La Chair et le sang

Catégorie
Cinéma
Titre Original
Flesh and Blood
Pays
USA
Date de sortie
19/04/2022
Réalisateur
Format
Blu-Ray
Boitier
Amaray
Producteurs
Gijs Versluys
Scénaristes
Gerard Soeteman et Paul Verhoeven
Compositeur
Basil Poledouris
Editeur
Edition
Standard
DureeFilm
126
Support
Critique de Emmanuel Galais

Europe de l’Ouest, 1501. Une troupe de mercenaires menée par le charismatique Martin est engagée par le seigneur Arnolfini pour l’aider à reprendre possession de son fief. En échange, il leur permet de faire main basse sur sa ville vingt-quatre heures durant. Mais Arnolfini ne respecte pas sa promesse et chasse la bande, qui jure de se venger. Pendant ce temps, le seigneur fait venir la jeune Agnes qu’il destine à son fils Steven. Le jour de leur rencontre, les mercenaires attaquent le convoi. Restée cachée, Agnes se retrouve aux mains de la terrible bande de Martin…


Le moins que l’on puisse dire c’est que Paul Verhoeven est un réalisateur atypique aussi adoré pour ses grands succès comme « Robocop » ou « Basic Instinct », que pour ses échecs comme « Showgirls » ou d’une certaine manière « The Hollow Man » (Même si je trouve que l’approche du réalisateur était pertinente !). Au début de sa carrière, le réalisateur a connu un immense succès en Hollande avec « Turkish Delices » (1973), déjà avec Rutger Hauer qui deviendra son acteur fêtiche jusqu’à « La Chair et le Sang » que le réalisateur porta à l’écran en 1985, grâce à société Orion, basée en Espagne. Ce film sera le premier de Paul Verhoeven en langue anglaise, c’est aussi celui qui synthétise beaucoup des thèmes que le réalisateur développera tout au long de sa carrière : Le sexe, la Violence et la Religion.


Réalisateur méticuleux et précis, Paul Verhoeven, a abordé son film « La Chair et le Sang » après un très gros travail de documentation. Après avoir lu un livre sur la Moyen-âge qui le présentait bien différemment de ce que Hollywood avait l’habitude de faire jusque-là, c'est-à-dire : Propre, romanesque et Prude, le réalisateur comprit bien vite, que la réalité était bien différente et que cette époque était beaucoup plus complexe qu’il ‘y paraissait, avec une société qui répondait à des codes sociétaux bien marqués et surtout que la violence et le sexe était indissociable de l’esprit guerrier de ces seigneurs et autres soldats qui passaient leurs temps à guerroyer. Précis dans ses demandes, le réalisateur qui après la controverse suscitée par son précédent film « Spetters », décide de se tourner vers les américains pour financer son projet. Ce sera la société Orion Pictures dont les bureaux sont basés en Espagne qui va lui donner sa chance. Ce studio qui connaitra ensuite un succès surprise avec « Terminator », accompagnera le réalisateur dans son premier gros succès aux Etats-Unis : « Robocop ».


Pour « La Chair et le sang », le réalisateur veut coller au plus près de ce qu’il a appris du moyen-âge. Il souhaite raconter une histoire de quête de pouvoir, de vengeance, de peste, de sexe et de religion. Surtout, avec l’aide de son scénariste Gerard Soeteman (Black Book), ils vont monter une intrigue dans laquelle, chaque personnage répond à sa place ans la société et où il n’y a pas réellement ni de héros, ni de méchant, pas de camps des gentils e celui des mécréants, mais des hommes et des femmes avides des même choses et répondant aux mêmes affronts par les mêmes armes. Précis dans sa reconstitution, mais un peu moins dans ses dialogues (Le réalisateur le confesse aisément en mettant en avant son de précision en langue Anglaise, à l’époque), Verhoeven livre une œuvre sans aucune concession, où le sale prend le dessus de propre, et où le sexe est aussi omniprésent que la violence. Chacun voulant sa part du butin, personne ne s’épargne al moindre bassesse pour arriver à ses fins.


Côté distribution, le constat est plus mitigé, avec des comédiens qui parviennent à garder une certaine nuance, ou une certaine dimension pour éviter la caricature et d’autres qui, au contraire le pousse un peu trop au point de se retrouver à côté de de la plaque, comme Susan Tyrell, une actrice qui passe son temps à faire des grimaces et à surjouer comme dans « Cry Baby » de John Waters. Mais ce qui était valable chez Waters, ne l’est malheureusement pas chez Verhoeven. En revanche si le couple Rutger Hauer (LadyHawke, la femme de la nuit) et Jennifer Jason Leigh (The Machinist) apparaît assez mal assorti c’est pour mieux garder une forme de décalage palpable entre l’instinct de survie de la jeune femme et la domination de Martin, le chef de la bande. Les deux acteurs sont impeccables de subtilité et de force dans des prestations physiques et difficiles. « La Chair e le Sang » est un film complexe dans sa construction, mais qui a le mérite de lever un voile moins édulcoré que ce que Hollywood tentait de nous faire croire à l’époque.


Définition
Couleurs
Compression
Format Vidéo
HD 1080p
Format Cinéma
2.35:1
Le travail de remasterisation est absolument remarquable avec des couleurs parfaitement bien tenues, particulièrement lorsque les scènes tirent sur le rouge ou jouent avec une luminosité un peu distendue. Particulièrement bien dosé, le support parvient à tenir la distance sur toute la durée du programme. Le film est débarrassé de ses défauts et nous donne ainsi un film puissant dans sa violence, comme dans sa reconstitution. Les environnements gagnent également en nuances.
Sous Titres
Notes
Langues
Film
Bonus
Com
Spatial
Dyn
Surr
Anglais
Oui
Oui
Non
Bonne
Bonne
Bonne
Français
Oui
Oui
Non
Bonne
Bonne
Bonne
La piste DTS-HD Master Dolby Digitale 2.0 en VO comme en VF offre une répartition honorable mais frustrante par un léger manque de précision et d’audace de la part des auteurs. Cela se fait ressentir dans certains dialogues qui manquent parfois de volume et dont la répartition est, certes, présente mais parfois trop discrète. 
Supléments
Menus
Sérigraphie
Packaging
Durée Bonus : 60 min
Livret
Bande annonce
Biographies
Making of
Documentaire
Interviews
Com. audio
Scènes sup
Fin alternative
Galerie de photos
Story board
Multi-angle
Liens internet
Interface Rom
Jeux intéractifs
Filmographies
Clips vidéo
Bêtisier
Bonus Cachés
Court Metrage

Des entretiens séparés avec le réalisateur Paul Verhoeven, le scénariste Gerard Soeteman et le compositeur Basil Poledouris. Chacun revient sur son expérience et la manière dont fut abordé l’histoire et sa participation à faire de ce film une réussite.


Ainsi qu’un livre de 160 pages, avec des photos et d’archives, que nous n’avons pas pu tester.