Sun, âgée de 14 ans, a publié un livre inspiré d'une histoire que son grand-père lui racontait : l'incroyable histoire d'Hadara, un enfant nomade perdu par sa famille à l’âge de 2 ans dans une tempête de sable dans le désert, qui a ensuite été recueilli et élevé par un couple d’autruches. Mais lorsque Sun est invitée à visiter le Sahara, elle se rend compte qu'Hadara est peut-être plus qu'une simple histoire pour s'endormir.
Dans un film, il y a l’intention et il y a le résultat ! Et parfois les deux ne vont pas dans le bon sens. Réalisateur depuis un certain nombre d’années de films familiaux narrant les aventures de la rencontre entre un enfant et un animal comme dans « Mia et le Lion Blanc » en 2018, « Le Dernier Jaguar en 2024 ou encore « Moon le Panda » l’année suivante, Gilles de Maistre semble avoir trouvé la formule parfaite pour s’assurer un public familial et amoureux de ces histoires où des enfants vont vivre une aventure hors du commun avec des animaux. Et pour cela le réalisateur ne ménage pas ses efforts, soigne ses plans, sa mise en scène et parvient toujours à obtenir des animaux, mais si l’on sait que certains stratagèmes sont utilisés pour les besoins de la narration. Et ça marche ! Nous fondons devant ces histoires touchantes avec des animaux magnifiques et si expressifs.
Mais voilà, le problème, qui est récurrent dans ces films signés De Maistre, c’est que si les animaux nous font fondre, il n’en n’est pas de même pour les comédiens, que ce soit les enfants, mais on les excuse par leur manque de techniques, mais les adultes également ont bien du mal à donner le meilleur d’eux-mêmes. Et « L’Enfant du Désert » n’échappe pas à la règle. Le film souffre d’un double problème, le manque de justesse des comédiens et le fait que le film ait été tourné dans deux langues : Allemand et Français. Le résultat est que la post-synchronisation est un désastre et ce dés les premières minutes du film. Alors, vous me direz : « Oui mais il y a les animaux, alors ce n’est pas grave ! ». Ben si justement, car le jeu des acteurs est tellement peu maitrisé que l’on finit par se fixer dessus et par se désintéresser totalement, de l’histoire de ce jeune garçon élevé par des autruches et ami d’un Fennec.
Et sur le fond, pourtant, le scénario qui est une adaptation par Prune De Maistre, la femme du réalisateur, du roman de la journaliste suédoise Monica Zak : « Hadara, l’enfant Autruche », paru en 1999, et qui relatait l’histoire de cet enfant de 2 ans perdu dans le désert et sauvé par des autruches qui le nourrirent et le prirent sur leur dos, pendant plus de 10 ans, était fidèle et amenait un côté un peu mystique à l’histoire et pouvait faire penser au « Petit Prince » de St Exupery. Et d’ailleurs la mise en scène de Gilles de Maistre allait dans ce sens avec ces couleurs chaudes, ces grands angles du désert, des arrières plans minimalistes et des costumes magnifiques, lorsque l’on croise les touaregs. Tout était fait pour nous embarquer et nous dépayser et donner envie aux enfants de protéger ces animaux et de les découvrir autrement.
Mais voilà, comme à chaque fois, le réalisateur manque le coche en oubliant sa direction d’acteurs. Et hormis Kev Adams (Maison de retraite) qui parvient à sauver de justesse sa partition, tout le reste de la distribution est en roue libre et nous laisse en dehors du film, alors qu’il aurait dû en être autrement. D’autant que le film a permis de sauver les autruches qui l’on voit dans le film et qui était destinées à la maroquinerie. Une histoire, du coup bien plus intéressante que le film lui-même, tant elle est focalisée sur la protection des autruches.