Matt est le coach en développement personnel le plus suivi de France. Dans une société en quête de sens où la réussite individuelle est devenue sacrée, il propose à ses adeptes une catharsis qui électrise les foules autant qu'elle inquiète les autorités. Sous le feu des critiques, Matt va s'engager dans une fuite en avant qui le mènera aux frontières de la folie et peut-être de la gloire...
Yann Gozlan et Pierre Niney, c'est avant tout une affaire de fidélité et de confiance. Les deux hommes se sont rencontrés en 2015 avec « Un homme Ideal », puis ont collaboré ensemble sur trois longs métrages dont « Gourou » fait partie. Premier long métrage produit par l'acteur, ce film n'a rien de commun et nous amène à nous interroger sur les bienfaits de Coach de vie et sur la dérive de certains vers le sectarisme. A travers un scénario signé Yann Gozlan et Jean-Baptiste Delafon (Tapie) nous suivons les pas de Matthieu Vasseur un Coach de vie Star qui remplit des salles entières en prêchant la parole positive, le dépassement de soi, l'accompagnement dans la traversée des épreuves de la vie. Rien ne lui résiste, jusqu'à ce qu'une politicienne ne vienne jouer les troubles fêtes et ne vienne déséquilibrer ses certitudes. Mathieu Vasseur va alors voir son univers s'effriter et devoir mettre en pratique ce qu'il prône depuis si longtemps dans ses séminaires où des gens s'endettent pour trouver la réponse à leur mal être.
Sur une mise en scène qui privilégie le thriller au drame, Yann Gozlan fait le pari gagnant de nous entraîner dans la psychologie d'un personnage complexe qui doit se déstructurer pour conserver sa couronne. Et en utilisant des plans particulièrement réussi comme ceux des meetings où Mathieu Vasseur harangue la foule, et avec un montage serré, il créé une première forme de tension, pour ensuite filmer petit à petit les transformations subtiles de son personnage principal et les impacts sur ceux qui gravitent autour. Lui qui était habitué à filmer de manière plus intimiste, se voit, ici, innover pour communiquer toute l’énergie de ces grandes messes, mais également pour garder la pression sur le spectateur qui se voit emporté par une vaques fanatique où le personnage de Matthieu Vasseur, manipule, transmet et perd pied à mesure que la pression se fiat plus pesante sur lui et sur son activité.
Et pour incarner son Mathieu Levasseur, Yann Gozlan trouve l’acteur idéal en Pierre Niney. Il s’avère que c’est lui qui est à l’origine du projet et qui a amené le réalisateur à se pencher sur les méthodes de ces nouveaux prêcheurs, ces marchands de bonheur, qui aident mais peuvent détruire également les plus fragiles, mais sont persuadés du bien-fondé de leur activité même si les dommages collatéraux sont de plus en plus nombreux et la tentation sectaire assez fine. L’acteur semble en transe quasiment du début à la fin et porte le film avec le talent qui le caractérise, en s’immergeant totalement dans son personnage, en le laissant presque les commandes.
Face à lui le reste de la distribution est parfois inégale à commencer par Holt McCallany (Mindhunter) qui semble parfois en attente de la réponse de Pierre Niney (Le Comte de Monte-Cristo). C’est dommage car sa présence était un évènement (Plus ou moins important). Mais à trop se focaliser sur le travail de la star du film, le réalisateur en a oublié la direction du reste de la distribution qui, hormis quelques exceptions est assez inégale, sur la longueur. Il n’en demeure pas moins que « Gourou » est un film d’une force rare, où l’on se prend en pleine figure ces transes qui emportent le personnage principal et la manière dont il perd pied est d’une inspiration sensationnelle.