Renaissance

Sortie: 15/03/2006
Pays: France
Genre: Animation
Durée: 1h35 Min
 
Réalisateur(s)
Christian Volckman
Acteurs
Virginie Mery
Patrick Floersheim
Critique de Sebastien Keromen

Vous connaissez les films en noir en blanc ? Renaissance invente le film d’animation en noir et en blanc. Un cachet original pour un film noir au scénario plutôt classique.

Renaissance
France, 2006
Réalisateur
 : Christian Volckman
Avec les voix de tas de gens mais personne de connu
Durée : 1h35

L’histoire
Paris, 2054. La jeune Ilona Tasuiev, scientifique prometteuse de la société Avalon, est enlevée. Karas, policier expérimenté, est mis sur le coup pour la retrouver. Mais bien vite, le mystère de sa disparition va révéler des enjeux autrement plus importants.






La critique

C’est plutôt rare, mais c’est presque un peu la mode en ce moment, on voit débarquer des films à l’identité graphique très forte (Sin City, Capitaine Sky et le monde de demain, ou prochainement A scanner darkly). Dans cette famille, il faut maintenant compter avec Renaissance, film d’animation (par ordinateur) en noir et blanc. En noir et blanc comme avec seulement du noir et du blanc, ni couleur ni nuance de gris (à de très rares exception près pour certains effets de transparence). Bien sûr, autant on peut facilement crayonner une scène en noir et en blanc, autant animer toute une histoire, c’est une autre paire de manches. Bien obligé, alors, de tricher un peu avec des éclairages supplémentaires pour faire apparaître en blanc quelques détails sur les faces sombres (des visages, par exemple). Si la plupart du temps ça fonctionne bien, çà et là on remarque un détail un peu bizarre, un éclairage un peu trop voyant, qui nous ramène au style graphique et nous fait sortir de l’histoire. Mais bon, rien de très grave. Surtout que l’animation est – elle – irréprochable. Créée à partir de l’enregistrement de performances réelles (par le procédé de motion capture), y compris pour le mouvement des yeux, on croirait souvent voir un film plutôt qu’un film d’animation. Pas une raideur, pas un geste peu naturel, c’est en tout point excellent.





Les décors sont à couper le souffle.
Un Paris futuriste, reconnaissable par son style plus que par ses quartiers, d’une ampleur et d’un détail vertigineux. Chaque plan large, chaque plongée dans la ville, chaque scène d’action vont soumettre vos mirettes à une beauté à couper le souffle. Bien sûr, l’aspect visuel et artistique compte pour beaucoup dans un film, mais cela ne suffit pas. Et sur le reste, Renaissance est un peu à la traîne. Commençons par les personnages, assez peu charismatiques (difficile de définir des visages quand ils sont toujours en noir et blanc, difficile même de les reconnaître, mais heureusement les dialogues pensent à repréciser leur nom à chaque fois), et dont les voix sont un peu à la peine. Sans tomber dans les exécrables voix des derniers films d’animation français (Kaena, Les Enfants de la pluie, Corto Maltese), le doublage ici est d’une qualité moyenne en ce qui concerne les intonations, peu aidé par des dialogues à plat et un lipsync (synchronisation labiale en français) des plus douteux. En bref, les voix et dialogues ne collent qu’à moitié avec l’image.





Côté scénario, c’est passable.
Comme il n’existe pas de genre " film blanc ", Renaissance a choisi d’être un film noir, pour suivre le style de son graphisme. Avec une touche de futurisme, pour faire SF. On se retrouve donc en terrain connu de la multinationale qui régente tout (Running man, Equilibrium, I robot, Avalon, Nirvana), du méchant mystérieux qui souhaite s’approprier une invention scientifique (Capitaine Sky et le monde de demain, Paycheck), du policier tête brûlée et sa fidèle équipe (Die hard, L’Arme fatale, Immortel), de la femme fatale qui va tomber amoureuse du héros (tous les films noirs), de la ville tentaculaire et technologique (Metropolis, Blade Runner, Ghost in the shell), enfin bref d’un scénario pas honteux mais qui sent le pot-au-feu de scénarios déjà vus. Il a par contre le bon goût de nous avoir tout expliqué à la fin, histoire qu’on sorte de la salle en ayant tout compris, et le mauvais goût d’oublier d’avancer pendant le premier tiers du film. Les dialogues et personnages sont par contre très à plat, avec des répliques aussi piquantes que " Je vois plus rien " quand on a éteint toutes les lumières, ou " T’es qu’un sale lâche " (ce qui a sans doute blessé profondément les sentiments du méchant), enfin tout un script presque sans humour et second degré, demandant ainsi au spectateur plus de bonne volonté pour ne pas décrocher.
Mais trêve de critiques, Renaissance a le mérité d’exister (après beaucoup de mal pour trouver un financement) et d’être, graphiquement parlant au moins, semblable à nul autre film. Et même s’il restera peut-être aussi pour être, sauf erreur, le premier film d’animation avec du product placement (Motorola, Citroën, Coca-Cola et la Fnac, mais j’en ai peut-être raté), il mérite que vous lui donniez une chance, au moins si vous êtes amateur de films noirs. Et blancs.

A voir : pour les images, pour encourager ceux qui font des films foncièrement originaux
Le score presque objectif : 7/10
Mon conseil perso (de -3 à +3) : +2, surtout si vous aimez les films noirs

Sébastien Keromen