En partance pour la Californie, une famille se retrouve accidentellement au beau milieu d'une zone d'essais de l'aviation américaine. Contraints de quitter leur véhicule, ils se retrouvent pourchassés par une bande de dégénérés.
Le survival est un genre de cinéma d’horreur qui n’utilise pas de monstres à proprement parlé, mais plutôt la monstruosité humaine dans ce qu’elle a de pires dès lors que l’environnement et le contexte le provoque. A la différence du « Slasher » dans lequel un monstre zigouille une par une ses victimes, le « survival » est un genre qui ne se limite aux films d’horreur, on peut citer par exemple « Délivrance » ou encore « The Revenant », comme des films dans lesquels des personnes doivent lutter pour leur survie par un contexte hostile que ce soit la nature ou les habitants. Dans « La Colline a des yeux », la famille Carter tombe en panne dans le désert du nouveau Mexique et se retrouve aux prises avec une famille cannibale et dégénérée. Tout le monde devra donc lutter pour sa survie.
Partant sur cette base le réalisateur Wes Craven (Scream) tisse une histoire assez sordide dans laquelle la consanguinité vient jouer un rôle bien particulier dans la dégénérescence de cette famille cannibale qui veut absolument chasser cette famille pour en faire un festin. Ce qui surprend dès le départ dans la mise en scène de Craven c’est cette sorte d’amateurisme qui semble flotter dans les plans, dans les accessoires, dans les décors alors que le film est d’une maîtrise assez évidente notamment dans la manière dont le réalisateur traite son sujet. Il ne se limite pas çà une tuerie de basse composition, il entraîne chacun de ses personnages à faire jaillir cette part animale, sanguinaire qui sommeille en chacun de nous et qui ne demande qu’à sortir.
Ne nous voilons pas la face, le film a mal vieilli, et même si la restauration 4K lui donne plus de pétillant dans les détails. Film fauché par excellence, le 4K met aussi en lumière les failles de la réalisation, avec des accessoires qui manquent de crédibilité comme le bébé ou l’un des personnages morts, dans le film, remplacé par des mannequins visibles à l’écran. C’est amusant et montre le peu de moyen dont disposait le réalisateur pour faire ce film. Les actrices participent également à notre souffrance, avec des hurlements à faire fuir le moindre évadé de prison qui n’a pas vu la lumière ou une femme depuis des années. Elles hurlent tellement fort et sans véritables raison que l’on a qu’une seule envie : Que la faille s’occupe d’elles en premier ! Mais tout cela forme, malgré tout, les bases d’un style dont Craven, est devenu maître et participe d’une certaine à la création du mythe et du style de film. Et même si le film est très loin d’être parfait, sa construction, la finesse de vision du réalisateur, le scénario simple mais redoutablement crédible nous plonge dans un film qui ne peut que nous rendre mal à l’aise.
En conclusion, « La Colline a des Yeux » est un film d’horreur qui joue la carte du réalisme le plus cru dans sa construction narrative mais également dans sa réalisation pour pouvoir mieux imprégner le spectateur d’une ambiance glauque et prenante. Un Mythe !
« La Colline a des Yeux 2 » : Un groupe de bikers entreprend un voyage pour participer à une course qui se déroule non loin du désert où s'est déroulé un grave accident quelques années auparavant. Ils décident de prendre un bus, mais celui-ci tombe en panne au beau milieu du désert...
Réalisé 8 ans après le premier opus et après bien des mésaventures pour Wes Craven, qui entre-temps rencontra le succès avec « Les Griffes de la Nuit », première apparition de l’un des méchants les plus emblématiques du genre : Freddy Krueger, « La Colline a des Yeux 2 » reprend les mêmes codes que le premier mais s’avère plus sombre. Si le savoir faire du réalisateur est toujours, nous sentons à chaque plan que le budget a beaucoup évolué (230 000 Dollars pour le premier opus, 700 000 Dollars pour le second), mais que l’envie du réalisateur pas du tout. Ses démêlés avec son film « La Créature du Marais » qui n’arrivait pas à sortir dans de bonnes conditions ont amené Wes Craven à se lancer dans l’écriture et la réalisation du second opus. Mais l’effet de surprise étant passé, il est difficile d’adhérer à ce survival qui manque de qualité, même si le réalisateur a poussé le curseur du gore un peu plus loin, il n’arrive que très rarement à nous surprendre.
D’autant que les acteurs qui font, ici, leurs premiers pas, manquent cruellement d’expérience et cela a bien des nouveaux, dans les combats, dans les poursuites avec les méchants ou même dans certains plans où les futures victimes dialoguent en toute innocence. Certains pourtant continueront leurs carrières dans le genre Gore quand d’(autres vont se tourner vers la réalisation, les autres disparaitront tout simplement des écrans.