Nani, jeune homme fantasque et amoureux transi de sa voisine Bindu, se voit bientôt assassiné par Sudeep, un homme d’affaires sans scrupules qui convoite agressivement la charmante demoiselle. Réincarné en mouche domestique, Nani n’a cependant rien oublié de son passé. Animé d’une rage vengeresse et d’un amour toujours intact, il retrouve sa chère et tendre Bindu, qui comprend rapidement l’identité du malicieux insecte. Tous deux vont alors unir leurs forces et leur ingéniosité pour lutter contre l’infâme et tout-puissant Sudeep...
Considéré comme le plus grand réalisateur actuel en Inde, SS Rajamouli, ne cesse d'enchaîner les succès. Que ce soit « RRR » (Dont Une ressortie en France est prévue le 29 Juillet prochain) qui reçut l'oscar de la meilleure chanson en 2025, ou encore le carton colossal de « La Légende de Baahubali » malgré sa durée de plus de 3 heures le réalisateur a su s'imposer comme l'un des plus novateurs de ces 20 dernières années en Inde. Car Rajamouli, c'est toujours un grand spectacle et des histoires d'amour, de revanche avec un brin de fantastique. Il a su digérer les codes de la culture Indienne tout en y insufflant des influences occidentales qui rendent chacune de ses œuvres exportables et capables de rivaliser avec les codes du cinéma de nos contrées.
Tourné en 2012, « Egga la Mouche Vengeresse » n'échappe pas à la règle et semble vouloir faussement rivaliser avec les films de super héros américains. Et si l'on ne peut empêcher certains codes liés à la culture cinématographique Indienne comme les regards en coin en image presque arrêté les codes hyper macho avec les muscles saillants et les femmes victimes plus que héroïnes, le film « Egga la mouche » atteint son objectif et est une nouvelle preuve, non seulement de l'audace de son auteur mais aussi de la bonne santé du cinéma Indien. Car ici, le live s'associe à l'animation 3D pour donner un film spectaculaire et drôle, ou certains rythmes annoncent déjà la mastodonte « RRR » et où les chansons vous font trépigner des pieds grâce à des sonorités et des mélodies entêtantes. Rajamouli, signe, ici, un scénario amusant très inspiré de la culture hindoue avec la réincarnation non pas dans un animal honteux mais au contraire dans l'un des seuls animaux à faire trembler l'humain par son bourdonnement incessant et sa façon de voler autour de nous comme pour nous faire perdre la raison. Cela peut surprendre mais la culture hindoue regorge de petites pensées de ce genre : Ce n'est pas le plus gros animal qui peut faire le plus de mal. Mais si petite soit-elle, si insignifiante et méprisante que puisse être la mouche, son seul vol et son seul bourdonnement peut faire tomber l'humain le plus sûr de lui. Et c'est une morale, qui marche pour bien des situations et que l'on peut retrouver dans bon nombre d'œuvres littéraires comme les fables de La Fontaine par exemple.
Côté mise en scène et distribution S.S. Rajamouli s'attache les services de Sudeep, un artiste et sportif avec de multiples casquettes (Comédien, producteur, danseur, chanteur présentateur TV et joueur de Cricket). Immense star du cinéma Kannada (Langue officielle du Karatéka, l'un des quatre états du sud de l'Inde). Leur collaboration donne d'excellents moments de cinéma où l'acteur amplifie chacun de ses gestes et de ses regards pour mieux donner cette sensation de légèreté et d'assurance dans son personnage qui, par nos lointaines contrées seraient considéré comme du harcèlement (et c'en est !) Mais qui semble normal dans le film. Dans tous les cas le film est un plaisir de rythme, de dynamique et d'intelligence dans la façon d'utiliser les images pour donner corps à un discours intéressant