Taxi 5

Sortie: 11/04/2018
Pays: France
Genre: Comédie
Durée: 102 Min
 
Réalisateur(s)
Franck Gastambide
Acteurs
Bernard Farcy
Sabrina Ouazani
Franck Gastambide
Malik Bentalha
Salvatore Esposito
Critique de Emmanuel Galais
Sylvain Marot, super flic parisien et pilote d’exception, est muté contre son gré à la Police Municipale de Marseille. L’ex-commissaire Gibert, devenu Maire de la ville et au plus bas dans les sondages, va alors lui confier la mission de stopper le redoutable « Gang des Italiens », qui écume des bijouteries à l’aide de puissantes Ferrari. Mais pour y parvenir, Marot n’aura pas d’autre choix que de collaborer avec le petit-neveu du célèbre Daniel, Eddy Maklouf, le pire chauffeur VTC de Marseille, mais le seul à pouvoir récupérer le légendaire TAXI blanc.

Le réalisateur de « Les Kairas » et « Pattaya », Frank Gastambide, s’empare d’une licence majeure de l’univers de Luc Besson « Taxi ».  Et comme pour bien marquer son appartenance à la saga et non pas signifier une sorte de « reboot » mal amené, ce nouvel épisode s’appelle « Taxi 5 : La relève ». Alors forcément lorsque l’on aborde une telle entreprise, il faut soit en être fan, comme cela fut le cas, dans une autre mesure pour la sage « Star Wars » avec J.J. Abrams, soit être amateur d’un style de film un ado attardé et amateur de vitesse. Et Franck Gastambide, autant le dire sans attendre, s’en sort plutôt bien avec un scénario assez simpliste, qui a fait le succès, mais qui a également causé la perte de la saga, qui a le mérite de ne pas se croire supérieur à son public et qui lui permet, au contraire, en utilisant les ficelles d’autres acteurs/Réalisateurs de jouer sur les oppositions amusantes entre les régions, particulièrement entre Paris et Marseille, d’embarquer les plus réticents dans son aventure.

Alors, évidemment pour que la saga fonctionne, il fallait forcément une mise en scène énergique et inventive, qui puisse mettre en valeur à la fois l’environnement Marseillais, mais également, cette soif de vitesse qui a fait le succès de la série, sans pour autant négliger l’humour qui doit toujours être présent, pour ne pas dire dominant. Et de ce côté-là le réalisateur ne manque pas de talent et sait imposer un style et une rigueur qui, associée à Stéphane Kazandjian (Pattaya) et à Luc Besson (Valerian) lui-même, porte le film au meilleur de ce qu’a pu être « Taxi » dans les deux premiers épisodes. On s’amuse fortement, on se laisse aisément enivré par la vitesse particulièrement excessive des scènes de poursuites et l’on comprend aisément que le réalisateur soit fan de la saga, mais également de « Fast and Furious », avec ses belles voitures et ses pilotes hors pair.

Mais bien évidemment, cette critique n’en serait pas une sans une ou deux remarques acerbes qui viennent faire le contre-poids d’un film forcément attendu avec une certaine appréhension. D’abord ce qui gêne dans « Taxi 5 » ce sont des scènes totalement inutiles qui semblent venues là pour combler le trou d’un scénario qui ne semble pas avoir beaucoup d’idées. Du coup, lors d’un coup de filet raté, des voitures s’empilent sans véritables cohérence ni explications, comme si le réalisateur avait eu l’obligation d’empiler des voitures. Pareil en ce qui concerne le passé des protagonistes d’origine : Emilien et Daniel, dont on ne sait pas grand-chose, seulement deux phrases emportées « à l’arrache », histoire d’éluder la question. Et puis forcément, on peut toujours reprocher au film un manque de matière dans un scénario qui devait tenir sur une feuille de papier A4, tant l’histoire est très vite emballée, aussi vite que le fameux taxi dépasse la vitesse autorisée.

Bon, il n’en demeure pas moins que les amateurs prendront un évident plaisir à plonger dans les aventures de ce nouveau duo emmené par Franck Gatambide (Les Kairas) et Malik Bentalha (La Vache). Le duo fonctionne parfaitement et si le premier s’offre le rôle du plus sage des deux, Malik Bentalha nous illumine de son énergie et son phrasé qui n’est pas sans rappeler un certain Jamel Debouze dans une autre vie. Sans oublier Bernard Farcy (Le Vilain) toujours aussi déjanté dans le rôle de Gibert, devenu maire mais toujours aussi dépassé par les évènements. Pour les amateurs, « Taxi 5 » est une belle réussite, pour les autres le constat est plus nuancé mais on passe tout de même un excellent moment sans s’ennuyer un seul instant.