Coffret la trilogie d'Apu par Satyajit Ray

Catégorie
Cinéma
Titre Original
Pather Panchali, Aparajito, Apur Sansar
Genre
Pays
Beng
Date de sortie
05/12/2023
Réalisateur
Format
Blu-Ray
Boitier
Coffret
Producteurs
Satyajit Ray
Scénaristes
Satyajit Ray
Compositeur
Ravi Shankar
Editeur
Edition
Coffret
DureeFilm
342
Support
Critique de Emmanuel Galais

En marge de Bollywood, le cinéaste bengali Satyajit Ray a fait découvrir au monde le cinéma d’auteur indien grâce à son premier film, « La Complainte du sentier » en 1955. Avec « L’Invaincu » en 1956 puis « Le Monde d’Apu » en 1959, il réalise une chronique à la profonde beauté de la vie d’Apu, de son enfance dans une famille pauvre du Bengale rural jusqu’à l’âge adulte à Calcutta, au rythme de l’inoubliable musique de Ravi Shankar.


Mondialement reconnu comme l’un des maîtres du cinéma moderne, le réalisateur bengali Satyajit Ray a exploré la culture de son pays et ses mutations à travers une œuvre nourrie par la littérature et la musique. Ce cinéaste touche-à-tout, lauréat d’un Oscar® pour l’ensemble de sa carrière, n’aura cessé d’expérimenter de nouveaux genres tout en restant fidèle à son univers réaliste et intimiste. 


« La Complainte du Sentier » : Dans un village du Bengale-Occidental, vers 1910, vit une famille pauvre qui a été obligée de vendre le verger qu’elle possédait. Leur petite fille, Durga, avec la complicité de la vieille femme Indir, de la famille du père, hébergée par eux, continue de prendre des fruits dans le verger. Le père, brahmane, lecteur de textes sacrés, qui travaille à Bénarès, rentre pour la naissance de leur deuxième enfant, Apu.


« L’invaincu » : 1920. Apu, âgé d’environ 10 ans, vit avec ses parents installés à Bénarès, logés dans une ancienne maison au cœur de la ville. Tandis que le père, brahmane, officie sur les ghats sur les bords du Gange, Apu le regarde, observe les gens et la vie en ces lieux où, avec d’autres enfants, il se promène dans les ruelles étroites de la ville. Fatigué, le père est victime d’un malaise en montant les marches des ghats.


« Le Monde d’Apu » : Calcutta, 1930. Vivant dans une modeste chambre donnant sur la voie ferrée à proximité de la gare de Calcutta, Apu doit renoncer à poursuivre ses études. Face aux réclamations pour des mois de loyers impayés, il vend ses livres pour avoir de l’argent et cherche du travail pour payer ses mois de loyer en retard. Pour réconfort, il reçoit une lettre lui informant que sa nouvelle, « L’Homme de la terre », sera publiée.

Le cinéma indien est plus souvent connu par chez nous pour son côté coloré, un peu brin kitsch, avec des costumes colorés et des danses endiablées. Pourtant l’un des plus grands maîtres de cinéma asiatique, toujours et encore considéré comme le plus productif du monde : Satyajit Ray, fut un réalisateur qui, contrairement aux américains pour lesquels cela était mal vu, n’hésita pas à jouer de tous les genres : la comédie, le fantastique, le policier etc... surtout, et ce coffret nous le prouve bien, à travers le temps, le réalisateur a su capter l’évolution de son pays, les mutations importantes qu’il a su opérer, et ces règles ancestrales qu’il n’ a pas su freiner.

Jamais une critique trop acerbe, mais véritable observateur de son époque et de son pays, Satyajit Ray est avant tout un témoin d’une époque qui nous apparaît bien lointaine. Le coffret proposé par l’éditeur Carlotta nous permet de découvrir Les tout début de la carrière du réalisateur avec l’adaptation d’un roman en deux tomes à destination des enfants, qui suit les aventures d’un jeune garçon, Apu. Le réalisateur profite de ce regard à hauteur d’enfant, pour illustre le quotidien de ces hommes et surtout de ces femmes, véritables pierres angulaires de la société patriarcale Indienne des années 50. Avec, certes quelques petites erreurs de tournage, notamment des problèmes de focales, le réalisateur signe avec « La Complainte du sentier » une première œuvre à la fois forte et naïve, dans laquelle il pose son regard sur cette société, dont on imagine facilement, qu’il peut y avoir de l’autobiographie cachée derrière.

