De retour de l’université, Lucy rejoint sa famille sur une île isolée pour ce qui devait être un séjour paradisiaque. Lors d’une fête nocturne autour de la piscine, Ben, le chimpanzé de la famille, est mordu par un animal inconnu. Rapidement, la rage le transforme en une créature incontrôlable et sanguinaire. Piégés sur l’île, Lucy et ses amis se barricadent autour de la piscine, dernier refuge face à la fureur bestiale qui les traque, tandis que le paradis se change en un cauchemar primitif.
Les animaux sauvages sont souvent le terreau idéal pour toutes les formes de cinéma de genre et particulièrement l’horreur. Et même si cela entache durablement l’image de l’animal, comme le Requin de Spielberg dans « Les Dentes de la mer » rendu responsable de la mauvaise réputation du prédateur. Les Singes ont également leur part de fantasmagorie, mais la plupart du temps, ils sont voués à dominer le monde. Mais parfois, au détour d’un scénario, le singe devient la cause d’horreurs et de peurs. Nous pourrions citer « Incidents de Parcours » (1988) de Georges R Romero ou plus proche de nous, « Nope » (2022) de Jordan Peele. Mais le point commun de tout ces films, c’est l’intervention humains qui est source d’un dérèglement qui amplifierai l’intelligence du primate mais également son instinct sauvage. Comme si la proximité entre les hommes et les simiens n’étaient, en fait, qu’un miroir à cette évolution qui fait s’amplifier l’intelligence mais également le côté sombre de l’espèce. Et à moins que l’humain ne se rappelle que son cousin de génome est avant tout un être vivant, mais surtout un animal sauvage qui a besoin de sa liberté, le drame n’est jamais bien loin.
Dabs « Primates », donc, un éminent professeur spécialiste des singes, a adopté un chimpanzé et le considère au mieux comme un membre de la famille, au pire comme un animal de compagnie. Tout cela se passait jusqu’à ce que Ben, le chimpanzé ne soit mordu par un animal porteur de la rage. Et là, plus rien ne va ! Le scénario signé du réalisateur et d’Ernest Riera (47 Meters Down) va alors s’amuser monter toute une intrigue qui se passe essentiellement dans une piscine puisque la barrière naturelle qui empêche le passage d’un singe est l’eau. A chacun alors de lutter pour sa survie face à un animal particulièrement malin, qui ne manquera pas de ruse et de perversité pour tuer ses victimes. De ce côté-là, il n’y a rien à dire de particulier, si l’animal n’était pas un peu malin, ce ne serait pas amusant. Seulement le film va enfiler des perles sur des ficelles qui ressemblent plus à des cordes à linges. Ce que je veux dire c’est qu’il n’y a pas de grandes surprises dans le déroulement des faits et que souvent pour s’en sortir le scénario va mettre de gros sabots pour nous faire croire à telle ou telle action.
Et nous pourrions imaginer que la mise en scène de Johannes Roberts, un réalisateur qui semble avoir un contentieux avec les animaux sauvages, puisqu’il réalisa « 14 Meters Down », un film avec des requins tueurs, aurait pu venir sauver l’ensemble mais parfois ce que l’on pense être une bonne idées se révèle un désastre à commencer par le design de la maison qui, dés sa première apparition, annonce une des morts à suivre durant le déroulement du film, ainsi que cet espace restreint qui nécessite pas mal d’idées (Ce qui n’est pas le cas de « Primate »), ou encore, et surtout, le singe que le réalisateur a voulu en réel pour que les acteurs ai quelqu’un avec qui interagir, mais qui, se révèle une fausse bonne idée, tant la gestuelle humaine du comédien revêtant le costume de l’animal, se laisse parfois aller au jeu, pour coller à l’action. Sans parler de certaines scènes assez incohérentes, comme l’appel aux garçon rencontré brièvement dans l’avion et leur arrivée assez saugrenue et prévisible.
C’est dommage, « Primate » partait d’une bonne idée, mais la manque de matière, et la réalisation un peu trop audacieuse, font rater la marche de la réussite. Car beaucoup d’incohérences scénaristiques, beaucoup de scènes prévisibles et une distribution bien en peine de trouver l’inspiration dans un film qui veut créer une dynamique mais se perd dans des détails qui auraient pu être évité, avec un peu moins d’audace et plus de réflexions pour donner plus de corps à l’histoire.