Ivy et Theo forment un couple parfait à qui tout réussit : des carrières couronnées de succès, un mariage épanoui, des enfants formidables... Mais sous les apparences de cette vie idéale, une tempête se prépare… Alors que la carrière de Theo s’écroule et que celle d’Ivy décolle, leurs ressentiments et leur rivalité jusque-là étouffés vont bientôt exploser.
Au début, il y a un roman, celui de Warren Adler « La Guerre des Rose » paru en 1980, dans lequel un couple vit ensemble depuis vingt ans. Mais un jour les sentiments se fissurent et le couple vole en éclat et se lance dans une demande de divorce à l’amiable. Tout semble aller pour le mieux, jusqu'à ce que la femme demande la maison. Et malgré les efforts des avocats, les Rose vont se livrer à une guerre sans merci où tous les coups seront permis. Huit ans plus tard, c’est sur grand écran que « La Guerre des Rose » éclatent sous la direction de Danny de Vito (Y’a-t-il quelqu’un pour tuer ma femme ?), pour une adaptation assez fidèle du roman avec le couple star qui a réinventé le « Buddy Movie » avec « A la Poursuite du Diamant vert » (1984) de Robert Zemeckys et « Le Diamant du Nil » (1985) de Lewis Teague. Avec cette comédie bourrée d’humour noir le couple fait des étincelles, car De Vito sait comme personne jouer la carte de l’humour noir, et ici, les coups bas sont de plus en plus mesquins et poussent constamment le curseur de la transgression, et les acteurs sont incroyables de vices dans leurs jeux.
Tout ce qui manque à cette relecture du roman d’Adler, puisque le producteur Adam Ackland insiste sur le fait que le film de Jay Roach (Scandale) n’est pas un remake, mais une relecture pour coller au plus à la société de maintenant. Mais voilà, le scénario signé Tony McNamara (Cruella) s’est quasiment vidé de toute l’essence même de l’œuvre d’Adler, en donnant une histoire complètement aseptisée qui court presque après le temps, à grand renfort de bons sentiments. Ici, les rôles sont inversés, elle connaît un grand succès dans son travail, lui se perd dans son chômage et dans sa gestion des enfants, mais parvient à faire construire, comme une renaissance, la maison de leur rêve qui deviendra dans la toute dernière partie du film, le cœur de la guerre qu’il vont se livrer, dans les 30-20 dernières minutes du film. Inverser les rôles, pourquoi pas ? C’est un signe du temps, mais est ce que cela vient apporter quelque chose à la tonalité du film ? Non. Même Marc Cherry, a su faire mieux dans sa série « Desperate Housewives ». Et pendant tout ce temps, nous spectateurs, qui avons lu le livre ou vu le précédent film attendons que l’on rentre dans le vif du sujet.
Et après être passé par la réalisation de plusieurs films sérieux, le réalisateur Jay Roach revient donc à la comédie, mais rate son retour, avec un film trop propre, une mise en scène sans signature qui parvient à nous faire oublier, qu’il réalisa les deux « Austin Powers » en 1999 et en 2002 ainsi que les deux premiers « Mon beau-père et moi » en 2000 et 2004. Une époque où le réalisateur pouvait encore faire dans le « Border Line ». Ici, il semble que de nombreuses barrières se soient positionnées entre lui et son histoire. Si bien que l’on passe très peu de temps à rire, et l’on subit plus que l’on s’amuse de cette histoire qui, quel que soit l’humour, devait faire réfléchir sur la guerre excessive à laquelle se livrent certains couples au moment de divorcer.
Même Olivia Colman (La Favorite) et Benedict Cumberbatch (Dr Strange), deux acteurs chevronnés qui savent également jouer sur la nuance pour faire ressortir toutes les contradictions d’un personnage, ne parviennent pas à trouver une tonalité qui puisse rendre leur couple aussi extrême que le décrit Adler dans son roman. Le couple fonctionne, mais trop bien, chacun joue sa partition, mais comme le scénario manque cruellement de piment, leurs échanges sont, au plus : Gentils. Et hormis quelques scènes avec Kate McKinnon (Barbie) qui rejoue toujours sa même partition, mais qui, cette fois-ci est complètement hors sujet, il est difficile de prendre du plaisir à ce film qui râte complètement sa cible.