A travers ces trois films, le réalisateur se découvre à la fois curieux et passionné. Lui fils d’un poète majeur Bengali a su développer un sens de l’observation et de la narration qui lui permette de peindre la société Indienne, sans chercher à en masquer les faiblesses et notamment cette dissension entre l’extrême pauvreté, et l’extrême richesse qui se font front, et ne laisse pas beaucoup de place entre les deux pour ceux qui veulent survivre Satyajit Ray pose les bases de son cinéma et à travers ces trois premiers films, il prouve qu’il ne prendra jamais le cinéma indien, autrement qu’à contre-pied, à savoir, un cinéma presque documentaire où la saleté, et la pauvreté font naitre des espoirs qui parfois se concrétisent. 


Définition
Couleurs
Compression
Format Vidéo
4/3 n&b
Format Cinéma
1.37:1
Le travail de restauration est absolument remarquable, les films semblent presque sortir tout juste des studios, exception faites de certaines scènes dans lesquelles le grain n’a put totalement disparaitre, sans pour autant dénaturer l’un des trois films. Les films sont débarrassés de leurs défauts et nous donnent ainsi une vision propre des premières œuvres de Satyajit Ray, d’autant que les environnements y gagnent, la plupart du temps en nuances. Chacun des films bénéficient d’une restauration de grande qualité, malgré des originaux abimés ou meurtris par le temps ou les incendies comme pour « La Complainte du Sentier », qui permet aux vidéastes mieux profiter de l’œuvre de Satyajit Ray.
Sous Titres
Notes
Langues
Film
Bonus
Com
Spatial
Dyn
Surr
Hindi
Non
Non
Non
Bonne
Bonne
Bonne
Français
Oui
Oui
Non
 
 
 
La piste DTS-HD Master Mono ne masque pas le passage du temps, et se révèle parfois assez décevante, notamment parce qu’il reste un certain décalage entre l’image et le son. Certains bruitages sont très en façade et donc très amplifiés. Ce qui vient perturber le visionnage. Cela est très présent sur « La Complainte du Sentier » mais s’atténue quand même sur « Le Monde d’Apu ».
Supléments
Menus
Sérigraphie
Packaging
Durée Bonus : 187 min
Livret
Bande annonce
Biographies
Making of
Documentaire
Interviews
Com. audio
Scènes sup
Fin alternative
Galerie de photos
Story board
Multi-angle
Liens internet
Interface Rom
Jeux intéractifs
Filmographies
Clips vidéo
Bêtisier
Bonus Cachés
Court Metrage

Pour mieux comprendre l’importance de l’œuvre de Satyajit Ray, rien de mieux que, pour commencer :


Un livret de 80 pages : Comment les aventures du jeune Apu, adaptées d’un classique en deux tomes de la littérature bengalie, ont ouvert une nouvelle voie aux cinémas de l’Inde. Un livret rédigé par Charles Tesson, critique et historien du cinéma, et illustré de nombreuses photos des films.


« Entretien avec Soumitra Chatterjee ». L’acteur Soumitra Chatterjee (Le Monde d’Apu) revient sur la révélation que fut La Complainte du sentier dans le cinéma indien des années 1950.


« Entretien avec Soumendu Roy ». L’assistant image Soumendu Roy se souvient de son premier tournage avec Satyajit Ray.


« L’Oeil Intérieur ». Un court-métrage écrit et réalisé par Satyajit Ray sur l’artiste indien Binode Behari Mukherjee, figure majeure de l’art moderne asiatique.


« Creative Artist Of India ». Sur le tournage de La Grande Ville, Satyajit Ray explique ce que le cinéma signifie pour lui et fait mention de la Trilogie d’Apu qui lui a fait reconsidérer sa vision du monde rural.


« Satyajit Ray ». Un film produit et réalisé par Shyam Benegal. Dans ce documentaire fleuve, l’illustre cinéaste bengali revient en détail sur son parcours et son œuvre, de La Complainte du sentier à La Maison et le Monde, et partage sa vision de la mise en scène, illustrée par de nombreux extraits de ses films.


« Entretien Avec Sharmila Tagore et Soumitra Chatterjee ». Les deux acteurs du Monde d’Apu parlent de leur expérience et de leur découverte du cinéma avec Satyajit Ray.


« Fenêtre Sur… Le Cinéma de Satyajit Ray ». Un film de Georges Luneau, datant de 1979, à l’occasion de l’hommage qui lui est rendu aux 6e Rencontres internationales d’art contemporain de La Rochelle en 1978. On y voit le réalisateur Satyajit Ray évoquer son rapport à l’adaptation littéraire et à la musique, et revenir sur sa carrière de réalisateur. Un entretien dirigé par Michel Ciment.