Quatre ans après sa malencontreuse altercation avec la mafia russe, Hutch doit toujours 30 millions de dollars à la redoutable organisation et s'efforce de rembourser en enchainant sans répits les contrats d’une liste de criminels à abattre, aussi interminable qu’internationale. Bien qu'il apprécie le caractère intense de son « travail », Hutch se retrouve vite surmené, tout comme sa femme Becca et ils s'éloignent inexorablement l'un de l'autre. Ils décident donc de partir avec leurs enfants pour une escapade au Wild Bill's Majestic, un parc d’attraction dans l’Arkansas, le seul et unique endroit où Hutch et son frère Harry n’aient jamais passé de vacances ensemble. Embarquant son père dans la foulée, Hutch et sa famille débarquent au grand complet dans la petite ville touristique de Plummerville, avec la ferme intention d’y passer du bon temps au soleil. Mais quand, à la suite d’un incident mineur avec des voyous locaux, la famille se retrouve dans la ligne de mire du directeur du parc aussi corrompu que son shérif est véreux, Hutch va attirer sur lui l’attention de l’esprit criminel peut-être le plus dérangé et le plus sanguinaire qu'il, ou qui que ce soit d’ailleurs, n’ait jamais rencontré.
C’est difficile de dire du bien de cette suite d’un film qui déjà surfait sur du déjà vu et qui avait eu la chance de sortir au moment de la sortie de crise sanitaire et de combler, ainsi, un vide dans, ce qu’il est de bon ton d’appeler, les films bourrins. Aussi bien écris que « En Eaux Troubles » (2018) de Jon Turteltaub et aussi crédible que sa suite : « En Eaux très trouble » (2023) signée Ben Wheatley. Ici, il est donc question d’un père de famille aux apparences tranquilles et soumis, qui ne fait pas la fierté de ses enfants. Dans le premier opus, notamment puisque lors d’un cambriolage, il va décider de ne pas intervenir, mais lorsqu’il va voir la déception dans les yeux de son fils, il va alors se révéler comme une véritable rame léthale. Pour les fans de « Breaking Bad » et son spin-off « Better Call Saul », c’est l’occasion de découvrir le comédien interprète de l’avocat célèbre, Bob Odenkirk (Nebraska) de faire preuve d’une certaine aisance dans la peau de ce père de famille quelque peu hors du commun. Alors, bien sûr, il y a une certaine jubilation à voir ce comédien, formé à l’écriture et au jeu du Saturday Night Live et du Stand Up, se mettre à distribuer du « Bourre-pif », et à tout faire exploser autour de lui, et c’est ce qui a certainement permit au premier opus de réussir.
Mais encore faut-il qu’il y ait un minimum d’histoire et de matière. Et Lorsque l’on sait que le comédien a écrit le scénario e compagnie de trois autres scénaristes : Derek Kolstad (John Wick), Aaron Rabin (Silent River) et Umair Aleem (Extraction), on se dit que els réunion de bureau ne devait pas faire trop fondre les neurones. Car, une fois les méchants apparus, le fim est une succession quasi continue d’explosions en tout genre, de combat et de situations toutes plus ridicules et moins crédibles les unes que les autres. Le spectateur finit par subir ce film qui pensait surfer sur le succès du premier, mais qui se prit plutôt un mur à la vitesse d’une balle de révolver.
Et puis impossible de ne pas parler de ce gâchis de talent qui se présente à nous : Colin Hanks (King Kong), qui est très loin d’atteindre les sommets de subtilité de jeu de son auguste paternel, signe ici, l’une de ses plus médiocres prestations. Sharon Stone (Basic Instinct) n’en finit plus de cachetonner et ce n’est pas sa prestation dans ce film mal fichu qu’elle se sortira de cette voie sans issue. Quant à Christopher Lloyd (Retour vers le futur) doit encore avoir des impôts à payer pour venir s’ennuyer et ennuyer le public à ce point.
Il n’y a rien à garder, même pas la mise en scène de Timo Tjahjanto (L’ombre Rebelle), figure du cinéma d’action Indonésien, qui faisait ses premières armes sur le territoire américain, mais, a, semble-t-il, prit un mauvais virage et s’est fait broyer par la machine Hollywoodienne. Le réalisateur tente d’utiliser les ralentis, ou de faire des mouvements de caméras fluides, mais les chorégraphies sont tellement mal exécutées que rien n’y fait, nous restons complètement froids à ce déferlement d’actions mal maitrisées et d’un tel vide scénaristique. Espérons que le réalisateur, qui doit retrouver une autre figure de ce cinéma d’action sans grand intérêt : Jason Statham (Fats and Furious 7) pour « The Beekeeper 2 » soit plus inspiré.