Les criminels animaliers s'efforcent de se faire à leur nouvelle vie de gentils. Bientôt, ils sont tirés de leur retraite et forcés de faire « un dernier travail » par une équipe entièrement féminine.
Qui a dit que les Français ne savaient pas faire de l’animation ? Certainement pas les Américains, pour qui les frenchies sont une mine d’or. Ce fut le cas avec Disney, qui n’hésita pas, lors de la conception du « Bossu de Notre Dame » dans les années 90 à venir ouvrir des studios du côté de Montreuil ou encore Illimination MacGuff et ses Mignons qui explosent régulièrement le box-office. Cette fois-ci c’est le réalisateur français Pierre Perifel, qui avait déjà travaillé pour Dreamworks sur « Les Cinq Légendes » de Peter Ramsey en 2012, qui s’y colle. Et il va, dès le départ choisir de ne pas suivre les codes classiques de l’animation américaine propre à Dreamworks ou à Disney. Inspiré de l’œuvre d’Aaron Blabey, qu’il avait lui-même illustré avec des dessins simplistes, « Les Bad Guys » est avant tout une histoire dans laquelle un gang de cinq animaux méchants va devoir essayer de faire semblant d’être gentil. Destinés aux enfants, les 5 livres qui forment l’œuvre de Blabey, vont servir de pierre fondatrice au réalisateur qui en à tirer une première ébauche avant que les scénaristes Etan Cohen (Idiocratie) et Hilary Winston (Légo : Ninjago Le Film) ne tissent une histoire dans laquelle les méchants vont devoir, pour échapper à la prison, faire semblant d’être gentil. Un scénario qui va transposer l’œuvre de l’auteur Australien dans un univers si loin de celui des enfants : Tarantino. Car le réalisateur assume avoir pensé à « Reservoir Dog » en lisant « Les Bad Guys ». Le scénario va alors prendre cette tournure surprenante tout en gardant une âme d’enfant. Carton au box-Office Mondial avec plus de 250 Millions de Dollars de recettes. Avec un tel score une suite allait forcément être mise sur les rails.
Cette fois-ci, la bande des « Bad Guys » sont devenus des gentils et sont près de pouvoir enfin retrouver une véritable liberté. Mais voilà, la vie ne leur fait pas de cadeau et trouver un job lorsque l’on a un passif de méchant c’est difficile. Et il faut beaucoup de résilience pour continuer de rester ans le droit de chemin. Mais voilà, lorsqu’une série de cambriolages a lieu dans la ville, les « Bad Guys » vont mener l’enquête pour trouver qui se cache derrière ces vols extraordinaires. Et les voilà donc repartis pour de nouvelles aventures à un rythme effréné, il faut bien le dire, mais qui convient tellement à l’Energie de ce dessin-animé donc chaque détail a été soigné. Et cette fois-ci, le réalisateur Pierre Perifel s’est associé à Juan Pablos Sans pour réaliser ce film dont le scénario a été confié à l’auteur des « Bad Guys » lui-même. Autant dire que tous les éléments sont réunis pour que ce deuxième opus soit une réussite. Et c’est un déluge de bonnes idées qui s’abat alors sur nous. D’abord cette histoire qui montre les héros pas forcément au meilleur de leur forme lorsque le film commence, et qui va aborder bien des sujets comme celui de trouver du travail lorsque l’on ne répond aux critères, ou encore la possibilité d’avoir une deuxième chance. Le scénario comme cela est l’habitude chez Dreamworks est à plusieurs lectures et entraine autant les petits que les grands dans les aventures de ces braqueurs de génie. D’autant que la mise en scène va s’inspirer de licences célèbres de l’action comme « Mission Impossible » ou « James Bond ».
Mais c’est surtout du côté de l’animation que « Bad Guys 2 » gagne sur tous les tableaux avec une volonté, non pas de pousser les curseurs de la technique utilisée, mais plutôt de l’utiliser au maximum et de se donner des challenges pour rendre l’ensemble tout aussi fluide, mais surtout plus drôle et plus fou que dans le premier opus. Cela donne des moments de grâce comme ceux des braquages qui font, évidemment, penser aux références assumées, mais qui sont d’une incroyable fluidité sans sombrer dans l’hystérie, ou encore la course poursuite de la scène d’ouverture en ville avec une multitude de personnages à animer et des moments fous d’animation, notamment pour garder un rythme digne des meilleurs films d’action avec le loup à la conduite de son bolide et la conclusion hilarante de cette ouverture. Les auteurs se sont donné les moyens de pousser le film à un haut niveau et, autant le dire, le public en redemande. Le film rapporta plus de 280 Millions de dollars dans le monde pour un budget de 80. Il fait mieux que le premier opus, ce qui laisse supposer qu’un troisième opus pourrait voir le jour. Vivement !