The Good Boy
Sortie:
11/11/2026
Pays:
Pologne et
Genre:
Durée:
110 Min
Réalisateur(s):
Acteurs:

The Good Boy

Verdict: Excellent

par: Emmanuel Galais



Tommy, jeune délinquant insouciant et impulsif naviguant entre fêtes alcoolisées et violences incontrôlables, se réveille un matin enchaîné dans la cave d’une maison. Il est à la merci de ses occupants, une étrange famille qui s’est donnée pour mission de le remettre dans le droit chemin. Quel qu'en soit le prix.


Jan Komasa n'est pas un réalisateur comme les autres. Déjà remarqué en 2011 avec son premier long métrage : « La Chambre des Suicides », il signe avec « The Good Boy », une œuvre à la fois dérangeante et renversante. Notamment parce que le film qui nous est vendu n'est plus le même des lors que le générique de fin démarre. Car le scenario signé Bartek Bartosik et Naqqash Khalid, nous entraine, dans un premier temps, dans le parcours d'un jeune homme, accro aux drogues, à l'alcool, à la violence et aux incivilités en tout genre, qui se réveille un matin enfermé et enchaîné dans la cave d'une famille, semble-t-il, bien décidée à le ramener sur le droit chemin. Du coup à la lecture du pitch et une première partie qui confirme l'idée que nous nous faisions du film, on s'installe et on attend que tout dégénère. Seulement, la mise en scène du réalisateur semble en décalage avec son sujet. En présentant le personnage, supposé, du méchant comme quelqu'un d'inoffensif, tout en lui conférant une part de mystère dans une attitude un peu gauche, il construit un sentiment bien différent de ce que nous attendions d’un méchant psychopathe.


C'est alors que s'engage la deuxième partie du film, où le réalisateur joue la carte de l'intemporalité et du quasi huit-clos, avec des personnages qui s'opposent et commencent à se dévoiler. Le réalisateur va alors décaler légèrement son propos pour que le fils de la famille soit, dans une certaine mesure, la clé de l'intrigue. L'on commence alors à découvrir une histoire qui va prendre une tout autre direction, s'inscrivant plutôt dans la comédie sociale où chacun doit faire son propre parcours pour trouver l'apaisement et la rédemption. Sans jamais lâcher son sujet, le réalisateur signe un film d'une grande subtilité, qui vient bousculer la pensée et nous interroge sur le deuil, l'adolescence, la perte de repère et, bien sûr, la spiritualité qui ne cesse de se frayer un chemin, sur une route semée d'embûches.


Et pourtant « The Good Boy » ne cesse d’interroger, de bousculer. Nous sommes entre le bon goût et le mauvais esprit. Nous passons notre temps à nous interroger sur les véritables intentions du réalisateur, car si la principale vocation du film, est de mettre le spectateur dans une certaine position où devant lui tous les codes narratifs du genre sont tordus pour pousser à l’extrême les discours qui visent à dire « Une bonne maison de redressement et on fait un d’un vaurien un homme tout neuf », en sous-jacente, nous ne pouvons-nous empêcher de nous questionner sur le positionnement du réalisateur. Mais avec un final bien ficelé, il parvient à nous mener sur une route bien différente, où l’on peut comprendre que le scénario ne cherchera pas à nous en dire trop pour que le spectateur fasse ses propres conclusions : Le deuil qui semble avoir fait passer la famille dans une autre vision des choses, celui de Tommy, dont la fin lève un voile bien discret. Tout cela vise à mettre à bas les repères moraux sur lesquels se raccrochent souvent les spectateurs. 


« The Good Boy » est donc un film qui dérange et qui questionne, qui repousse sans cesse les codes moraux des spectateurs pour mieux les imprégner. C’est surtout un film qui doit sa réussite à la maitrise du réalisateur, mais également de sa distribution, à commencer par Stephen Graham (Adolescence). L’acteur au physique minéral imposant, a, depuis longtemps prouvé qu’il pouvait se fondre dans des rôles complexes, mais, ici, il se fond dans un personnage toujours sur le fil du rasoir, jamais totalement psychopathe, et jamais totalement sain non plus.  Avec une maitrise remarquable Stephen Graham nous offre certainement toute la puissance de son art. Et puis face à lui, il a Anson Boon, que les amateurs de la série « Mobland » connaissent pour être Eddie le petit-fils insupportable des Harrigan. L’acteur joue avec précision un personnage qui est, également, en permanence que le fil du rasoir. Fils Incontrôlable qui cache son mal-être par de l’alcool, de la drogue et toutes ces choses qui lui font oublier son malaise, pour se transformer au fil de sa détention en quelqu’un bien différent de ce qu’il était avant.