La Bataille De Gaulle : « L’Age de fer » : Juin 1940. La France s'effondre et signe l’armistice. Au milieu du chaos, un homme refuse de céder. Seul contre tous, ce général inconnu s'échappe vers Londres pour sauver ce qu'il reste d'un rêve : la liberté. Sans armée, sans appui, sans espoir. Mais avec une folle conviction : la France, sa France, n'a pas déposé les armes. Il tente un ultime pari : convaincre le monde que la bataille de France n'est ni terminée, ni perdue. La réalité est têtue, et lui donne tort. Mais peu à peu se lèvent autour de lui en Angleterre, en France et en Afrique des résistants de l'ombre, des lycéens révoltés, des soldats déterminés. Leur foi, leur audace, leur rage de liberté défient l'Histoire qui semblait pourtant écrite d’avance.
Depuis « Le Chant du Loup », son premier film et grosse surprise avec plus d’un millions cinq cent mille entrées, Antonin Baudry semblait se faire oublier. Mais voilà, sept ans plus tard, le réalisateur, qui fut d’abord scénariste revient avec un projet de grande envergure, un biopic sur le Général De Gaulle. A la vue de cette annonce, impossible de ne pas être sceptique. Car pour un deuxième film revenir avec un diptyque sur LA figure tutélaire de la France, celle vers qui tout le monde se tourne lorsque l’on vaut parler de l’esprit combattif, de cette détermination à ne pas s’avouer vaincu, ou encore lorsque les politiciens veulent nous faire avaler leurs discours. Une figure tellement forte que personne n’a jamais osé jouer avec, et tous les réalisateurs et comédiens l’ont illustré avec un respect quasi sacré, le pari est donc osé. Mais ce serait mal connaître Antonin Baudry qui aura pris son temps pour nous concocter son diptyque et y aura mit toutes ses influences, de Michael Bay (Pearl Harbor) à Steven Spielberg (Lincoln) pour déboulonner le statut du Général et en faire un humain qui doute, se bat, s’impose et ressent ses échecs avec dureté mais en ressort plus déterminé que jamais et savoure ses victoires avec une fierté, parfois contenue, mais toujours rayonnante. Le De Gaulle d’Antonin Baudry c’est un Général sans armée, mais qui va se la construire à la force de son charisme et de sa détermination communicative, pour devenir, au final, un guide aussi idolâtré que conspué par ses opposants.
Et c’est ce qui fait toute la différence dans la mise en scène du réalisateur que de ne jamais vouloir s’enfermer une image d’Epinal et parvient à justifier par des petits détails chaque morceaux du puzzle qui construise son héros, comme ce corset qu’il porte pour être toujours droit, jamais courbé comme une illustration de son combat contre les Nazis, contre le régime de Vichy qui a courbé l’échine dés les premières semaines du combat et s’est lancé dans une collaboration honteuse et sanguinaire. Charles De Gaulle, devient, alors, un homme aux multiples facettes et moins rigide que dans les précédents biopics le concernant. D’ailleurs Baudry, le dit lui-même, ce n’est pas un biopic, c’est avant tout, un film sur la seconde guerre mondiale, sur la résistance, car De Gaulle, tout seul n’aurait rien ou faire. Et le film de se tourner vers ces jeunes résistants de la première heure qui, frais de leurs valeurs et de leur insouciance ont payé de leurs vies les premières oppositions au régime Nazis. Ou encore ces régiments en Afrique qui vont rougir le sable de leur sang pour que les Anglais puissent se libérer de l’étau Allemand. Une bataille où le courage abolit toutes les origines et toutes les religions, mais dont on a un peu trop vite oublié l’héroïsme. Qui pense à eux en arrivant à la Station de Metro Bir-Hakeim ?
Et puis pour incarner le Général De Gaulle, le réalisateur fait appel à Simon Abkarian (Edmond), l’acteur incarne le Général De Gaule avec une véritable puissance de jeu qui lui permet de jouer avec une palette de nuances impressionnantes et pleine de subtilités, offrant ainsi un Général bien moins rigide et bien moins sacralisé tout en lui gardant ce charisme qui était le sien lorsqu’il rentrait dans une pièce. L’acteur tient là l’un des meilleurs rôles de sa carrière. Antoni Baudry offre également à l’image de la résistance la fraicheur de jeu du jeune Florian Lesieur (Cassandre), l’acteur apporte toute cette légèreté dans une époque tragique qui donne encore plus de sens à cet esprit de résistance et d’identité, dont tout le monde aimerait bien se revendiquer. L’acteur s’empare de son personnage et lui apporte des variations touchantes dans les différentes phases qu’il va traverser et nous laisse penser que le jeune acteur à un grand avenir devant lui.
La Bataille De Gaulle : « J’Ecris ton nom » : Juin 1940. La France s'effondre et signe l’armistice. Au milieu du chaos, un homme refuse de céder. Seul contre tous, ce général inconnu s'échappe vers Londres pour sauver ce qu'il reste d'un rêve : la liberté. Sans armée, sans appui, sans espoir. Mais avec une folle conviction : la France, sa France, n'a pas déposé les armes. Il tente un ultime pari : convaincre le monde que la bataille de France n'est ni terminée, ni perdue. La réalité est têtue, et lui donne tort. Mais peu à peu se lèvent autour de lui en Angleterre, en France et en Afrique des résistants de l'ombre, des lycéens révoltés, des soldats déterminés. Leur foi, leur audace, leur rage de liberté défient l'Histoire qui semblait pourtant écrite d’avance.
