Adnan, un jeune étudiant en art, arrive à New York pour y passer l’été. Il effectue un stage dans une galerie où est exposé un artiste atypique et plus âgé qu’il a croisé par le passé. Alors que des moments de son passé et de son présent s’entrelacent, une série de rencontres — à la fois artistiques et érotiques — ouvrent des brèches dans sa réalité quotidienne.+
Tout est parti de la découverte, par le réalisateur Lucio Castro (After This Death) d’un artiste Américain, Sal Salandra, qui créait des œuvres particulièrement explicites au Point de croix. Faisant de cette activité, plutôt étiquetée « Mamie Gentille », un art irrévérencieux et venait bousculer les idées. D’abord avec l’envie de réaliser un documentaire, le réalisateur rencontra, donc le peintre, sculpteur et donc, spécialiste du point de croix, mais se rendit compte rapidement que ce n’était pas l’artiste qui l’intéressait, mais l’œuvre, la démarche ou quelque chose d’encore plus profond qui ne pouvait s’exprimer que par la fiction. D’abord, il y a les œuvres de Salandra qui n’expriment aucun désir, gardent une certaine innocence en ne montrant que l’acte en lui-même. Le réalisateur a alors voulu réaliser qui parle du désir. Et comme à chaque fois, il écrit son histoire sans se préoccuper du temps, et parfois de la cohérence.
Et comme dans son premier film, « Fin de Siècle », Lucio Castro brouille les cartes, joue avec les structures temporelles, il laisse le spectateur remettre dans le bon ordre, les actions. Un choix narratif qui peut dérouter, mais qui force le spectateur à être actif de l’histoire et pas seulement passif. Et l’on découvre alors, une œuvre dont chaque élément est un hommage à l’art visuel de Sal Salandra. Comme cette scène dans l’appartement New-Yorkais avec les amis de l’amant éphémère d’Adnan, dont la beauté fait écho avec la pudeur et peut-être l’innocence des œuvres du maitre. Mais quasiment chaque plan du film, est une sorte de mise en mouvement de peintures que l’on pourrait retrouver dans bien des musées, avec la mise en lumière subtile et soignée des paysages qui viennent illustrer cette réflexion sur le désir et sur l’érotisme, également. Si l’on rajoute l’incrustation du travail de l’artiste, sobrement interprété par Ezriel Kornel (Mama Duck), qui prête sa ressemblance troublante à Sal Salandra.
Tout le film est construit à travers des relations, des rencontres et des connexions qui donnent l’illusion que les paysages qui entourent le héros sont, en quelques sortes des portes vers un autre espace à découvrir, un autre environnement qui suscite, une autre forme de désir. « Drunken Noodles » est une œuvre hypnotique qui tourne autour de son héros Adnan, joué par Laith Khalifeh (By The Grace Of…) qui signe une prestation imparfaite, mais pourtant assez légère et irrégulière pour coller à son héros qui se laisse porter par les rencontres et s’interroge sur l’amour et le désir.