OSS 117 - LE CAIRE NID D’ESPIONS : 1955. Le Président de la République Française, Monsieur René Coty, envoie son arme maîtresse, l’espion Hubert Bonisseur de la Bath dit OSS 117, mettre de l’ordre dans une Égypte au bord du chaos
OSS 117 - RIO NE RÉPOND PLUS : 1967. Hubert Bonisseur de la Bath, dit OSS 117, est envoyé en mission à Rio de Janeiro, à la recherche d’un ancien dignitaire nazi réfugié en Amérique du Sud après la guerre.
Ecrits entre 1949 et 1963, par Jean Bruce, le personnage d’Hubert Bonisseur de la Bath dit « Oss 117 » est un espion français plus vieux de quelques années que le célèbre 007 créé par Ian Flemming en 1953. Que ce soit en librairie ou sur écran. Mais avec une longévité et un succès bien différent car si l’on comptabilise, pas moins, de 25 films pour le britannique (Un 26ème est en préparation), il n’y eut que 7 adaptations du français de 1956 à 1970. Il faudra attendre 36 ans pour que l’espion français revienne sur les écrans sous la direction de Michel Hazanavicius, mais avec un ton radicalement opposé à celui de ses prédécesseurs, car si les 7 premiers films suivaient la logique sérieuse et haletante du film d’espionnage, celui du réalisateur de « The Artist » est une parodie assumée, à l’humour totalement débridé, qui va s’amuser à tordre le coup aux us et coutumes de la société des années 70 et son machisme ambiant. Pour Hazanavicius, OSS 117 c’est avant tout un personnage qui possède tous les défauts possibles : Mysogine, raciste, idiot, prétentieux et j’en passe et des meilleurs.
Et si le ton est complètement décalé, l’écriture est précise et assume toutes ses diversions, à commencer par les horreurs que peut dire Oss 117 sur les Egyptien, sur les femmes, les Hippies et sur tout ce qui n’est pas français. Situé dans une société où les colonies sont encore d’usage, De La Bath fait preuve d’un racisme décomplexé, mais l’écriture est tellement intelligente et subtile qu’il n’y a aucune ambiguïté sur les objectifs du réalisateur de peindre un personnage en décalage complet avec le monde qui l’entoure tout en étant un miroir avec des idées malheureusement, devenues, plus ou moins acceptables dans les médias. OSS 117, c’est avant tout, un personnage complètement hors sol qui nous fait rire par son manque de discernement, par la manière dont il se sort de situations compliquées. Et puis, bien sûr, il y a Jean Dujardin (The Artist) en Hubert Bonisseur de la Bath. L’acteur est brillant et sait parfaitement coller au personnage et à son univers surjoué, surévalué et surtout excessif en tout. Son jeu colle parfaitement à la mise en scène du réalisateur et, surtout, il fonctionne comme une sorte d’Alter-Ego d’Hazanavicius pour donner aux aventures d’Oss 117, que ce soit au Caire ou à Rio, une texture particulière très inspirée des films des années 50-60 et des œuvres télévisuelles de la même époque avec un surjeu dans bien des situations : Lorsqu’il sort son arme, qu’il se bat ou qu’il joue sur la plage avec son meilleur ami.
Ce qui est toujours amusant lorsque l’on regarde les OSS 117, c’est la double lecture qu’il peut y avoir du personnage, son ambiguïté sexuelle, abordé dès le premier opus mais encore plus appuyée dans le second. Et si dans le « Le Caire Nid D’espion » l’humour y est présent et le personnage déjà bien décalé et propose des moments de grâce comme la version de Bambino en Arabe ou encore la colère d’Hubert lors de l’appel à la prière du matin, dans « Rio ne répond plus » les indélicatesses et les ambigüités de De La Bath sont encore plus appuyées notamment après une nuit sur la plage avec des Hippies, la survie dans la jungle, ou encore la course effrénée dans l’hôpital. Le réalisateur et son acteur principal s’amusent et cela se voit, les deux se complètent et se comprennent. Pas étonnant que leurs collaborations se soient achevées sur des Oscars avec « The Artist ».