L'Odyssée
The Odyssey
Sortie:
15/07/2026
Pays:
USA
Genre:
Durée:
172 Min
Réalisateur(s):
Acteurs:

L'Odyssée

Verdict: Chef D’oeuvre

par: Emmanuel Galais



L’Odyssée est une épopée mythique tournée à travers le monde qui suit le retour d'Ulysse vers Ithaque. Pour la première fois, la saga fondatrice d'Homère est portée sur les écrans de manière spectaculaire avec la toute dernière technologie IMAX.


Le cinéma de Christopher Nolan, c’est, avant tout, celui de la manipulation du temps, c’est un voyage, physique ou spirituel, il est souvent question de retour, d’introspection, de rédemption et d’accomplissement. Le réalisateur aime lorsque le récite se replis sur lui-même, qu’il se ressert autour de son héros. Tous les ingrédients qui font que l’œuvre d’Homère ne pouvait que croiser son chemin, et lui donner envie d’aller explorer ce héros hors norme qu’est Ulysse. Héros, stratège, séducteur et menteur. Personnage complexe et en même temps universel, il est celui qui est à la fois le trait d’union de « L’Iliade » et de « L’Odyssée », mais également celui qui fait que le second est l’antithèse du premier. L’un est opéré du point de vue des Dieux quand l’autre de celui des Mortels. Car Ulysse, pour avoir défié les Dieux après avoir offert à Agammemnon la prise de Troie, tua le Cyclope sur son retour, provoquant ainsi la colère de Zeus. Œuvre majeure, où la spiritualité religieuse est aussi importante que la leçon qu’il porte, « L’Odyssée » est une histoire humaine où les divinités viennent punir le Héros pour son arrogance et son intelligence.


Et le premier choc que l’on ressent lorsque l’on se retrouve face au nouveau film du réalisateur d’« Inception » ou de la trilogie « The Dark Knight », c’est cette image, minérale, terreuse, qui nous saisit et vient en contraste avec les grandes étendues de la mer Egée qui engloutie, à chaque plan, l’équipage d’Ulysse. Le choix de l’Imax n’y est pas pour rien, les détails sont d’une beauté renversante, des grains de sable noir lors de la rencontre avec l’Oracle ou des voiles qui se déploient en mer, dont on peu presque sentir l’épaisseur. Le son orchestré au millimètre en véritable travail d’orfèvre, nous plonge au cœur de l’intrigue. Et puis il y a la mise en scène de Christopher Nolan qui ne cesse de jouer des contrastes entre les plans larges pour mieux illustrer l’errance du héros et de son équipage dans un univers qu’il ne maitrise plus et les plans serrés des confrontations entre Télémaque et les prétendants, ou Ulysse et Athéna ou Calypso. Tout participe à une œuvre d’une puissance rare où chaque élément est travaillé pour venir presque en contraste avec celui qui le précède ou lui succède.


Et oui Christopher Nolan a pris des libertés avec l’œuvre d’Homer, mais c’est pour mieux renforcer le propos et donner plus de puissance à son personnage, à la fois crépusculaire et combattif. Usé par une errance de 10 années et une absence de vingt ans sur son ile loin de sa femme et de son fils. Mais en prenant ces libertés, finalement assez légères, le réalisateur ne cherche jamais à s’en éloigner mais, au contraire, à en approcher son cœur au maximum, pour faire de son héros, un personnage bien plus complexe que ce que nous avons, jusque-là, connu. Ici, Ulysse apparaît sous toutes ses facettes, des plus héroïques, comme cette incroyable façon de mettre en scène la manipulation de l’arc, ou les essais des prétendants. Et puis, il y a tous les personnages qui gravitent : Pénélope, d’abord, magnifiquement jouée par Anna Hathaway (Le Diable s’Habille en Prada), forte et fragile en même temps, qui apparaît derrière un paravent comme une ombre fantomatique, intouchable et en même temps source de toutes les attentions. Agamemnon dont les apparitions font penser à Dark Vador. Un roi dont on ne voit pas le visage, mais dont l’apparition impressionne. Et puis, bien sûr Antinoos, être vile et couard, la surprise de Robert Pattinson, qui joue pour la première ce type de personnage et lui apporte toutes les nuances. 


Pour conclure, il est impossible de ne pas parler des deux personnages majeurs de ce film. Ulysse, d’abord joué avec une aisance, une force et une fragilité remarquable par Matt Damon (Le Mans 66). Le comédien signe, ici, l’une de ses plus belles prestations en interprétant un Ulysse crépusculaire qui va renaitre dés qu’il sera sur son ile. Et Télémaque, avec un Tom Holland (Spider-Man : Brand New Day), beaucoup plus en retenue que l’on pourrait imaginer mais qui créé la surprise en faisant de son personnage, un fils écrasé par l’image du père qu’il ne connaît pas et la pression de ceux qui aimeraient bien le voir mourir. Nous attendions beaucoup de cette « Odyssée » de Christopher Nolan et nous ne sommes, bien sûr pas déçu, tant le réalisateur a su magnifier l’œuvre d’Homère.