« L’Homme Invisible Apparaît » : Un voleur de bijoux apprend qu'un scientifique travaille sur une formule d'invisibilité qui l'aiderait dans ses méfaits.
« Lhomme Invisible contre la Mouche Humaine » : Un assassin se retrouve traqué par un policier devenu invisible...
Relecture de l' « Homme invisible » de H.G Wells par le prisme japonais d'après-guerre, ces deux films offrent des effets spéciaux saisissants pour leur époque. Il faut dire que la Daiei est en manque d’inspiration et souhaite donner un nouveau souffle à son catalogue. Etant, à l’époque du premier opus, à savoir, 1949, toujours sous occupation Américaine, les décideurs se tournent de façon assez évidente vers la culture anglo-saxonne et surtout vers ce que fait Hollywood. Et c’est là qu’ils vont tomber sur la fameuse série « Monsters » du studio Universal qui comprend notamment « Frankenstein » (Dont certaines idées seront reprises d’ailleurs dans le film), « Le Loup-Garou » et puis surtout « L’Homme Invisible ». Et c’est cette histoire écrite par H.G. Wells et publiée en 1897 qui retiendra l’attention de représentant du studio japonais. Il y a dans cette histoire tout ce qui pourrait permettre à la Daiei de créer une nouvelle intrigue où la science serait à l’origine de l’un des personnages les plus dangereux de son époque, puisque l’invention tombera dans de mauvaises mains.
Et le scénario du premier film va d’ailleurs se permettre d’être une sorte de métaphore de la bombe d’Hiroshima, avec trois scientifiques qui travaillent sur un projet tout ce qu’il y a de plus honorable, celui de pouvoir rendre les choses et animaux invisibles. Mais l’invention n’est pas satisfaisante puisque l’effet ne peut être inversé. Pourtant il va susciter l’intérêt d’une organisation mafieuse. De manière détournée et particulièrement intelligente, le réalisateur Nobuo Adachi (Mange Jigoku) et son co-scénariste Akimitsu Takagi (Yukai) vont alors déroulé une intrigue qui va nous présenter un homme dont on suppose qu’il est un simple voleur qui utilise une invention imparfaite pour en profiter, mais ses erreurs nous font vite comprendre que quelque chose ne va pas et, sans rien dévoiler, les deux auteurs vont alors développer l’influence des esprits mauvais dans une recherche scientifique. Il n’en faut plus pour faire le parallèle.
La mise en scène d’Adachi est inventive et pleine de rebondissements que les effets spéciaux signés du maitre de l’époque Eiji Tsuburaya (Godzilla) vont rendre saisissant. Il faut dire que ceux-ci associés à la mise en scène subjective du réalisateur font sensation. Le film utilise un nombre incroyable d’effets qui vont permettre au spectateur de croire en l’existence de cette « Homme Invisible ». Le succès sera au rendez-vous. Mais il faudra attendre 8 ans pour qu’un deuxième opus soit proposé aux spectateurs. Si l'on rajoute l'avertissement en début de film sur lequel le réalisateura inscrit : « La science dans de mauvaises mains peut faire des ravages». Un message à peine voilé aux bombes atomiques.
Cette fois-ci « L’Homme Invisible » n’est plus un assassin et un voleur recherché, mais un policier qui va se lancer à la poursuite d’un homme qui a la faculté de rétrécir et dont on entend l’apparition par un bourdonnement de mouche d’où le nom de « Mouche Humaine ». Un nouvel opus, bien en-dessous du premier, mais toujours sous influence des « Monsters » Universal, puisqu’ici, l’homme invisible n’ingère pas de produits mais est touché par un rayon, laser, comme dans le « Frankenstein » de James Whale. Ici nous sommes plus dans un film policier, comme cela est fréquent dans les productions japonaises populaires. Si l’on peut noter un certain nombre d’incohérences dans le scénario, comme dans la mise en scène de Mitsuo Murayama (Gateway To Glory), le film s’aventure plus sur un terrain à la fois mélangeant les influences américaines, mais également une mise en scène qui flirt avec l’érotisme.