Étudiant en psychologie, Alan est bénévole dans un centre d’appels d’urgence. Ce jour-là, au bout du fil, il y a Inga, une femme désespérée qui vient de prendre une dose mortelle de comprimés et souhaite parler à quelqu’un avant de mourir. Aidé d’un psychiatre et d’un inspecteur de police, Alan n’a que peu de temps pour localiser et sauver sa correspondante.
Premier film de Sidney Polack (Les Hommes du Président), « 30 minutes de sursis » est thriller haletant en forme de Huit-Clos, dans lequel un homme qui travaille dans une clinique, reçoit un appel d'une femme qui dit avoir pris des barbituriques afin de se suicider. L'homme a alors 30 minutes pour essayer de la localiser et de la sauver. Dans un monde où les ordinateurs ne sont pas encore entrés dans les vies et où la localisation d des lignes téléphoniques est d'une complexité hallucinante pour notre époque, il doit garder le contact avec cette femme énigmatique et tout faire pour obtenir des informations. Avec un minimum de matériel, un décor restreint, le réalisateur va alors développer le scenario de Stirlling Stilliphant (L'inspecteur ne renoncer jamais) qui, lui-même, s'amuse a passer d'une histoire à une autre pour mieux captiver et donner du repos au spectateur.
Réalisateur sur des séries comme « Le Fugitif », Sydney Pollack fait, ici, pour son premier film, preuve d'une véritable maîtrise du tempo et parvient avec peu de moyens à faire monter la pression et à captiver son auditoire. L'utilisation pour des fins économiques mais également artistiques permet de se concentrer sur cette intrigue qui montre à quel point dans une autre époque il était bien plus difficile de repérer l'appel d'une personne en détresse. Jusqu'à la dernière minute Pollack va jouer sur un montage plus ou moins serré qui va permettre de rester au cœur de l'action et de s'identifier à Alan, cet étudiant en psychologie qui, poussé par son médecin chef, doit garder le contact avec cette femme pour obtenir toutes les informations nécessaires. Et là où le réalisateur marque des points dans la structure de son film, c'est qu'il va utiliser ces informations pour raconter en image, les heures qui ont amenés Invalidité à commettre ce geste de désespoir.
Et puis il y a le couple Sidney Poitier (Devine qui vient Diner), qui, il n'est pas anodin de le rappeler, fut la première star Afro-Américaine dans une société et Anne Bancroft (Le Laureat). Le premier signe l'une des plus belles prestations de sa carrière, dans un exercice particulièrement difficile, où majoritairement, son seul partenaire est un téléphone. De l'autre côté l'actrice utilise son charme et la sensualité de sa voix pour donner toutes les nuances de son personnage, surtout dans les scènes où elle joue entre joie, déception puis tristesse.