Les Enfants de la Résistance

Verdict: Médiocre

par: Emmanuel Galais



Pendant l’occupation allemande durant la Seconde Guerre mondiale, François, Eusèbe et Lisa, trois enfants courageux, se lancent dans une aventure secrète : résister aux nazis en plein cœur de la France. Sabotages, messages cachés et évasions périlleuses, ils mènent des actions clandestines sous le nez de l’ennemi. L’audace et l’amitié sont leurs seules armes pour lutter contre l’injustice.


Le réalisateur des « Choristes » , revient donc pour une nouvelle adaptation d’une œuvre littéraire, populaire et souvent utilisé dans le milieu scolaire : « Les Enfants de la Résistance ». Cette BD de Benoit Ers et Vincent Dugomier ne relate pas une histoire vécue, mais part du principe que si les adultes s’étaient levés durant cette période trouble de la Résistance, rien ne dit que des enfants n’aient pas eu l’idée de le faire à leur manière, notamment lorsqu’ils voyaient ce que les Allemands faisaient à leurs parents et amis. Et donc, pour ce réalisateur qui a déjà beaucoup travaillé avec des enfants dans ses œuvres précédentes « Les Choristes » (2003), « Faubourg 36 » (2008), « La Nouvelle Guerre des Boutons » (2011) ou encore « Envole-Moi » en 2020, les éléments étaient là pour qu’il se sente à l’aise d’autant que le réalisateur à toujours aimé traiter de cette période difficile de la Seconde Mondiale, notamment parce ce fut un sujet très marquant dans sa famille.


Assisté de Stéphane Keller (La Nouvelle Guerre des Boutons), le réalisateur signe un scénario assez limpide, qui laisse une porte ouverte à une suite, mais surtout qui tourne autour de ces trois gamins qui vont donc se donner pour mission de réveiller l’instinct patriote du village, en créant un faux Résistant mystère : Le Lynx pour aider des évadés ou simplement pour s’opposer à la domination Allemande. Alors, de ce point de vue-là, on retrouve l’écriture et style Barratier, avec des personnages qui respirent la bienveillance et le courage et des enfants qui se lancent dans une aventure qui va, bien sûr les dépasser. Alors si la base de la BD (Les deux premiers ouvrages) est bien présente, le réalisateur et son coscénariste ont prit des libertés, notamment, avec le personnage de « Collabo » qui permet de mettre le doigt sur cette zone grise qui existait durant cette période et dont il est bien difficile hors contexte de porter un jugement.


Mais voilà, le film souffre cruellement d’un manque de rythme évident. Si le réalisateur a su prouver, dans le passé, qu’il savait diriger des enfants, dont on sait que ça n’est pas chose facile, notamment par leur absence de technique, il avait toujours su trouver la clé pour mettre en valeur toute leur fraîcheur de jeu, ici, il rate complètement le coche et les gamins sont souvent dans le surjeu ou le sous jeu. Alors ce ne serait pas gênant si le reste de la distribution, hormis Gérard Jugnot (Les Choristes) et Artus (Un P’tit Truc en plus), n’était pas également figée, avec des prestations très en dessous de leur capacité. 


Même chose pour la mise en scène de Christophe Barratier et surtout de son montage qui manque cruellement de fluidité et de souplesse. Du coup, la dynamique du film en prend un sacré coup et l’on peine à rester passionné et prendre en pleine figure toute la dureté et l’émotion qui doit ressortir de ces histoires et que l’on ressent en lisant les BD. Même chose pour l’humour qui vient apporter un peu plus de légèreté, normalement, à l’histoire, et qui, ici, manque constamment sa cible et l’on se surprend à attendre que le générique de fin ne vienne abréger nos souffrances. C’est dommage, car le film était porteur de bien des espoirs, mais le réalisateur semble avoir été dépassé par le projet et semble avoir beaucoup hésité dans son montage, au point, que le film en a perdu toute son essence.