Donnez votre avis!
Images du film
Images des bonus

Tenet

Catégorie Cinéma
Genre Espionnage
Pays USA
Date de sortie 10/12/2020
Réalisateur Christopher Nolan
Avec John David Washington, Kenneth Branagh, Robert Pattinson, Elizabeth Debicki, Aaron Taylor-Johnson , Himesh Patel, Clémence Poésy, Michael Caine
Format Blu-Ray
Boitier Amaray
Producteurs Christopher Nolan, Emma Thomas, Andy Thompson
Scénaristes Christopher Nolan
Compositeur Ludwig Göransson

Critique de Guillaume Simon
Editeur Warner
Edition Standard
Label  
Zone / Région 2
Durée Film 150 min
Support
   
   

L'histoire

Un agent de la CIA participe à une mission au cours de laquelle il est sauvé par un homme utilisant une "balle inversée". Recruté plus tard pour une opération spéciale en lien avec cette mission, il est introduit au concept de l’inversion de l'entropie des objets, où les temporalités se croisent. Il doit alors faire face à une menace sans précédent et empêcher l'anéantissement de l'humanité par renversement temporel.

 

Critique subjective

Christopher Nolan à aujourd'hui un statut particulier au sein de l'industrie Hollywoodienne. S'il est parfois, de manière assez incompréhensible, comparé à Stanley Kubrick, il possède tout de même un point commun avec ce dernier. Il jouit en effet d'une liberté assez exceptionnelle dont peu de réalisateurs peuvent se targuer. Possédant presque une carte blanche de la part de Warner, peu de cinéastes ont en effet assez d'influence pour lancer un film tel que Tenet, projet original, non adapté d’une œuvre existante ou n'étant pas une suite, qui plus est avec un budget très important (plus de 200 millions de dollars) au scénario ambitieux et complexe alors que la tendance depuis des années est à la simplification parfois extrême.

Sur beaucoup d'aspects pourtant, Tenet restera comme l'un des films les plus risqué de la carrière de Christopher Nolan. Intrigue compliquée (pas insurmontable mais mieux vaut bien s'accrocher tout de même), pas de véritable star pour porter le film, budget élevé, froideur (pas d'humour ici), rien pour caresser le spectateur dans le sens du poil. Nolan a le film en tête depuis une dizaine d'année, et il nous présente ici son métrage pour lequel il aura sans doute fait le moins de concessions.

La hype autour du projet était grande, et, même si le film aura décontenancé de nombreux spectateurs, le pari aurait sans doute été remporté si la Covid 19 n'étant pas passé par là. Preuve supplémentaire de l'influence de Nolan, il aura réussit à imposer une sortie cinéma entre deux vagues de pandémie. Si l'essai est à saluer, le résultat s'est avéré très mitigé, laissant le film financièrement dans le rouge et majoritairement boudé par des spectateurs préférant pour le moment découvrir de nouveaux films chez eux via les plates-formes de streaming et au carrefour d'une industrie sans doute en pleine mutation. Le film méritait pourtant meilleur traitement.

L'une des premières choses qui saute aux yeux à la vue de Tenet est une influence majeure, celle de James Bond. Tenet est un film d'espionnage avant tout et tous les ingrédients sont là. Un agent secret, un antagoniste cherchant à détruire le monde, de l'exotisme, des allers et retours dans différents lieux et pays, des personnages féminins forts, un côté classieux... et évidement les scènes d'actions (celles de Tenet sont absolument spectaculaires et Nolan, qui n'a jamais été maître en la matière progresse enfin véritablement en la matière). L'intrigue elle-même s'en éloigne en revanche radicalement. Nolan reste Nolan est Tenet et à nouveau le reflet de ses obsessions.

