James, un adolescent orphelin, vient de perdre son meilleur ami, emporté par un cancer. Pour l’aider à faire son deuil, son grand-père, Geppetto lui offre une poupée de bois dotée d’une âme, baptisée Pinocchio. Comme tout garçon de son âge, James ignore les mises en garde de son grand-père et présente Pinocchio au monde extérieur. Mais très vite, Pinocchio aspire à devenir humain et à prouver qu’il mérite l’amitié de James en le protégeant. Il va alors se lancer dans une croisade sanglante pour éliminer quiconque pourrait...
Nous pourrions croire que bousculer les rêves d’enfant lorsque l’on devient adulte réalisateur et scénariste est gage de bonne idée. Et bien Non ! Nous l’avions déjà vu avec la réinterprétation en film d’horreur de « Winnie l’Ourson » « Winnie The Pooh : Blood and Honey » dont on se demande encore comment elle a pu arriver jusque sur les écrans. Et même si son budget de 100 000 Dollars fut largement remboursé puisque le film fit plus de 5 Millions de recettes au Box-Office mondial. Mais voilà, malgré des retours catastrophiques, critiques comme publics, le producteur et scénariste Rhys Frake-Waterfiled (Firenado) se reposant sur les recettes du film, mis en chantier deux nouveaux projets : « Peter Pan’s Neverland Nightmare » qui sorti directement en vidéo en début d’année 2025, puis « Bambi La vengeance » sorti également directement en vidéo, de la même façon que ce « Pinocchio Déchainé » qui nous occupe aujourd’hui. Nouveau méfait de Frake-Waterfield, derrière la caméra cette fois-ci, qui revisite donc le mythe du pantin qui veut devenir un vrai petit garçon.
Et heureusement pour nous, car, le film manque cruellement de matière et d’originalité. Avec des scènes gores totalement gratuite et sans grande cohérence. Et c’est bien ce qui est dramatique, car le film manque totalement d’intérêt, alors qu’il pouvait, éventuellement développer un peu plus ou, tout du moins, avec un peu plus de subtilité, l’histoire de ce pantin, libéré de ses ficelles (Donc de ses chaines) qui veut de façon obsessionnelle devenir un petit garçon tout en défendant son ami James, un adolescent perdu dans la vie après le décès tragique de ses parents. Mais voilà, Rhys Frake-Waterfield, donne le minimum syndical, et il en ressort un film, au rabais, où tout est tellement convenu qu’il est difficile de sursauter. Et même lorsque le scénario tente de rendre cette indigeste fable, un tant soit peu intéressante, il finit par y rajouter une conclusion qui vient tout mettre par terre.
A l’image de ces résidus de marionnettes dans cet obscur couloir ou du grand-père au côté obscur bien prononcé, on espérait tout de même un peu plus de profondeur et moins de gratuité. Et bien, même là, le réalisateur et son équipe parviennent à rater l’effet de surprise par une succession d’indices, dont les premiers, dès le début du film nous laissaient deviner ce qui allait se passer. Et puis comme le ridicule ne tue pas, outre ce pantin qui ne ressemble pas à grand-chose d’original, ils le rendent incapable de fluidité dans ses mouvements. Alors dit comme ça cela peut paraître anodin, mais vu ce que le réalisateur veut nous faire avaler comme couleuvre depuis le début du film, croyez-moi ce n’est pas rien.
Alors, forcément, la distribution ne peut, dans ces conditions, pas vraiment briller. A commencer par Richard Brake (Les Intrus), en Gepetto qui a bien du mal à se dépêtrer de ce rôle de grand-père sombre et tendre en même temps, qui voudrait bien que son petit-fils soit heureux, ou encore Robert Englund (Les Griffes de la nuit) qui continue de cachetonner malheureusement, cette fois-ci en prêtant sa voix à Jimminy Cricket et peut servir de caution horrifique au film. « Pinocchio Déchainé » pouvait être une bonne idée, mais le manque de matière et la réalisation sans intérêt en font un film indigeste qui se subit plus qu’il ne se regarde avec délectation.