Non, « La Bataille De Gaulle » n’est ni un biopic traditionnel, ni, et encore un moins un film d’action. C’est un film qui retrace la naissance d’une figure tutélaire de notre pays, celui vers qui tous les hommes politiques se tournent lorsqu’ils veulent rendre crédible leurs discours, celui que l’on a, jusqu’ici traité avec toujours une certaine sérénité en en faisant presque une figure messianique. L’homme qui refusa la défaite et se battit contre les forces obscures qui auraient bien voulu profiter de ce conflit pour s’accaparer le pays. Car, oui, pour aborder le personnage de Charles De Gaulle, il faut soit être conventionnel, soit associer le personnage au chaos de la seconde guerre mondiale et à ce souffle patriotique et revanchard qu’il a insufflé depuis Londres, où il a envoyé son fameux appel du 18 juin.
Après un premier opus sorti le 03 Juin dernier, sous le titre de « La Bataille De Gaulle : L’Âge de Fer » et dans lequel, nous découvrions un Charles De Gaulle qui se battait contre les ordres de Pétain, contre l’esprit de défaite et d’abandon au fascisme allemand. Mais nous découvrions, une volonté d’un réalisateur et de sa co-scénaristes Bérénice Vila de nous embarquer dans une sorte d’Odyssée moderne dans laquelle, les Français se reconnaissant dans le discours de De Gaulle vont refuser l’esprit collaborationniste de ceux fidèles à Pétain et à l’Antisémitisme d’usage. Celui qui nous avait déjà surpris avec son premier film : « Le Chant du Loup » (2019) nous prouve toutes les influences Hollywoodienne, en signant une narration épique, où il se permet même de faire rire avec De Gaulle et sa manière de suivre sans jamais s’arrêter une voie qu’il veut avant tout pour sauver son pays. Et même si, pour cela il doit assumer les brimades, les quolibets et les railleries des uns et des autres, sans parler des humiliations de la part de ceux qui étaient censé tenir l’avenir du monde dans leurs mains.
Et dans le premier opus, Antonin Baudry faisait de son biopic, une sorte de joute permanente entre De Gaulle et Churchill, tout en mettant en lumière les charges héroïques de ceux qui étaient en Afrique et qui, contre toute attente marquèrent un premier point lors de la fameuse bataille de Bir-Hakeim qui permit aux Anglais de se sortir d’une situation délicate et donna au Général De Gaulle sa première victoire face à ceux qui doutait de sa vision. Antonin Baudry déboulonnait ainsi la statue du Général pour le rendre humain, capable du doute, de l’inquiétude et de l’émotivité face à des situations dramatiquement héroïque. Mais là, où le réalisateur à su trouver le bon angle, c’est en racontant également l’impact du Général sur les populations et notamment sur la jeunesse soucieuse de ne pas courber l’échine face à l’envahisseur. Ces anonymes et d’autres plus célèbres qui payèrent de leurs vies cet attachement viscéral au pays. Il n’oublie pas non plus ceux venues des colonies que l’on a tendance a systématiquement oublier et qui versèrent leur sang également pour libérer le pays.
Et si le premier volume, manquait parfois, mais avec raison, de batailles, il ne manquait pas de panache, d’intelligence et d’une mise en scène précise qui montrait l’héroïsme sous toutes ses formes, que ce soient les soldats du Général Pierre Koenig, ou Fernand le jeune homme qui va se sentir galvanisé par les mots de De Gaulle, et entrera en résistance. Et si dans le « L’Âge de Fer », le Général De Gaulle apparaît comme le faiseur de Héros, dans « J’Ecris ton nom », Antonin Baudry, le rend plus combattif et déterminé à écarter tout ceux qui ont eut des liens avec Vichy ou qui ne verrait pas l’intérêt de la France comme priorité. Il devient, l’homme qui se bat contre tous, et n’a de cesse que de vouloir pousser ses alliés à la victoire et manipulera les uns et les autres pour arriver à ses fins et renverser une situation qui ne lui était pas acquise.
Plus épique, plus nerveux, « J’Ecris ton nom », c’est la preuve que ce réalisateur sait maitriser son sujet et utiliser toutes les inspirations pour rendre son film spectaculaire et captivant. On y trouve du Spielberg et du Coppola dans cette manière de recréer des batailles, de faire monter la pression. Certains plans font même penser à Michael Bay et « Pearl Harbor ». Il fallait de l’audace pour rendre tout cela spectaculaire comme un film Hollywoodien tout en racontant à travers de plusieurs plans, ou de plusieurs scènes les faces cachées de la seconde guerre mondiale avec les colonies, la collaboration qui s’accrocha au pouvoir jusqu’à la dernière minute, les alliés et ce qu’ils attendent du débarquement.
Pour Conclure « La Bataille De Gaulle : J’Ecris Ton Nom » est un film épique qui tient le spectateur en haleine du début à la fin et confirme le talent de son auteur à raconter des histoires tout en se les appropriant et en trouvant la bonne tonalité et le bon angle pour rendre justice au personnage de Charles de Gaulle, à son combat, mais également à ceux qui l’accompagnèrent à leur façon et qui permirent au général de faire gagner la France. Un film qui rend justice à la figure tutélaire, mais sait aussi la rendre humaine en levant des voiles de honte trop baissés sur des sujets encore difficiles dans le climat politique actuel. Une véritable réussite en deux volumes.