Wolfboy
The True Adventures of Wolfboy
Sortie:
15/02/2022
Pays:
USA
Genre:
Durée:
88 Min
Réalisateur(s):
Acteurs:

Wolfboy

Verdict: Bon

par: Emmanuel Galais


Paul, 13 ans, souffre d’hypertrichose, une maladie qui entraîne une pilosité envahissante sur l’ensemble du corps. Raillé pour son apparence, Paul décide de partir à la recherche de sa mère, qui l’a abandonné à sa naissance. Avec ses compagnons Aristiana et Rose, son voyage à travers les contrées du New Jersey l’emporte dans une folle aventure pleine de rencontres surprenantes...


Premier long métrage du réalisateur Tchèque Martin Krecji, « Wolfboy » se base sur un scénario écrit par Olivia Dufault, qui avait déjà travaillé sur la série « Preacher » ou encore sur la série dérivée des X-Men : « Légion ». Ici, en toute simplicité, comme si le film était une production européenne, le scénario va suivre en toute simplicité le parcours initiatique d’un jeune garçon à la pilosité particulièrement fournie, qui le fait ressembler à un animal : Un chien ou un loup selon la perception. Une apparence qui suscite chez les autres, le dégout, la peur ou le mépris et peut déchainer parfois, souvent des réactions violentes de la part des plus ignorants et des plus intolérants.


Nous l’aurons bien vite compris, « Wolfboy » est avant tout une réflexion sur la tolérance et le respect de la différence, puisque le scénario ne va simplement s’arrêter à l’apparence du jeune homme, mais va parfois, s’offrir une sortie de route pour aborder également des sujets d’actualité comme le non-genre. Et si parfois, le scénario a tendance à se perdre dans des facilités d’usage, comme la présence d’un cirque présentant des personnages aux apparences non classées, dans un « Freak Show » intemporel, ce n’est que pour enfoncer le clou du discours visant à dire : Soit tu assumes ton apparence de bête de foire, soit tu accepte une vie de harcèlement et de souffrance. Un langage bien vite démonté par les rencontres que va faire le personnage tout au long de son périple et qui consiste à prôner plutôt la tolérance et le changement de mentalité que la résignation.


Et pour sa première mise en scène, Martin Krecji, va trouver le bon angle et la bonne manière de filmer. A commencer par une simplicité désarmante qui va d’abord commencer par rendre intemporel l’environnement du héros. Assez proche de nous et en même temps totalement rétro pour mieux amener le spectateur à se concentrer sur le héros et sur ses rencontres que sur la temporalité. Comme dans une bulle, les personnages évoluent et tentent de se comprendre et de faire comprendre aux spectateurs que le jugement est facile alors que la tolérance l’est tout autant pour un peu que l’on se débarrasse de ses préjugés. Chapitré comme une histoire médiévale, le film aurait pourtant gagné en fluidité, s’il n’avait pas ces cartons de chapitres nous annonçant ce qu’il devait advenir dans la suite du film.


En conclusion, « Wolfboy » est un film attachant, sans effet extraordinaire, qui vient aborder le thème de l’intolérance et de l’acceptation de soi. Un voyage initiatique, jamais redondant et jamais tourné vers la surenchère, bien au contraire. A part quelques erreurs de mise en scène ou de choix narratif, comme l’utilisation du chapitrage ou encore le cirque « Freak Show », qui peut faire penser à une déviance vers la caricature (Il n’en n’est rien !), le film est une belle réussite, qui brille notamment par l’interprétation toute en sobriété du jeune Jaeden Martell (Ca Chapitre 1 et 2).

A découvrir directement en VOD.