Will est un petit bouc avec de grands rêves. Lorsqu'il décroche une chance inespérée de rejoindre la ligue professionnelle de « roarball » - un sport mixte, ultra-intense, réservé aux bêtes les plus rapides et féroces du règne animal - il entend bien saisir sa chance. Problème : ses nouveaux coéquipiers ne sont pas franchement ravis d'avoir un "petit" dans l'équipe. Mais Will est prêt à tout pour bousculer les règles du jeu et prouver, une bonne fois pour toutes, que les petits aussi peuvent jouer dans la cour des grands.
Inspiré d’un des chapitres de « Funky Dunks » de Chris Tougas, un recueil d’histoires illustrées d’une page, « GOAT : Rêver plus Haut » possède tous les codes des animations du Studio, avec des arrière-plans façon Street Art et différents styles d’animation (Moins que dans Spider-Man) pour donner corps à une histoire où une petite chèvre Male rêve d’intégrer la ligue professionnelle de « Roarball », face à des animaux bien plus massifs que lui. A force de talent, de persuasion et de qualités innées dû à son espèce, il va alors devoir se battre contre la jalousie, les préjugés et autre sympathiques pensées de ceux qu’il va croiser.
On l’aura vite compris, le scénario signé Aaron Buchsbaum (Fairfax) et Teddy Riley (Piece by Piece) est une fable sur le dépassement de soi, et la lutte contre les préjugés mais c’est également une leçon sur le fait de toujours garder ses rêves en vue pour pouvoir les atteindre. De ce côté-là il n’y a pas de grande surprise et c’est peut-être le seul point négatif, puisque, une fois les personnages installés nous savons pertinemment ce que sera la conclusion du film et quel qu’en soient les ressorts narratifs que vont utiliser les deux scénaristes. On assiste donc à un film qui déroule une pelote de laine déjà mainte fois déroulée. Mais, comme bien souvent, c’est l’humour qui vient changer la donne. Et ici, le film n’en manque pas que ce soit dans les répliques qui fusent à grande vitesse ou que ce soit dans l’animation des personnages qui gardent les traits caractéristiques à leur espèce : L’autruche qui plante sa tête dans la terre ou dans une boite, la chèvre avec sa capacité de vision mais surtout la panthère traitée comme un chat, lorsqu’elle boit ou qu’il faut calmer sa colère.
Le tout sur un rythme effréné, qui ne baisse jamais et où les animaux s’affrontent dans des matches d’anthologie. Les réalisateur Tyree Dillihaye (Good Times) et Adam Rosette (Twinsters) s’amusent de tout et signent une œuvre amusante qui ne vient pas renouveler le genre mais qui allie la passion du sport avec celle de l’animation, avec un certain goût pour l’extraordinaire et pour l’énergie permanente. Car, il faut bien le reconnaître, le film ne manque pas d’énergie, d’humour et de talent. Car, ce qui est devenu une signature du studio, s’avère toujours payante avec des graphismes soignés et qui savent mettre en valeur le street art qui s’associe parfaitement à ce style de sport né dans la rue et dont les Américains sont très friands. Si en plus nous rajoutons, les jeux de mots qui fusent à commencer par le titre qui joue sur les deux tableaux : « GOAT » qui veut dire « Greatest Of All Time » mais qui est également le mot anglais pour Chèvre.
Alors, est ce que cela suffit pour faire un film ? La réponse est oui ! Si « GOAT : Rêver Plus Haut » n’est pas parfait, il a le mérite de jouer sur la qualité de l’animation, sur la dynamique de l’animation, qui, parfois peut-être hystérique, mais qui garde en visée son sujet principal des matchs de baskets d’un style plus radical, avec un message qui est de faire face aux préjugés qui ont la vie dure, mais qu’en surpassant ces obstacles, on a la satisfaction de réussir et de trouver sa place.