Le Marsupilami

Verdict: Excellent

par: Emmanuel Galais



Pour sauver son emploi, David accepte un plan foireux : ramener un mystérieux colis d’Amérique du Sud. Il se retrouve à bord d’une croisière avec son ex Tess, son fils Léo, et son collègue Stéphane, aussi benêt que maladroit, dont David se sert pour transporter le colis à sa place. Tout dérape lorsque ce dernier l’ouvre accidentellement : un adorable bébé Marsupilami apparait et le voyage vire au chaos ! La bande à Fifi est de retour et elle s’est fait un nouveau copain…


Adapter une bande dessinée, n’es jamais une chose facile, ni un gage de réussite. On a pu le voir avec « Lucky Luke » qui passa dans les mains de Terence Hill en 1991, ou encore de James Huth en 2009 avec Jean Dujardin dans le rôle-titre. Il y eut aussi, « Michel Vaillant » en 2003 dirigé par Louis Pascal Couvelaire, « Blueberry » en 2004 par Jan Kounen, même Spielberg essuya un échec avec « Tintin » en 2011, et puis bien-sûr les « Astérix et Obélix », dont le master pièce reste « Mission Cléopâtre » d’Alain Chabat en 2002, qui écrasa la concurrence. Toutes les adaptations précitées ont en commun d’avoir été plus ou moins boudé par le public, déçu de ne pas retrouver l’atmosphère de leur héros ou de ne pas en avoir compris la véritable mécanique. Seul Chabat avait su mettre tout son savoir-faire et donné ainsi au couple de Gaulois toute la folie anachronique nécessaire à sa réussite. Fort de ce succès, il s’était alors lancé dans l’adaptation d’un autre personnage mythique de la BD : Le Marsupilami avec « Sur la piste du Marsupilami » en 2012, toujours avec Jamel Debbouze. Mais son adaptation n’avait pas laissé une trace indélébile et la créature jaune et noire repartie dans les rayons des Bandes dessinées. Mais voilà qu’en ce début d’année 2026, nous arrive une nouvelle version, signée de la Bande à Fifi avec Philippe Lacheau en chef d’orchestre. Une annonce qui laisse un dubitative, même si leurs films ont déplacé les foules, le ratage de l’adaptation de « Nicky Larson » donnait l’impression d’un manque de renouvellement et d’inspiration du groupe.


Commençons donc, par un peu d’histoire : Le Marsupilami est une créature créée par Franquin en 1952 dans les aventures de « Spirou et Fantasio », qui a la particularité de posséder une force herculéenne et une queue immense qui lui permet, à la fois de se déplacer et d’interagir avec son environnement, mais également de se battre ou de se défendre. Jaune avec des tâches noires, il pour son cri reconnaissable : « Houba Houba ». C’est un ami fidèle mais aussi un adversaire redoutable pour ceux qui s’y frotteraient. Et dans cette nouvelle aventure, le Marsupilami, tout juste sorti d’un œuf va faire la connaissance d’un couple Tess et David, en difficulté sentimentale et de leur petit garçon Léo au milieu de tout cela. Mais une bande de brigands qui veulent s’emparer du Bébé Marsupilami et vont semer le chaos autour de la famille.


Et donc la réponse que tout le monde se pose au sujet de cette adaptation par La Bande à Fifi du « Marsupilami », est : Oui cette adaptation est une réussite, car, comme Chabat avec « Mission Cléopâtre », le réalisateur et son équipe ont su mettre leur style et leur humour au service du personnage et non l’inverse. Alors, bien sûr, cela va certainement surprendre les parents qui vont y emmener leurs enfants, mais Lacheau a l’intelligence de s’adresser aux deux publics, et si les parents riront sans se retenir mais en ayant un petit sentiment de honte d’avoir emmené les enfants face à certains gags de la bande, force est de constater que les enfants y trouvent leur compte aux vues des rires nourris et à gorges déployées des petits que l’on peut entendre dans la salle. Avec une ribambelle de personnages tous plus hilarants les uns que les autres, le réalisateur et ses amis, ne s’interdisent rien et, tout en gardant leur âme d’enfant, ils vont nous plonger dans une aventure qui démarre doucement tout en posant les premiers signes de ce vers quoi le film va se diriger, un grand bazar où les gags s’enchainent et où le réalisateur va même nous offrir quelques référence hilarantes au cinéma des années 80 comme « E.T. », « Gremlins » ou « Top Gun » (L’une des scènes les plus drôle du film) et même dans la suite d’un gag à destination des parents, une référence à « Kill Bill » de Tarantino.


Le jeu de la distribution ne sonne pas toujours juste, mais cela participe au style de la bande et trouve toujours son chemin pour nous faire rire. Car ce qui est toujours amusant avec les films de Philippe Lacheau et de ses amis, c’est qu’ils utilisent des gags souvent vus dans d’autres comédies, mais avec un sens de la mise en scène qui parvient à chaque fois à nous surprendre et à provoquer des rires nourris. Ici, le réalisateur nous fait retrouver un Jamel Debbouze (Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre) à son meilleur et comme nous ne l’avions pas vu depuis bien longtemps, et cela fait du bien ! Alors ne vous posez pas de question et courrez voir « Le Marsupilami » de Philippe Lacheau et sa bande. En ces temps sombres, il s’agit du meilleur remède contre la morosité ambiante.