300 : La naissance d'un Empire

300: Rise of an Empire
Sortie: 05/03/2014
Pays: USA
Genre: Fresque historique
Durée: 102 Min
 
Réalisateur(s)
Noam Murro
Acteurs
Eva Green
Lena Headey
Rodrigo Santoro
Sullivan Stapleton
Jack O’Connell
Andrew Tiernan
Critique de Bruno Orru

Le synopsis
Le général grec Thémistocle tente de mobiliser toutes les forces de la Grèce pour mener une bataille qui changera à jamais le cours de la guerre. Il doit désormais affronter les redoutables Perses, emmenés par Xerxès, homme devenu dieu, et Artémise, à la tête de la marine perse…





L'extrait : saisissez votre chance


La critique
En 2007, 300 sortait sur les écrans du monde entier, permettant à des millions de spectateurs de découvrir l’histoire héroïque du roi Léonidas et de ses 300 compagnons qui avaient péris devant les dizaines de milliers de soldats du dieu-roi Xerxès. Le véritable choc était visuel et était lié à la direction de Zack Snyder, scénariste et réalisateur du film. Snyder emploi alors des techniques de tournage novatrices qui deviennent une véritable marque de fabrique. Les décors sont totalement virtuels et la captation des acteurs souvent via des caméras à très haute vitesse permettant de livrer des ralentis époustouflants.




Ralentis et têtes coupées
Même si Snyder se limite dans ce nouveau film à cosigné le scénario, la direction de Noam Murro va reprendre la méthode de tournage ; 300 : La naissance d'un Empire se révèle par conséquent en cohérence visuelle complète avec l’original…  les décors (principalement la mer en fait dans ce film) semblent tout droit sortir d’un imaginaire… sanglant. En effet, au-delà des nombreux ralentis (trop ?) le nouveau réalisateur ne radine vraiment pas sur les giclées d’hémoglobines et parsème le récit par une quantité hallucinante de têtes coupées.




Totale fiction
Si 300 : LA NAISSANCE D’UN EMPIRE semble proposer un trame historique, il n’en est rien.  Cette histoire d’un général athénien, Thémistocle (Sullivan Stapleton), qui a mené la flotte grecque dans la guerre contre les Perses dirigés par cette femme Artémisia (Eva Green) est totalement fictive. Cela n’excuse en rien une trame scénaristique simpliste et totalement prévisible mais nous ne sommes pas devant l’écran pour voir un film d’auteur.
De fait, les instants de bravoure sont multiples et le réalisateur remplit plutôt bien son contrat de noyer nos yeux sous des litres de sangs qui ont d'ailleurs tendance à éclabousser la caméra (effet 3D nul par ailleurs).
Oui, le film est violent mais cette outrance visuelle permet rapidement de se détacher de tout aspect voyeur et c’est plutôt un sourire qui accompagne la vision plutôt qu’une grimace de dégoût. 
Reste que si le film est une fiction complète, les Perses n’ont pas encore le beau rôle dans ce récit et l’on peut s’attendre à de nombreuses protestations, comme ce fut le cas lors de la sortie de 300.










Pas marrant du tout
Coté performance d’acteur s’affrontent un (presque) inconnu et une habituée des récits fantastiques. Pour défendre les Grecs on découvre Sullivan Stapleton (Strike Back) en leader semi charismatique qui manie parfaitement le glaive. Face à lui ce n’est pas le Xerxès qui fait la loi mais Artémisia campée par une Eva Green totalement délurée, voire semi dénudée dans une des rares séquences ou l’humour tente une immersion. C’est sans doute l’un des reproches que l’on peut faire à ce film… si le second degré est absolu, il est cependant totalement dénué d’humour, voire de répliques mémorables.


3D molle
Le film est proposé en version 3D. Si celle-ci apporte un certain volume dans les plans rapprochés, les nombreux plans larges font ressortir une 3D mollassonne qui ne convainc guère. Dommage, il y avait certainement matière à expérimentation.

Film honnête dans son genre et sans mauvaise surprise.
Au final, on ressort de la séance avec le sentiment que Noam Murro, le remplaçant de Snyder, à accompli son devoir en proposant une identité visuelle similaire et un scénario, certes basique, mais qui permet de se régaler des muscles des valeureux guerriers Grecs ou Perse et de constater que l’époque était clairement au tranchage de gorge (à minima) et à la coupe de tête. Vous voilà prévenu.