Le Fantôme de l'Opéra
Sortie:
28/10/2026
Pays:
FR
Genre:
Durée:
134 Min
Réalisateur(s):
Acteurs:

Le Fantôme de l'Opéra

Verdict: Moyen

par: Emmanuel Galais



Dans le Paris d'aujourd'hui, Anastasia, jeune danseuse, intègre le prestigieux Opéra de Paris. Alors qu’elle répète l'Orpheus, un opéra maudit qui aurait été composé par le Fantôme de l'Opéra, elle tombe amoureuse d'un mystérieux pianiste. A l’approche de la première représentation, entre accidents inexpliqués et révélations troublantes, Anastasia se trouve plongée dans une histoire d'amour impossible, à la frontière du réel et du fantastique.


Il y a des rencontres improbables. Par exemple l'auteur de romans à succès comme « Les aventures de Rouletabille » et un réalisateur de séries et de comédies pour ados. Gaston Leroux est un romancier français qui vécut à cheval entre le XIXème et XXème siècle et dont l'un des romans fut adapté plusieurs fois au cinéma et particulièrement aux États-Unis sous la direction de Brian De Palma sous le titre de « Phantom of The Paradize », dans une version électrique et Punk, mais également au théâtre en comédie musicale sous l'impulsion d'André Lloyd Weber. Dans les deux exemples précités, ce qui ressort c'est l'aspect romanesque, la force des orgues et la rage de ce fantôme qui surgit dans des apparitions très spectaculaires, comme on le ferait lors d'un opéra. Ce qui tombe bien puisque c'est de cela qu'il s'agit, d'un opéra maudit et de son compositeur qui hante les couloirs de l'Opera Garnier pleurant à l'infini la mort de son amour. L'Œuvre de Gaston Leroux, dans laquelle le fantôme est un ancien prestidigitateur avec de mauvaises intentions liées à sa passion pour la chanteuse Christine Daaé, a cela de particulier qu'elle allie les deux éléments forts de la carrière du romancier : l'enquête policière et le fantastique. 


Rien de ce que l'on trouvera dans le film d'Alexandre Castagnetti ne sera réellement à la hauteur de l'attente. Son adaptation est d'une fadeur désarmante. Les apparitions de son fantôme sont livides pour ne pas dire, sans intérêt et le traitement de l'histoire d'amour autant que celui de l'enquête ne dépasse jamais le ras du sol. Et le scenario signé par le réalisateur et sa coscénariste Camille Fontaine (Coco avant Chanel) a bien du mal à se situer dans tout cela. On sent que l'angle serait, bien sûr, une romance entre le fantôme et une étoile de Ballet (A la place d’une chanteuse), mais le résultat ne vole pas plus haut qu'un épisode d'une série quotidienne à la TV. Comme si tout le panache que l'on trouve dans le roman, toute cette matière à faire un grand film romanesque et somptueux avait été abandonné, au profit d'une pseudo modernisation aussi pauvre que maladroite. Car même si l'on s'intéresse, faute de mieux, à la dualité entre les danseurs et danseuses, ici, rien ne sonne juste, tout est si léger que le spectateur ne parvient jamais à s'y accrocher. Il faudra seulement attendre les 15 dernières minutes du film pour, enfin, avoir un moment de grâce avec la chorégraphie de Marion Motin, qui a, par le passé, travaillé avec Stromaé, Angèle ou encore Madonna, qui d’un seul coup nous transporte dans une autre œuvre bien plus soignée, bien plus travaillée. 


Et côté distribution, la grande déception vient, bien sûr, de Romain Duris (L'Auberge Espagnole) qui joue ici le rôle de moteur mais ne passe jamais la seconde. Julien de St Jean (Le Comte de Monte-Cristo) joue un fantôme effacé, quant à Deva Cassel (El Gatopardo) difficile d'exister lorsque rien n'est fait pour nous démarquer. Je ne parle, évidemment, pas des incohérences et encore moins des multiples plans de Paris ou de l'Opera Garnier pour essayer de nous faire avalerai la couleuvre de ce ratage. C'est bien dommage car cela aurait fait du bien de voir autre chose qu'une adaptation anglo-saxonne être à la hauteur de l'œuvre de Gaston Leroux.