Cadmos, le roi de Thèbes, fait éclater la colère de Zeus lorsqu'il se fait proclamer Dieu par son peuple. Depuis l'Olympe, Zeus envoie Kryos par vengeance, le chef des titans venu tout droit de l'enfer...
Dans les années 60 et 70, les studios Italiens ont tourné à plein régime des films de guerre, des Westerns et des Péplums. Une production telle que les grandes stars américaines sont même venues tourner des films et certains sont devenus des références comme « Le Bon, La Brute et le Truand » de Sergio Leone (ll était une fois dans l’Ouest), sorti en 1966 et qui compte à son générique des acteurs américains comme : Clint Eastwood (Gran Torino), Eli Wallach (Les Sept Mercenaires) et Lee Van Cleef (Le Train Sifflera Trois Fois). Mais comme toute grande époque, il y a une fin et la source commence à se tarir, par manque de renouvellement et des personnages trop ancrés dans leur légende ou dans leur histoire. Et c’est le genre du Péplum qui souffrit le premier de ce manque de liberté ou de légèreté que les productions pouvaient prendre avec l’histoire. Même si avec « Les Travaux d’Hercule », le studio tenait une licence qui remplissait les caisses, le péplum ne trouvait plus son public des heures glorieuses. Et comme beaucoup de confrères de son époque, le réalisateur Duccio Tessari a touché à tous les styles développés par les célèbres studios Italiens. Mais c’est en 1962 que les choses changèrent pour lui. Scénariste depuis 1959 pour différentes productions comme « Le Colosse de Rhodes » de Sergio Léone, en 1961, il comprit qu’il fallait bousculer le genre.
Et c’est avec l’aide d’Ennio De Concini (Le Diable au Corps), il écrivit : « Les Titans », un film inspiré de la mythologique grecque, mais qui ne va pas forcément se prendre au sérieux, loin de là ! Car, sans être une parodie du genre, ou une caricature déjantée, « Les Titans », est un film qui va suivre les mésaventures de Kryos, le chef des Titans, qui n’aura comme arme que son intelligence pour envoyer aux enfers le mégalo Cadmos, qui a décidé de défier les Dieux. Et comme Duccio Tessari et Ennio De Concini sont deux grands amateurs et spécialistes de la mythologie grecque, ils parviennent à écrire une histoire qui s’inscrit parfaitement dans le style et pourrait aisément être venue tout droit de l’un des grands écrivains de l’antiquité. Jamais hors sujet, malgré un ton plus léger et des situations parfois burlesques, « Les Titans » est un scénario solide qui suit une logique qui fera des émules quelques années plus tard avec des œuvres venues de BD, dont on pourrait croire qu’elles furent inspirées de ce film.
Et la mise en scène de Duccio Tessari va d’ailleurs dans le sens de ne jamais dénaturer le genre mais de le rendre plus léger et moins classique, moins tragique. Alors, bien sûr, nous sentons rapidement le manque de budget, mais le réalisateur parvient à tourner dans des décors naturels, en Espagne, par exemple, pour offrir des plans de toute beauté, et sait utiliser chaque sou pour que le film ne soit pas une version pauvre des productions du moment. Et même, si l’utilisation d’éclairage et de lieux filmés différemment pour illustrer deux mondes est courante, durant les 2 heures de film, l’ensemble se regarde avec plaisir. Et il faut dire que la présence solaire de l’acteur principal Giuliano Gemma (L’Affaire Mori), qui, à la différence des ses collègues acteurs venus du culturisme, n’offre pas une prestation toute monolithique, mais plutôt lumineuse et avec un véritable sens du tempo et une palette de nuance surprenante pour un tel rôle.