J’ai toujours rêvé d’être un gangster
Sortie:
26/03/2008
Pays:
France
Genre:
Durée:
1h50 Min
Réalisateur(s):
Acteurs:

J’ai toujours rêvé d’être un gangster

par: Sebastien Keromen



Du noir et blanc. Un film à sketches. Des gangsters de toute sorte. Édouard Baer, Anna Mouglalis, Jean Rochefort, et d’autres encore. Voilà un film qui ne ressemble à rien d’autre. Mais originalité est-il synonyme de succès ?

J’ai toujours rêvé d’être un gangster
France, 2008
Réalisateur
 : Samuel Benchetrit
Acteurs : Anna Mouglalis, Édouard Baer, Jean Rochefort, Jean-Pierre Kalfon, Alain Bashung, Arno
Durée : 1h50

L’histoire
Une cafétéria sur une nationale. Vont s’y croiser un vrai gangster pas doué, des apprentis gangsters malchanceux, des anciens gangsters en quête de nostalgie, des chanteurs qui jouent aux gangsters, sous l’œil d’une serveuse qui a sans doute toujours rêvé d’être un gangster…






La critique

J’AI généralement une inquiétude en allant voir un film à sketches (ou des courts-métrages) : même si la variété peut sembler la garantie d’avoir au moins un bout qui me plaît, ce bout est toujours trop court, et ceux qui ne me plaisent pas paraissent toujours trop long. Ici, on n’a que 4 segments, et heureusement un seul est raté (le troisième, le calamiteusement vide et insipide face-à-face entre Bashung et Arno). Cela laisse le temps à chaque histoire de se mettre en place. Seul regret sur le scénario : si un épilogue vient clore l’histoire de l’épisode 1 du film, les épisodes 2 et 4 resteront sans conclusion.
TOUJOURS est-il que ces séquences, même sans conclusion, et en dépit d’un rythme parfois à la limite du contre-rythme (ne rien faire qui puisse établir un rythme, laisser des silences, des plans longs et inutiles), sont bien plaisantes. Grâce aux acteurs, parfaitement justes, et aux dialogues, qui passent du nonsense au grotesque sans transition. La séquence de l’enlèvement, avec les deux apprentis-kidnappeurs pas doués, vaut son pesant de cacahouètes.
RÊVÉ-lé au cinéma par Janis et John, Samuel Benchetrit nous livre ici un petit film sans moyens mais qui ne s’interdit rien, comme des scènes en photos fixes, ou un passage en muet avec intertitres. Sans oublier un noir et blanc plus ambiance qu’artistique, et un format plus proche des proportions d’un écran de télé que de cinéma, permettant aux personnages en gros plan d’occuper tout l’espace.
D’ÊTRE drôle, le film peut s’en vanter, et certains passages sont assez irrésistibles, de situations loufoques en décalage subtil. Après une bande-annonce réussie (et c’était quand la dernière bande-annonce qui n’était pas un simple montage de scènes du film ?), le film ne déçoit pas, et évite le syndrome tous-les-gags-étaient-dans-la-bande-annonce.
UN petit mot sur la musique, faite de chansons qui fleurent bon les années 60 ou 70, ce qui continue à donner au film ce caractère de d’OVNI perdu au XXIe siècle, tout comme ses personnages.
GANGSTER en devenir ou ex-gangster, le film arrive à tenir une unité de ton, de sujet et même de lieu entre ses différentes histoires, et, à part les dix minutes perdues avec les deux chanteurs, tient le spectateur dans son monde barré et suranné. Une jolie surprise pour un joli petit film.

A voir : pour son originalité, ses acteurs, et son humour
Le score presque objectif : 7,5/10
Mon conseil perso (de -3 à +3) : +1, rien d’incontournable, mais vous ne regretterez pas

Sébastien Keromen