L'étonnante aventure d’un Programme hautement sophistiqué du nom de Ares, envoyé du monde numérique au monde réel pour une mission dangereuse qui marquera la première rencontre de l'humanité avec des êtres dotés d'une intelligence artificielle…
Au début, il y a eu le film réalisé en 1982 par Steven Lisberger, dont la carrière ne fut pas brillante par la suite, et dont le résumé était : « Flynn, un concepteur de jeux vidéo qui s'est vu voler ses jeux par son ex-employeur, veut à tout prix récupérer une preuve qui lui ferait valoir ses droits. Avec l'aide d'Alan et de Lora, deux de ses anciens collègues, il infiltre le MCP (Maître Contrôleur Principal), un ordinateur avide de pouvoir à l'intelligence artificielle surdéveloppée. Quand ce dernier découvre que Flynn veut s'infiltrer dans ses circuits, il le téléporte dans un jeu vidéo. Pour s'évader, Flynn devra compter sur l'aide de Tron, un programme indépendant inventé par Alan. ». Le réalisateur venait sans réellement en prendre conscience durant le tournage, de créer un style visuel, une nouvelle forme de narration. Puis en 2011, ce fut « Tron : L’Héritage » de Jospeh Kosinski et dont le résumé était : « Sam Flynn, 27 ans, est le fils expert en technologie de Kevin Flynn. Cherchant à percer le mystère de la disparition de son père, il se retrouve aspiré dans ce même monde de programmes redoutables et de jeux mortels où vit son père depuis 25 ans. Avec la fidèle confidente de Kevin, père et fils s'engagent dans un voyage où la mort guette, à travers un cyber univers époustouflant visuellement, devenu plus avancé technologiquement et plus dangereux que jamais... ». Ce film lança la carrière du réalisateur qui réalisa, par la suite « Oblivion » en 2013 ou « Top Gun : Maverick » en 2022. En faisant deux choix primordiaux : La continuité de l’histoire, avec le sujet de la filiation et la musique des Daft Punk comme élément majeur de l’histoire, le réalisateur remit « Tron » sur le devant de la scène. Avec un budget pour le premier de 17 Millions et un résultat a box-office de 50 Millions, et un budget de 170 Millions, pour le second et des résultats de plus de 400 Millions, autant dire que « Tron », devait logiquement voir naitre une suite.
Il s’agit donc de « Tron : Arès », réalisé, cette fois-ci par Joachim Ronning (Maléfique : Le Pouvoir du Mal). Ici, le scénario prend de la distance avec les deux premiers volumes. Si à l’origine, en 2015, le projet était de faire une suite, des changements de politiques et des annulations en cascade ont eu raison du projet. Mais deux ans plus tard, le studio décide que le nouveau « Tron » ne sera pas une suite pas un Reboot. Ce qui explique cette manière d’évacuer la filiation avec les deux premiers volumes en introduction. Mais la présence de Jeff Bridges (Iron Man) rappelle tout de même un ancrage, sous forme d’hommage avec les deux premiers opus. Sur un scénario signé Jesse Wigutow (8 Miles), « Tron : Ares » se présente comme une réflexion sur l’IA, ses dangers et ses capacités pour ceux qui l’utiliseront. Le réalisateur va signer un film qui se veut indépendant tout en restant ancré dans les codes des deux premiers films. Et à travers ce personnage d’Arès, qui, au départ est un programme Maitre Contrôle, répondant aux besoins de son Maître, va découvrir une réalité humaine bien différente de ce qu’il imaginait et va le transformer, en défenseur d’humains, il va développer une histoire où les programmes et les humains vont s’associer pour combattre un programme déterminé à accomplir la mission que son maitre, Dirigeant de la société concurrente : Dillinger.
Alors, on pourrait dire que c’est une bonne idée, qu’il n’est pas nécessaire d’en faire des tonnes pour réussir un film avec une bonne histoire. Mais si le film de Joachim Ronning, produit par Jared Leto (Morbius), l’acteur principal, a su faire évoluer l’esthétisme, y compris lors des clins d’œil aux anciens films, le manque de matière dans le scénario et un tournage chaotique qui ont peut-être eu raison de la motivation du réalisateur pour nous offrir un spectacle qui nous transporte et nous face réfléchir. D’abord la réflexion sur l’IA est d’une banalité affligeante et le changement de cap du programme Arès est amené avec des gros sabots qui ont dû alourdir le pas du réalisateur. La mise en scène et la dynamique finit par se perdre dans une narration poussive et mal maitrisée. Si on ajoute en plus, une distribution bien en peine. Jared Leto, fait le minimum syndical, même s’il donne de sa personne, Gillian Anderson (X-Files) cachetonne et seul Evan Peters (The Beauty), en méchant tente de lui apporter des nuances, mais en absence d’une mise en scène solide, cela n’apporte pas grand-chose.