Black Panther : Wakanda Forever
Sortie:
09/11/2022
Pays:
USA
Genre:
Durée:
162 Min
Réalisateur(s):
Acteurs:

Black Panther : Wakanda Forever

Verdict: Excellent

par: Emmanuel Galais


La Reine Ramonda, Shuri, M’Baku, Okoye et les Dora Milaje luttent pour protéger leur nation des ingérences d’autres puissances mondiales après la mort du roi T’Challa. Alors que le peuple s’efforce d’aller de l’avant, nos héros vont devoir s’unir et compter sur l’aide de la mercenaire Nakia et d’Everett Ross pour faire entrer le royaume du Wakanda dans une nouvelle ère. Mais une terrible menace surgit d’un royaume caché au plus profond des océans : Talokan.


S’il y avait bien un film attendu cette année, c’était bien ce « Black Panther : Wakanda Forever ». Non pas seulement parce le précédent fut l’un des plus gros succès de toutes les licences Marvel, ni parce qu’il se termine par la première chanson de Rihanna depuis près de 8 années, ni parce que le héros devait se confronter à un autre danger, non tout simplement « Black Panther : Wakanda Forever » était attendu car Disney et Marvel avaient fait planner le mystère, jusqu’à la dernière bande annonce, sur celui ou celle qui incarnerait le personnage suite à la disparition de son interprète d'origine : l’acteur Chadwick Boseman. Une disparition qui avait suscité une vague d’émotion partout dans le monde, tant l’acteur était resté discret sur sa maladie, mais également au cœur du studio qui ne se voyait pas remplacer l’acteur par un autre.


Avec Ryan Coogler (Creed III), toujours à la manœuvre, ce deuxième volume des aventures du roi du Wakanda, suscitait donc bon nombre de spéculations et les réponses sont enfin données, ou presque, puisque la scène post-générique en laisse une en suspens. Ici, donc le Wakanda est menacé par un nouveau danger qui tente de profiter de la faiblesse du pays suite à la disparition de son roi. C’est d’ailleurs avec une certaine sobriété et une grande intelligence que le scénario, que le réalisateur a signé avec Joe Robert Cole (All Day and a Night), aborde le sujet. Jamais pesant ni trop pathos sur la mort du roi, pour se concentrer sur les faiblesses du royaume, suite aux dégâts qu’a laissé Killmonger lors de son passage dans le précédent volume. Ce qui surprend d’emblée dans le scénario c’est que nous sommes dans un monde dominé majoritairement par les femmes, ce qui est une bonne nouvelle lorsque l’on sait que le monde des Super-Héros est majoritairement masculin, et même si dans le précédent opus, elles avaient une place importante, ici elles sont au centre de l’intrigue et particulièrement Shuri qui va devoir tenter de trouver le moyen de sauver le Wakanda tout en attendant que soit nommé le nouveau Black Panther. Et c’est l’autre grande surprise de ce nouvel opus, car nous pouvions nous ’attendre à une guerre des clans, une lutte fratricide ou à une descendance plus ou moins directe, qui viendrait rebattre les cartes, et bien non, le scénario a décidé d’aller dans une autre direction et cela nous va bien. Le danger est ailleurs, même si toujours dans les alentours du pays avec une connexion directe, mais il ne tourne pas autour de la succession au trône. Et même si la bande annonce levait une partie du voile sur le secret, il reste encore suffisamment de surprise pour nous surprendre.


Question mise en scène, le film garde une esthétique redoutablement efficace, entre modernité, High-Tech et culture ancestrale qui lui donne cette atmosphère si particulière et si attachante aux vues des autres films. Moins dosé en humour que le précédent, il reste un divertissement parfaitement maitrisé que Ryan Coogler dirige d’une main de maitre. Il nous offre notre lot de moments épiques et de plans d’une grande beauté qui rivaliseront certainement avec ceux d’« Avatar 2 » de James Cameron à venir en Décembre. A la fois dynamique et sachant prendre son temps, la mise en scène ne souffre d’aucune longueur et a l’intelligence de ne pas se laisser aller à des scènes trop larmoyantes pour, au contraire, répondre, mine de rien, à l’attente de ses spectateurs, à savoir l’action qui doit nous tenir en haleine et une dynamique qui doit nous faire oublier les 2h42 que dure le film. Œuvre féministe ou simplement œuvre de transition, il n’en demeure pas moins que « Black Panther : Wakanda Forever » réussit  une nouvelle fois, l’exploit de maintenir une licence au plus haut niveau. J’irais même jusqu’à dire qu’il parvient à effacer en 2h42 de film quasiment l’ensemble des productions sérielles que nous propose la plateforme Disney + , sur laquelle le film a failli sortir uniquement.