Indigènes

Sortie: 27/09/2006
Pays: France
Genre: Guerre
Durée: 2h10 Min
 
Réalisateur(s)
Rachid Bouchareb
Acteurs
Jamel Debbouze
Samy Naceri
Sami Bouajila
Roschdy Zem
Critique de Sebastien Keromen

Après 60 ans d’absence de reconnaissance, un film rend enfin hommage au rôle des combattants nord-africains de la deuxième guerre mondiale. Couronné par un prix d’interprétation à Cannes pour Jamel Debbouze, Samy Naceri, Sami Bouajila, Roschdy Zem et Bernard Blancan, Indigènes lance le débat.

Indigènes
France, 2006
Réalisateur
 : Rachid Bouchareb
Acteurs : Jamel Debbouze, Samy Naceri, Sami Bouajila, Roschdy Zem, Bernard Blancan
Musique de : Khaled, Armand Amar
Durée : 2h10

L’histoire
1943. L’armée française commence à repousser les nazis. Dans les troupes, des combattants d’Afrique du Nord défendent ardemment la liberté française. Mais ils doivent aussi affronter le regard et le comportement des métropolitains.






La critique


Le premier mérite de ce film, c’est d’exister. Quand on voit les 5 à 6 écrans de " Avec l’aide de… " ou " Avec la participation exceptionnelle de… " qui ouvrent la projection, on se dit que monter le film a dû être un véritable chemin de croix, et que ses auteurs ont eu une confiance inébranlable dans leur projet. Grâce à son existence, le sujet a pu être porté sur la place publique, être discuté et reconnu. Plus encore, il a contribué au devoir de mémoire que la France semble toujours avoir du mal à faire sur les sujets historiques où son rôle n’a pas été très reluisant. Voilà pour tout ce que le film a apporté, indépendamment de lui-même. Car il va bien falloir aussi parler du film en tant que tel.
Et là, le mérite est tout de même moindre. Sans être raté, Indigènes reste un film sans surprise, où vous ne trouverez rien que vous n’y auriez pas attendu. Le tout fait avec application et réussite, mais sans éclat, sans l’étincelle qui aurait fait rentrer le film dans une dimension supérieure. S’il est difficile de trouver un reproche à faire sur une scène, un acteur, une reconstitution, enfin sur chaque composant du film (à part une musique peut-être un peu grandiloquente, mais finalement pas trop envahissante), c’est l’ensemble qui ne convainc pas. Le film essaie de raconter à la fois l’histoire d’un régiment, l’histoire de quelques-uns de ses hommes, et l’histoire des rapports entre les Français métropolitains et ces fameux " Indigènes ". Il oublie un peu la grande histoire, ce qui ne gêne pas tant que ça, mais surtout peine à trouver un niveau de narration, enchaînant les grandes batailles, les dialogues un peu longuets, et les anecdotes. Côté didactique, il ne restitue que l’ambiance et les rapports humains entre ces troupes et les troupes métropolitaines, oubliant d’étayer le sujet de faits liés à ces troupes particulières (mis à part l’histoire même du film, apparemment authentique, quoique ce n’est pas précisé dans le film). Finalement plus un hommage et un devoir de mémoire qu’un cours magistral.





Prise séparément, chaque scène est plutôt réussie.
Les scènes de combat sont dans la norme (avec un travail sur le son très réussi et percutant), et à vrai dire la scène de combat qui m’a le plus impressionné n’est pas la plus ambitieuse, puisqu’il s’agit de la découverte et de l’exploration du petit village alsacien par les " Indigènes ", à la recherche d’éventuels occupants hostiles. Les discussions entre Indigènes et leurs échanges sur l’inégalité avec les métropolitains, ou leurs différentes relations, sont également plutôt bien vues, et les interprètes très crédibles. C’est vraiment quand on regarde l’ensemble qu’on s’aperçoit qu’on ne nous a pas vraiment raconté d’histoire, qu’on ne s’est pas vraiment attaché aux personnages, et que le film ne dégage pas l’émotion qu’il devrait susciter.

A voir : le plus important était que le film existe ; le voir, après, est moins important
Le score presque objectif : 7/10
Mon conseil perso (de -3 à +3) : +1, mais le film ne vous apprendra pas beaucoup plus que ce que vous en avez entendu dire, et ne vous procurera pas une grande satisfaction cinématographique

Sébastien Keromen