Sur la base d'un concept original (un monde où certains éléments - objets ou personnages - sont en inversion temporelle par rapport aux autres, ils vivent à l'envers) il nous reparle encore de l'un de ses thèmes fétiches : le rapport au temps. Histoire racontée à rebours dans Memento, temporalités ralenties ou accélérées dans Inception, différentes selon les personnages dans Interstellar ou temporalités croisées dans Dunkerque pour ne citer que les plus évidents. Le concept est ici poussé à bout et requiert une attention particulière du spectateur et même une gymnastique de l’esprit afin de garder totalement le cap tant le film se joue de nous, s'amusant à brouiller nos repères de manière régulière. Si le scénario nous brouille parfois dans des digressions inutiles, compliquant encore une intrigue qui l'était déjà assez et donnant quelques faiblesses de rythme dont on se serait bien passé, le tout se tient dans une logique interne imparable. La mise en scène se joue du concept d'inversion temporelle, offrant des images et des idées pour ainsi dire jamais vues ou presque à l'écran. Nolan aura eu le temps de peaufiner son univers et sa logique qu'il pousse le plus loin possible avec le risque de laisser complètement sur le carreau les moins amateurs de son travail. Tenet a en effet tout d'un film somme pour le réalisateur qui devra sans doute se renouveller pour son prochain film sous peine de tomber dans une redite thématique dont il ne réchappe ici pas toujours.

Si le casting est de qualité, avec certains  habitués du réalisateur, souvent ici pour un petit coucou, on notera l'arrivée dans un premier rôle important dans un blockbuster de John David Washington (fils de Denzel) qui tient a barre sans problèmes avec une belle présence à l'écran dans un aplomb très Bondien, ici encore. Mais l’atout maître de Tenet à ce niveau reste Robert Pattinson, qui réussi l'exploit de nous faire définitivement oublier son passé de films pour adolescents dans le rôle du fidèle acolyte du héros (on est presque dans un buddy movie par instants). Un charisme qui laisse par moments entrevoir le meilleur pour le Batman à venir.

 

En conclusion

Film exigeant, parfois maladroit et inutilement verbeux, Tenet emporte finalement l'adhésion par son ambition énorme et son concept original et grisant. Véritable ode au film d'espionnage et hommage plus ou moins caché et volontaire à la saga James Bond, Tenet agacera les détracteurs du cinéma de Christopher Nolan autant qu'il enchantera ses plus fervents fans.



Définition
Couleurs
Compression
   
Format Vidéo 16/9 anamorphique couleur
Format Cinéma 2.35:1
   
   

Avant toutes choses, il faut noter que comme plusieurs autres films de Christopher Nolan nous allons ici régulièrement basculer entre deux formats suivant l'utilisation ou non du format IMAX. Ainsi l'image passe selon la scène du 2.20 au 1.77 et inversement, ce dernier correspondant donc au fameux IMAX, plus large et plus précis, privilégié pour les scènes spectaculaires. La chose peut au choix se révéler un peu déroutante au début ou on ne peut pas même le remarquer. On regrettera néanmoins que le film n'a pas été intégralement tourné en IMAX, chose rendue difficile par les couts que cela implique et la complexité accrue du tournage.

Dans les deux cas, l'image de Tenet est renversante. Le film déploie une esthétique très "réaliste", sans fioritures ou patine numérique. Le rendu est à l'avenant avec des couleurs splendides et surtout une profondeur des noirs exceptionnelle. La précision est tout simplement incroyable et aucun détails ne peut nous échapper. Une qualité exceptionnelle encore renforcée lors des scènes IMAX où tous les curseurs montent encore d'un cran, en particuliers une précision rendant beau à peu près n'importe quel plan. Tenet est bien à la hauteur de ses ambitions.


Langues  
Format  
Bonus  
Commentaires  
Spatialisation  
Dynamique  
Effets surround  
   
   
   
   
 
Langues Type Format Sous Titres Film Sous Titres Bonus Sous Tit. Comment. Spatial. Dynamiq. Surround
Anglais DTS HD Master Audio 5.1 Non Non Non Moyenne Bonne Bonne
Français DTS HD Master Audio 5.1 Oui Oui Non Moyenne Bonne Bonne

Si la qualité visuelle de Tenet risque bien de mettre tout le monde d'accord, la partie sonore est elle un peu plus complexe à aborder.

Techniquement, il n'y a rien à dire, le travail est ici aussi spectaculaire et impressionnant. Les pistes sonores, que ce soit en VF ou en VO, présentent de grandes qualités. Très dynamiques, elles pousseront votre installation dans ses retranchements notamment de par l'utilisation du caisson de basse. Certaines scènes, que ce soit le crash de l'avion, la poursuite en voiture ou le combat final en sont presque épuisantes d'un point de vue sonore. Bref, Tenet a tout du film que l'on pourra présenter à ses invités pour une démo de notre home-cinéma.

