CROWS ZERO I : Takiya, un nouveau venu au sein du lycée Suzuran, où des bandes très violentes s'affrontent quotidiennement, veut tenter d'en prendre le contrôle. Pour ce faire, il est entraîné par Katagiri, un ancien Yakuza, et doit lutter contre son rival Serizawa.
CROWS ZERO II : Huit mois après les derniers événements, alors que Genji est sur le point d'être diplômé du lycée Suzuran, il se voit contraint de régler une dernière affaire avec une école rivale.
Takashi Miike, les amateurs de cinéma Japonais le connaissent bien. Le réalisateur s'est, en effet, fait un nom dans le cinéma de genre. Lui qui a commencé au début des années 90 dans ce que les Japonais appellent le V-Cinéma, ce que l'on appelle par chez nous le Direct-to-vidéo, s'est fait une réputation de Mysogine par un cinéma très masculin qui ne laisse que très peu de place pour les femmes. Son premier long métrage « Les Affranchis de Shinjuku » est déjà un absolu du genre. Film de Yakuzas particulièrement « Burné », cette entrée dans l'univers cinématographique ouvre la porte a une longue liste de films où la violence est chorégraphiée, souvent gratuite, mais toujours captivante. S'il s'essayer à d'autres styles comme l'horreur, Takashi Miike reviendra toujours aux films d'action avec une maitrise qui fera de lui l'un des maîtres du genre, avec des succès énormes au box-office comme la trilogie "Dead or Alive". Son cinéma se définit par un style provoquant et cru surtout lorsqu'il se lance dans l'horreur comme l'épisode qu'il réalisateur pour la série : « Les maîtres de L'Horreur », et appelé « La maison des sévices » que la chaîne Showtime, productrice du concept refusa de diffuser. Provoquant également le réalisateur n'hésita pas à faire des distribuer des sacs a vomis, floqués du logo du film lors de la première de « Ichi The Killer » au Festival de Toronto. On l'aura donc compris, Takashi Miike ne fait pas dans la mise en scène tendre et encore moins dans la demi-mesure.
Avec « Crows Zero » Talashi Miike sort de l'horreur et après un autre film de Yakusa : « Like a Dragon », réalisé juste avant, il nous offre un film où le temps n'a pas d'importance, où la cohérence non plus, mais surtout où tous les coups sont permis pour décrocher la couronne de roi du lycée. Le thème des Yakuzas reste au cœur de l'intrigue, puisque les personnages sont liés aux gangs, mais ici, le réalisateur, va surtout livrer ses personnages à un déferlement de violences qui ne s'arrête que très peu dans le film. Ici, pas de professeur, pas de cours, pas d'adultes référents, juste des jeunes qui se tapent dessus pour être obtenir le couronnement suprême. Nous pourrions y lire une métaphore de la société Nipponne de ce début de siècle avec un goût pour le dépassement de soi et le refus de l'échec. Mais c'est surtout l'occasion pour les réalisateurs de faire preuve de sa capacité à s'affranchir des limites, à toujours dépasser le cadre de la narration dans un film d'action qui va loin toujours plus loin. Pour arriver à un final extrêmement violent entre les deux protagonistes principaux.
Et comme s'il fallait un peu équilibrer tout cela ou dans tous les cas, le rendre un peu digeste, le scénariste Shogo Muto, qui fera ensuite la majeure partie de sa carrière pour la télévision, a rajouter un peu d'humour, avec des personnages burlesques qui font office, ici, de « Clown Auguste ».
Avec « Crows Zero II », on prend les mêmes et on recommence, avec, cette fois-ci, une délocalisation dans un lycée voisin, où Genji, va devoir affronter un autre adversaire. Les bases sont les mêmes, le résultat aussi et Takashi Miike continue d'affiner son art de la provoque et de l'action à l'état pur, pas forcément sur stylisée, mais d'une efficacité redoutable.