Un homme et son chien

Sortie: 14/01/2009
Pays: France
Genre: Drame
Durée: 1h35 Min
 
Réalisateur(s)
Francis Huster
Acteurs
José Garcia
Jean Dujardin
Francis Huster
Max Von Sydow
Jean-Paul Belmondo
Aurélien Wiik
Daniel Prévost
Jean-Marc Thibault
Nicole Calfan
Barbara Schulz
Rachida Brakni
Caroline Sihol
Pierre Mondy
Bruno Lochet
Michèle Bernier
Tchéky Karyo
Patrick Bosso
Françoise Fabian
Antoine Duléry
Charles Gérard
Jean-Luc Lemoine
Cristiana Reali
Micheline Presle
Critique de Sebastien Keromen
9 ans après son dernier film, et après son attaque cérébrale, revoici enfin Jean-Paul Belmondo au cinéma ! Alors, le grand Bebel est-il toujours aussi bon ? Mais surtout, n’a-t-il pas choisi un film encore plus mal en point que lui pour revenir ?

Un homme et son chien
France, 2009
Réalisateur
 : Francis Huster
Acteurs : Jean-Paul Belmondo, Julika Jenkins, Hafsia Herzi, Francis Huster, Jean Dujardin, Michèle Bernier, José Garcia, Patrick Bosso, François Perrot, Nicole Calfan, Antoine Duléry, Aurélien Wiik, Daniel Prévost, Françoise Fabian, Cristiana Reali, Tchéky Karyo, Bruno Lochet, Pierre Mondy, Jean-Marc Thibault, Micheline Presle, Charles Gérard, Max von Sydow, Caroline Sihol, Barbara Schulz, Jean-Luc Lemoine, Rachida Brakni
Musique de : Philippe Rombi
Adapté de
Durée : 1h35

L’histoire
Charles. Et son chien. Devant quitter l’appartement qui l’hébergeait, il se retrouve à la rue. Avec son chien. Que lui réserve la vie ? Et que réserve la vie à son chien ?




La critique

Voilà… Jean-Paul… Belmondo… Un vieil homme… … Usé par la vie… Il a un chien… Il appelle son chien « Mon chien »… … Non, pas d’autre nom… … Pas d’autre nom… Prenez donc deux minutes pour relire la phrase précédente en écoutant une musique lente au piano… … … … Alors… Le vieil homme ne sait pas où aller… … Mais avec son chien… « Mon chien »… … La vie est dure… Surtout pour un vieillard déraciné… … Et son chien… … … … Et vous, ça va ?
Voilà à quoi aurait pu ressembler l’ensemble de la critique si je l’avais écrite juste après le film. Tétanisé par un rythme de tortue asthmatique. Un rythme mou. Très mou. Très lent. Surtout en comparaison de, par exemple, un épisode de Derrick ou une course de chevaux morts. Lent à l’infini. Mais ça n’est pas si facile de faire quelque chose d’aussi lent. Ça se travaille. Alors chaque acteur prend au moins une ou deux secondes de silence avant de répondre, et les dialogues durent des plombes. Et même dans les monologues. Et quand on ne sait pas quoi dire, on peut toujours dire « mon chien ! ». En plus de cela, les dialogues se partagent entre des propos abscons et des phrases idiotes, et je ne saurais dire lesquels ont ma préférence. Faut aussi une musique qui ne risque de réveiller personne, quelques instruments classiques joués pas trop fort et pas trop vite.




Pourtant le film aurait dû avoir des atouts. À commencer par la présence de Belmondo. Il a toujours son charisme et son sourire, son visage buriné et sa moue boudeuse. On est content de le retrouver. Mais il semble avoir beaucoup de mal à s’exprimer. Peut-être est-ce juste pour ce personnage (et donc il joue), peut-être est-ce vraiment lui, difficile à dire mais on est un peu mal à l’aise, on se demande s’il aurait vraiment dû revenir, malgré le talent qu’il démontre encore ici. Face à lui, plein d’acteurs, des vieux, des jeunes, des gars, des filles, et tous avec des rôles transparents et des apparitions qui tiennent beaucoup plus du cameo que du rôle. Seuls les rôles de la femme (on saura jamais trop qui elle est) et de la bonne sont un peu plus développés, mais ça ne suffit pas à faire une histoire, tout au plus des anecdotes.




Alors on suit Belmondo parler doucement à quelques personnes qui vont répondre lentement, après un temps de réflexion, quelque chose qui n’a que rarement de rapport avec la question. Le scénario enfile ces scènes sans logique, parfois de façon pas très claire (j’ai toujours pas compris pourquoi le chien n’était pas resté à la maison d’accueil pour chiens), et aussi peut-être on s’en fout complètement. Seule la dernière scène aurait pu apporter un peu d’émotion, mais comme on l’attend depuis le début puisqu’elle ouvre le film (le film commence sur la dernière scène, puis reprend au début pour arriver finalement à cette dernière scène. Oui, et en plus ça sert à rien), ça désamorce un peu le tout. Alors on essaie de résister au sommeil, on essaie en vain de s’intéresser, et on sort abruti et abasourdi de devoir revenir à la vie réelle, celle où le temps avance d’une seconde par seconde.

A voir : pour les insomniaques, ou peut-être pour remplacer une anesthésie, à la rigueur pour retrouver Jean-Paul Belmondo, mais à la rigueur
Le score presque objectif : 4/10
Mon conseil perso (de -3 à +3) : -3, vraiment je ne vois aucune raison de conseiller ça à aucun humain. Et à aucun chien.

Sébastien Keromen