Seulement Tenet comporte aussi un écueil du point de vue sonore, et il n'est en rien technique mais découle d'une décision artistique de la part de Christopher Nolan. Il en a déjà été critiqué pour Interstellar et Dunkerke, il récidive ici, il s'agit encore du mixage. L'étrange choix de Nolan, à nouveau, est de mettre très en avant la musique et les effets sonores et de reléguer les dialogues assez souvent loin derrière. Résultat, on navigue souvent dans une certaine confusion rendant les propos des protagonistes difficiles à comprendre. Tenet étant de base un film qu'il faut impérativement suivre avec attention, cette décision rajoute encore une couche de complexité, par ailleurs pas spécialement utile et encore moins pertinente, à l'ensemble. C'est un choix de réalisateur, on aimera ou pas mais il affecte en tout les cas l'expérience du film.

Second visionnaire sur installation 7.2.6 (ampli audio-vidéo Marantz SR8015)

Nous avons également visionné Tenet dans une configuration Dolby Atmos 7.2.6 en activant l'excellent upmix DTS Neural:X. L'occasion de disperser les effets sonores en hauteur, avec 3 paires de canaux d'ambiance en hauteur à l'avant, au milieu et à l'arrière. Même si le mixage de Tenet en "simple" 5.1 est terriblement efficace, l'upmix permet une plus grande immersion sonore dans les nombreuses séquences qui impressionnent à l'écran (introduction, à l'aéroport, la course poursuite, le final). En cela, le son rejoint l'image IMAX dans une dimension encore plus spectaculaire, créant une expérience sonore encore plus puissante. D'ailleurs, il vaut mieux préparer ses enceintes et son voisinage car, et ce n'est pas nouveau du tout chez Nolan, les graves sont dévastateurs. Il vaut certainement mieux ajuster un peu à la baisse le caisson si vous êtes en appartement ou si votre caisson est "léger". Comme déjà signalé, les dialogues apparaissent en retrait sur certaines configurations mais dans notre expérience ultime nous n'avons pas trop ressenti cela, peut-être car l'égalisation opérée permet d'avoir l'équilibre idéal ? En tout cas c'est le signe que de provoquer un upmix en 13 canaux n'altère pas la lisibilité d'un mixage 5.1, notamment celui de Tenet. L'accompagnement musical s'étale encore plus et les effets sonores seront un peu moins directifs du fait de leur réplication sur les canaux supplémentaires. Dans le détail on observe que le DTS Neural:X analyse avec pertinence le signal 5.1, aiguillant vers les canaux avant la musique (principalement) et les effets sonores vers les canaux milieu et arrière, avec une intensité similaire évitant ainsi de dénaturer le 5.1 original.

 Si vous avez la chance d'avoir une configuration Dolby Atmos, avec une, deux ou trois paires d'enceintes en supplément, nul doute que vous aurez à cœur d'activer le DTS Neural:X et vous sentir bien plus proche de l'action qu'avec le simple mixage 5.1.


Supléments
Menus
Sérigraphie
Packaging
   
Durée Bonus 81 min
Boitier Amaray
   
   
   
  Livret
  Bande annonce
  Biographies
  Making of
  Documentaire
  Interviews
  Commentaire audio
  Scènes supplémentaires
  Fin alternative
  Galerie de photos
  Story board
  Multi-angle
  Liens internet
  Interface Rom
  Jeux intéractifs
  Filmographies
  Clips vidéo
  Bêtisier
  Bonus Cachés
  Court Metrage
  

Bonus 

Unique supplément en dehors du teaser et des trois bandes-annonces, et présenté sur un Blu-ray séparé de celui du film, le making-of de Tenet revient, sur une durée de 75 minutes sur la production du film en long, en large, en travers (mais pas en inversé).

Ce sont ainsi tous les aspects majeurs de la réalisation du film qui sont abordés au travers d'image de production, de tournage ou d'interviews des acteurs ou membres de l'équipe technique. Narré en partie par Christopher Nolan lui-même, visiblement largement impliqué dans la conception du documentaire, ce dernier prend parfois presque des allures de manifeste voir de confessionnal pour le réalisateur. Origine du projet (débuté il y a 10 ans), choix des acteurs, focus sur des séquences particulières, décors, costumes, scénario, explication du concept, tous est passé au crible sans jamais donner dans la redondance, faisant de ce making-of un supplément très intéressant au film.