Astérix et Obélix : L'Empire du Milieu

Verdict: Très Bon

par: Emmanuel Galais



Nous sommes en 50 avant J.C. L’Impératrice de Chine est emprisonnée suite à un coup d’état fomenté par Deng Tsin Quin, un prince félon. Aidée par Graindemaïs, le marchand phénicien, et par sa fidèle guerrière Tat Han, la princesse Fu Yi, fille unique de l’impératrice, s’enfuit en Gaule pour demander de l’aide aux deux valeureux guerriers Astérix et Obélix, dotés d’une force surhumaine grâce à leur potion magique. Nos deux inséparables Gaulois acceptent bien sûr de venir en aide à la Princesse pour sauver sa mère et libérer son pays. Et les voici tous en route pour une grande aventure vers la Chine. Mais César et sa puissante armée, toujours en soif de conquêtes, ont eux aussi pris la direction de l’Empire du Milieu…


Le premier évènement cinématographique français arrive sur nos écran le 1er Février, il s’agit bien évidemment d’ « Astérix et Obélix : L’Empire du Milieu », une aventure originale, non tirée d’un album des aventures de nos irréductibles gaulois, mais venue de l’esprit et de la main de Guillaume Canet, Philippe Mechelen (Les Tuche) et Julien Hervé (Le Doudou). Nos amis sont donc demandés à l’aide par une princesse chinoise menacée par un prince félon et son conseiller aussi féroce que fourbe : Ri Qi Qi. N’écoutant que leur courage et leur envie d’aventures, les deux amis accompagnés de leur chien vont prêter main forte à la guerrière Tat Han et à au marchand phénicien qui l’accompagne : Graindemais pour protéger la princesse et la ramener auprès de l’impératrice. 


Le film de Guillaume Canet est certes inégal, notamment par l’amoncellement de guests qui sont venus faire des caméos durant tout le film sans que cela soit réellement nécessaire, si ce n’est de susciter l’intérêt des différents publics qui sont susceptibles de se déplacer pour venir voir le film. Mais loin de sombrer dans les pièges du grand vide qui fut « Astérix et Obelix aux Jeux Olympiques » de Thomas Langmann en 2008, qui pêchait par une certaine prétention et en avait oublié le principal :  Une véritable folie et une connaissance de l’humour d’Uderzo et Goscinny pour pouvoir donner vie aux héros et emballer le public. Ici, nous ne sommes pas très loin de l’œuvre d’Alain Chabat en 2001, où le réalisateur et son équipe avaient su donner une saveur que l’on pouvait retrouver dans les BD et lui donner un sens avec des anachronismes assumés et des multitudes de gags scénaristiques et visuels que plusieurs visionnages permettaient de découvrir.


Ici, Guillaume Canet s’amuse à tourner à hauteur d’enfant, en se centrant sur les deux personnages principaux que sont Astérix et Obélix, d’abord deux amis, qui se chamaillent, se réconcilient et se soutiennent comme deux frères. Et ce parti pris de garder une âme d’enfant, permet également de donner une nuance particulière aux personnages  qui gagnent, d’un seul coup en profondeur, et cela se voit surtout sur Obélix qui était souvent oublié parce que trop écrasé par le charisme de son interprète Gérard Depardieu. Et c’est d’ailleurs ce choix de créer une histoire totalement nouvelle reprenant les codes narratifs habituels de la BD : Les banquets, les Romains, les pirates et les voyages que tout prend son sens. Car le réalisateur en profite pour faire douter Astérix sur son existence, et offre à Obélix une romance différente de celle, platonique et sans lendemain qu’il entretenait dans la BD avec Falbala.


Et pour parvenir à ses fins, Guillaume Canet a su s’entourer de ses fidèles compagnons de routes, à commencer par Gilles Lellouche (Bac Nord) particulièrement convaincant en Obélix et qui sait lui donner cette naïveté et cette drôlerie qui lui manquait finalement dans les précédents opus. Ici, le personnage est plus présent et moins écrasé par son ami et la prestation de Gilles Lellouche lui apporte toute la nuance nécessaire. Guillaume Canet (Les Petits Mouchoirs) semble beaucoup s’amuser à jouer Astérix et s’écarte largement du jeu de Christian Clavier (Astérix et Obélix Mission Cléopâtre) pour le rendre moins caricatural et plus en phase avec la BD. Face au duo nous retrouvons un Vincent Cassel (Le Pacte des Loups) Impérial en César, et une Marion Cotillard, très peu convaincante et particulièrement irritante en Cléopâtre. Dans les petits nouveaux Jonathan Cohen (La Flamme) fait le job et nous fait hurler de rire comme le fit Jamel Debbouze dans « Astérix et Obélix Mission Cléopâtre », mais de la même manière que son prédécesseur, nous sert à nouveau le même personnage, ce qui fonctionne toujours, mais commence à interroger sur les capacités de l’acteur à jouer autre chose.


Pari gagné donc pour Guillaume Canet et son « Astérix et Obélix : L’Empire du Milieu », qui nous entraine dans une aventure originale, et parvient à se hisser juste derrière le film de Chabat, par son approche du héros et son envie de le sortir un peu des codes, notamment en le faisant douter sur son existence. Les anachronismes sont tout aussi savoureux et il faut parfois être attentif pour tous les percevoir. Un très bon point, donc pour cette nouvelle aventure, même si le film n’est pas parfait. Nous nous amusons beaucoup et nous rions énormément.