. Celui qui donne toutes les infos aux allemands.
Les acteurs du film ne récurent pas de scenario complet et le film fut réalisé en « Tourné Monté », c'est à dire que qu'il fut tourné dans l'ordre chronologique, afin de garder l'effet de surprise des acteurs. Et cela marche permettant au film de gagner un peu plus en spontanéité dans les réactions et notamment dans les différents éléments clés de la narration.
Il faut dire que la distribution est d'un très grand niveau, à commencer par William Holden (La Horde Sauvage), l'acteur qui a déjà tourné avec Billy Wilder par le passé trouve, ici, un nouveau rôle qui puisse mettre en valeur sa palette de sentiments et sa force de tragédien où il joue un homme accusé d'être le traitre du baraquement. Un rôle difficile mais que l'acteur porte à bout de bras. On retrouve également Peter Graves (Mission Impossible), un acteur au début de sa carrière qui impose un style et un charisme évident.