La saga Zatoichi est l'une des plus légendaires du cinéma japonais mais aussi une des plus complètes avec 27 films (plus une série télévisée). Roboto Films vous propose de traverser les années Daiei de Zatoichi. Cerise sur le gâteau : l’éditeur nous propose « Le bandit aveugle » avec une première itération du personnage de Zatoichi bien éloignée du vagabond au grand cœur qu'il deviendra dès 1962.
Les 5 films :
Blu-ray 1 : « Les Origines de Zatoichi : Le Bandit Aveugle » (1960) : Avant de devenir Zatoïchi, Shintaro Katsu incarne Suginoichi, un bandit aveugle froid et ambitieux, prêt à tout pour s’emparer du pouvoir, au détriment de ceux qui l’entourent...
Blu-ray 2 : « Le Masseur Aveugle » (1962) : Le masseur aveugle Zatoïchi rend visite à un chef yakuza. Bientôt entraîné dans un conflit avec un clan rival, il se lie d’amitié avec un samouraï malade du camp adverse, tandis que la guerre entre les deux factions devient inévitable.
Blu-ray 3 : « Le Secret » (1962) : Les tensions entre deux gangs rivaux éclatent au grand jour. Chaque chef désigne son champion : un ancien samouraï devenu pêcheur, porteur d’un lourd secret, et Zatoïchi, joueur invétéré et masseur, dont le sabre frappe avec la fulgurance de l’éclair.
Blu-ray 4 : « Un Nouveau Voyage » (1963) : Zatoïchi tente de se retirer dans son village natal, mais la violence le rattrape lorsqu'il se retrouve mêlé à un conflit entre un clan de yakuzas et des villageois opprimés.
Blu-Ray 5 : « Le Fugitif » (1963) : À son arrivée dans la ville de Shimonita, Ichi apprend qu’un chef yakuza local a mis sa tête à prix. Pris au piège, il découvre qu’un ancien amour a été assassiné. Dévoré par la colère, il part affronter les meurtriers : un ronin mercenaire et son clan.
Créé par Kan Shimozawa en 1961 dans une courte nouvelle, le personnage de Zatoichi prend ses racines dans la période du Edo qui se situe entre 1603 et 1868. Durant cette période les personnes atteintes de cécité était intégrée dans une guilde où ils officiaient souvent en tant que Masseur. Partie du niveau le plus bas de la société (Le Zato), notre héros dont le prénom est Ichi, se révèle également un maître de Sabre. L'association de son prénom et de son rang social ont donné Zatoichi. Basé sur des faits réels, « La Légende de Zatoichi » fut déclinée en 26 films, tous interprétés par Shintaro Katsu, un acteur, au départ de seconde zone qui finit par trouver le succès avec le personnage de Zatoichi. Mais voilà, l'acteur est aux prises avec ses additions et son attitude sur les tournages devient de plus en plus problématique. Pourtant l'acteur affine toujours un peu plus son jeu à mesure que les films s'enchaînent.
Étonnement, un premier film avec Shintaro Katsu interprétant un Masseur aveugle fait office de premier long métrage de « La Légende de Zatoichi ». Ce film : « Le Bandit Aveugle » est pourtant l'exacte antithèse du personnage de Zatoichi. Notamment parce qu'ici, il n'est pas un héros et n'a de valeur que son ascension sociale au rythme de ses délits : Vol, Viol, racket, et même le meurtre. D'ailleurs, il est bon de rappeler que le personnage principal du « Bandit Aveugle », n'est même pas prénommé Zatoichi, il s'appelle en fait Suginoichi. L'éditeur nous le propose tout de même comme étant le premier de la série, mais il n'est en fait que celui qui pose les bases du mythe.
Ce qui est intéressant dans « La Légende de Zatoichi », c'est que, outre le fait que Shintaro Katsu perfectionne son jeu, il offre une fable sur le regard que portent les autres et la manière dont certains utilisaient le pouvoir. Le personnage de Zatoichi joue presque de son infirmité pour déjouer les pièges de ceux qu'il croise, comme dans « Le Secret », troisième opus, où il se bat contre des samouraïs qui lui tendent un piège, à la demande de leur maître. Fonctionnant presque comme des films noirs, l'intrigue toujours magnifiquement ciselée, impose un style qui trempe ses racines dans l'histoire du Japon et cette période du Edo pour y décrire une société de caste et de pouvoir.
Les différents réalisateurs qui se succèdent : Kenji Misumi, Kazuo Mori, et Tokuzo Tanaka, donne au personnage, non pas une aura légendaire, mais, au contraire, un aspect plus simple qui s'oppose a celui très fort et très autoritaire de ses contemporains. Et il y a le rapport aux femmes et particulièrement Masayo Banri, qui deviendra la femme de Shintaro Katsu dans la vraie vie, et qui impose un personnage féminin fort malgré une apparence de fragilité.