2008. Takaki, jeune informaticien bientôt trentenaire vit une existence banale et monotone à Tokyo. Parfois, lui reviennent les bribes d’un temps où il était différent, enjoué, passionné par l’espace, curieux de la vie et des autres. Il se souvient de l’année 1991 et de sa rencontre à l’école avec celle qui devient très vite son alter ego, Akari. La vie les éloigne mais malgré la séparation et les années, malgré les occasions ratées, un lien invisible les unit… Une chronique douce-amère, adaptée du film culte d’animation de Makoto Shinkai avec son soutien plein et enthousiaste.
Adaptation du film d'animation du même nom, de Makoto Shinkai (Suzume), sorti en 2007, « 5 Centimètres par seconde » est un film d'une grande douceur qui suit le parcours de Takaki, un jeune informaticien introverti qui vit une existence assez banale et se met a repenser au passé et particulièrement à Akari, qu'il rencontra à l'école et qui deviendra son Alter Ego, jusqu'à ce que la distance les sépare et que les deux amis se perdent de vue. Une histoire simple, a la narration épurée qui vient vous envelopper pendant un tout petit plus de 2 heures, pour ne pas vous lâcher, par la suite. Car, le réalisateur Yoshiyuki Okuyama n'a pas cherché à s'approprier l'œuvre de celui que l'on juge, au Japon, comme le successeur le plus sérieux d'Hayao Myazaki, et à en faire une nouvelle interprétation, il a d'abord cherché à la comprendre, à en ressortir tous les secrets et toutes les intentions. Pour cela il avait même écrit un manuel de 110 pages à destination de ses équipes, dans lequel il disséquait l'œuvre du maître.
Pour le passage de 60 mn au double le réalisateur a fait appel aux talents de la scénariste Ayako Suzuki (Bishu) qui, elle aussi, a puisé dans ses propres souvenirs et tout ce que cela apportait de sentiments et de troubles. Elle en tire alors une histoire qui mêle la passé et le présent et regarde même vers l'avenir. Avec une simplicité dans les mots comme dans l'intrigue, la scénariste ne cherche pas à rajouter une histoire à l'histoire, elle veut avant tout, mieux comprendre ce lien qui lie les deux héros de son histoire.
Et c'est ensuite le réalisateur qui prend le relais avec une mise en scène souple qui implique le public, le pousse à essayer de comprendre Takaki, ce qu'il ressent, ce qui se cache derrière ses silences et comment il peut s'ouvrir au monde en s'émancipant du passé. Mais il n'y a pas que Takaki dans le film, il y a également Akari, une jeune femme douce et prévenante qui évolue dans la vie au grès de ses rencontre mais qui n'a jamais oublié Takaki. Les deux héros se retrouvent dans un même lieu sans jamais se voir. Et parfois, le réalisateur provoque un suspens comme lors de la conférence lue dans l'ombre par Takaki alors qu'Akari y assiste. Les deux êtres sont si proches de se retrouver que l'on espère que cela arrive. Mais le réalisateur fait preuve de subtilité, et il met en scène les frôlements indistincts de l'amour, comme si les astres s'amusaient de leurs sentiments. D'un côté, il y a Takaki qui semble enferme dans l'amour qu'il éprouva pour Akari et de l'autre côté cette dernière qui avance dans la vie avec son sourire et sa douceur et garde une pensée émue pour celui qu'elle a aimé dans le passé.
Ce qui touche dans « 5 Centimètres par seconde » c'est surtout la poésie qui se dégage de l'histoire comme de la mise en scène. Le réalisateur semble nous envelopper de douceur pour mieux nous imprégner de l’amour que se portaient les deux héros. Il y a de la nostalgie et de la beauté partout, que ce soient les acteurs à commencer par Mutsuki Takahata (L'innocence) dont la douceur du jeu est un rayon de soleil permanent et Hokuto Matsumura (Jusqu'à l'aube) qui intériorise pour mieux s'ouvrir vers la fin du film, mais également le titre qui fait référence au temps théorique que met un pétale de cerisier à atteindre le sol.
Pour conclure, « 5 Centimètres par seconde » est une œuvre d'une très grande poésie qui se regarde en se laissant porter par la simplicité et la douceur de l'image et par une mise en scène soignée et millimètre. Un grand bol d'air, à un moment où nous en avons terriblement besoin. Et l’une des plus belles et fidèle adaptation live d’un film animé.