Lorsqu’un nouveau Ghostface surgit dans la paisible ville où Sidney Prescott a reconstruit sa vie, ses pires cauchemars refont surface. Quand sa fille devient la prochaine cible, Sidney n’a d’autre choix que de reprendre le combat. Déterminée à protéger les siens, elle devra affronter les démons de son passé pour tenter de mettre fin une bonne fois pour toutes au bain de sang.
Trois ans après le 6ème volet qui voyait, une nouvelle fois, revenir le casting initial, « Ghostface » revient dans «Scream VII », pour une nouvelle série de meurtres atroces perpétués dans l’entourage de l’héroïne, dont je n’imagine même plus le montant des frais de psy que cela doit couter. Et puis, sans être mesquin, c’est quand même compliqué de tisser des liens d’amitié avec une jeune femme dont le père et le petit ami ont été des tueurs en série et dont tous les amis finissent, majoritairement trucidés. Il faut avoir un moral d’acier quand même !!!
Mais bon, le studio le plus discret d’Hollywood, qui n’en reste pas moins l’un des plus emblématiques, a décidé de capitaliser sur les licences : « Transformers », « Mission Impossible » et donc « Scream ». Cela dit en passant que de la licence pleine de subtilité et de poésie assumée. Avec « Scream », dont le premier, date de 1996, sous la direction de Wes Craven qui fut à la manœuvre jusqu’en 2011 avec un opus, déjà oubliable, qui sonnait le glas d’une licence qui, de la même manière que « Jurassic Park » chez Universal, ne cessait de reproduire les mêmes codes de narration, et donc par effet à ne plus de renouveler et finit par susciter l’ennui. Après la mort de Wes Craven en 2015, c’est donc une nouvelle équipe qui s’installa : Matt Betinelli-Olpin et Tyler Gillett, un duo de réalisateurs qui s’étaient fait remarquer avec un autre film d’horreur : « Wedding Nightmare », avec la promesse plus ou moins assumée de renouveler la licence.
Mais voilà, le précédent opus montrait que si le duo parvenait à maintenir une pression, il manquait terriblement de matière pour renouveler la licence et même la présence du casting d’origine, ne parvenait pas à masquer les faiblesses scénaristiques. Avec « Scream VI », le problème fut exactement le même. Avec les mêmes scénaristes James Vanderbilt et Guy Busick dont les faits d’armes ne sont pas forcément reluisant avec « Ambulance » de Michael Bay pour le premier, mais en tant que producteur, sinon « Indépendance Day : Resurgence » de Roland Emmerich en tant que scénariste (Autant dire de la finesse par kilos sur un CV) et la série « Castle Rock » pour le second. Du coup, pour ce qui est de faire dans la subtilité, tous les éléments n’étaient pas réunis. Et c’est bien ce qui flanchait dans le sixième volume. Car la recette est indéfiniment reprise, avec toujours le personnage qui annonce ce qui va se passer et pourquoi cela doit se passer, puis une série de meurtre et un coupable au sein du cercle d’amis ou de la famille proche.
Alors pour ce septième Opus, et surtout pour fêter les 30 ans de la licence, quoi de mieux que de proposer à l’auteur du premier « Scream », Kevin Williamson, qui signe d’ailleurs, sa première réalisation, de réaliser le septième Opus, mais toujours Guy Busick au scénario. De la même manière que pour le précédent film, on délocalise, et reprend les mêmes ficelles, mais cette fois-ci, 30 oblige, on reparle du passé et l’on convoque tout le monde, y compris Matthew Lillard (Life Of Chuck), censé être mort. Pour les nouveautés, l’IA s’invite à la fête cette fois-ci pour créer plus de tension, mais rien de plus excitant que cela.
Le scénariste utilise des ficelles tellement grosses qu’elles finissent par devenir des cordes à linges. Dès la scène d’ouverture, un jeune homme et une jeune femme ont décidé de louer par AirBnB, la maison où Sidney Prescott et ses amis furent tués par Ghostface. Et tout d’un coup elle tombe sur un Ghostface plus vrai que nature. On Imagine bien que rien ne va se passer tranquillement et qu’il vont finir les tripes à l’air, car oui, le couteau de Ghostface coupe étrangement bien. Oh et puis tiens, si on faisait semblant de brouiller les cartes justes pour rire ? Et si, et si, et si, il y en a tellement que l’on finirait par spoiler tout le final, pourtant pas brillant, mais qui déontologiquement ne se révèle pas. Et la mise en scène dans tout cela me direz-vous ?
Et bien, c’est peut-être la seule bonne nouvelle de ce septième opus. Car le réalisateur s’amuse avec les codes et fait facilement monter la pression, même si l’on sait par avance ce qu’il va se passer, la salle réagit tout de même et c’est plutôt un bon indicateur. Par contre, certes nous sommes dans un slasher, certes le tueur ne meurt jamais et particulièrement celui-là, puisque ce n’est jamais le même qui se cache sous le masque, à la différence des autres du style, qui sont, en fait des représentations du Croque-mitaine, au fil des époques : Un tueur compulsif et obsessionnel, une arme de prédilection et surtout un masque, excepté pour Freddy Krueger, mais lui apparaît le visage brûlé et dans les cauchemars de ses victimes. Mais, ici, lorsque des victimes se prennent des floppées de coup de couteaux, dans le ventre et partout sur le corps et qu’elles se relèvent toutes pimpantes comme si de rien n’était, il ne faut quand même pas abuser.
Tout cela pour dire que le film a attiré les foules par la seule présence à l’écran d’une grande partie du casting d’origine, mais que ce septième volume de « Scream » vient prouver une nouvelle fois que la licence n’a plus rien à dire, même en mettant son scénariste d’origine à la réalisation et qu’il est temps de la ranger au placard avant que cela ne soit trop ridicule et humiliant.