Supergirl
Sortie:
01/07/2026
Pays:
USA
Genre:
Durée:
108 Min
Réalisateur(s):
Acteurs:

Supergirl

Verdict: Moyen

par: Emmanuel Galais



Lorsqu’un adversaire aussi impitoyable qu’inattendu menace son monde, Kara Zor-El, alias Supergirl, fait équipe à contrecœur avec un improbable compagnon et s’engage dans un périple intergalactique en quête de vengeance et de justice.


Après « Superman », écrit, réalisé et produit par James Gunn, comme pour confirmer que le bonhomme prend en main l'avenir de DC Comics, voici donc « Supergirl » de Craig Gillespie. Une super-héroïne annoncée déjà dans le film précédent. Le pari est osé, car, même si la série a su trouver son public, le personnage, de son petit nom Kara Zor-El, est apparue en 1959 dans le n° 252 d'Action Comics, n'est QUE la cousine de « Superman » dont la popularité est toujours bien plus grande. Mais comme il l'a fait avec « Les Gardiens de la Galaxie » chez Marvel, nous pouvons faire confiance à James Gunn pour faire de ce personnage quelqu'un de bien moins lisse que dans la série en tout cas. Et heureusement car, libéré de la bienséance Disney, Gunn a les coudées franches pour redonner de l'énergie à l'univers DC, loin de la noirceur ultra digitale de Zack Snyder. Et les premiers signes à la fin du « Superman », l'année précédente, laissaient imaginer un angle bien loin du traitement classique réservé aux super-héros.


Sur un scénario d'Ana Nogueira (High Town), la jeune femme est donc une fêtarde invétérée qui noie son mal être dans différents shots d'alcool. Mais un événement inattendu va l'obliger à se lancer dans une course contre le temps et contre les méchants. Dès les premières minutes, le ton est résolument différent, plus adulte, plus déluré. Mais rapidement le scénario montre également ses limites avec un personnage qui se doit d'exister par lui-même quite à forcer le trait. Et c'est là que l'on commence à percevoir les limites d'une héroïne qui semble se forcer, avec des dialogues qui tournent à vide. Puis commencent les premiers exploits, les bases de l'intrigue qui va pousser Kara Zor-El à se lancer à la suite des méchants. Le problème d'un film qui introduit un personnage c'est qu'il faut également raconter son passé, son histoire. Et de ce côté-là tout a été dit avec « Superman ». Alors la scénariste a imaginé une direction différente pour l'héroïne, ce qui n'est pas une mauvaise idée mais cela a tendance à sérieusement ralentir le film. Mais heureusement, parfois il y a de bonnes idées, notamment un savoureux dialogue sur pourquoi Clark s'appelle Superman et Kara Supergirl. C'est aussi l'occasion de faire enfin un film où les femmes prennent le pouvoir.


Et la mise en scène de Craig Gillespie (Cruella) va dans ce sens mais ne parvient pas masquer les moments de flottements, notamment sur le côté déluré de l'héroïne qui semble bridée pour ne pas trop choquer et la rend finalement assez fade. Même constat avec les scènes d'action qui sont parfaitement maîtrisées mais qui laissent trop souvent apparaître des effets de CGI un peu trop visible, particulièrement lorsque Supergirl se bat contre des méchants. C'est dommage car dans l'ensemble la mise en scène est assez inspirée et permet de donner un film qui peut mettre les bases de ce que les films DC sont amenés à devenir. Mais il en faudra plus pour convaincre le public tant le film apparaît inégal à bien des égards. Et si l'actrice Milly Alcock (House of Dragon) fait tous les efforts de la terre pour donner le change sur un personnage plus complexe qu'il n'y paraît, elle ne parvient pas toujours à tenir la distance sur tout le film. Mais la véritable déception est Matthias Schoenaerts (De Rouille et D'Os) qui campe un méchant assez mauvais, avec des grimaces et des positions du corps tellement forcées que cela lui fait perdre tout intérêt. L'acteur semble trop engoncé dans son personnage et manque cruellement de présence dans un rôle qui n'en manquait pourtant pas. Et je ne parle pas de la présence de Jason Momoa (Aquaman) complètement anecdotique.